MEMORABILIA

“Le Conseil des musulmans d’Europe”, maison-mère de la pieuvre islamiste ?

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Nicolas Clément, 12 novembre 2020. VALEURS ACTUELLES.

A la suite de l’assassinat de Samuel Paty, l’exécutif a lancé l’offensive contre les organisations complices du “séparatisme islamiste”. Un mois plus tard, le Conseil des musulmans d’Europe, officine frériste implantée sur le sol français, reste épargnée par la riposte gouvernementale. Enquête.

« Nous sommes en guerre ». Il y a deux semaines, c’était au tour de Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur, d’entonner le bien triste leitmotiv de l’année 2020. « Nous sommes en guerre face à un ennemi qui est un ennemi extérieur et intérieur. » Une rhétorique belliqueuse qui vient faire écho au verbe martial emprunté par le président Macron, depuis le début de la crise sanitaire.

Acculés par les menaces fantômes de la Covid-19 et du terrorisme, le gouvernement redouble d’effets d’annonces depuis la rentrée. Pourtant, le volontarisme affiché de Jupiter et de son aigle de la Place Beauvau semble encore tout relatif. Après avoir dissous manu militari le CCIF et l’association Barakacity, organisations islamistes depuis longtemps décrites comme des bombes à retardement, la Macronie laisse prospérer le tentaculaire Conseil des musulmans d’Europe.

Le noyau des réseaux “fréristes” européens

Hors des radars élyséens, cette énième “association” pourrait bien être une des forces motrices du “séparatisme” en Occident. Jadis nommée Union des organisations islamiques d’Europe (UOIE), le douteux groupuscule s’est enraciné dans le vieux continent à partir des années 80. Bien qu’officiellement non-affilié à une mouvance politique, le cénacle a en fait été fondé en sous-main par les très radicaux Frères musulmans, ainsi que le confirme dans L’Express Vincent Geisser, chercheur au CNRS et à l’Institut de recherches et d’études sur le monde arabe et musulman.

Située au sommet de la hiérarchie du réseau frériste, l’UOIE s’avère être le centre de coordination de multiples associations communautaires musulmanes à travers toute l’Europe. Muslim association of BritainMusulmans de FranceDutch Islamic society, Spanish Muslim league… Ces dernières associations, ainsi qu’une quarantaine d’autres, sont toutes membres ou partenaires de l’omnipotent cartel.

Implanté sur le sol Français depuis une quarantaine d’années, le gotha de l’islam radical a tout récemment repeint sa façade en adoptant l’intitulé plus policé “Conseil des musulmans d’Europe” (CME). Sans coup d’éclat, ce changement a été validé par la préfecture de Seine-Saint-Denis en 2018, comme en atteste un document que Valeurs actuelles s’est procuré. « Une stratégie bien connue des Frères musulmans que de changer le nom d’une de leurs organisations, lorsque celles-ci sont devenues controversées et ont fait couler trop d’encre », souligne Tanya Klein, dans MediapartMais ce trompe-l’œil ne saurait effacer l’empreinte indélébile de la confrérie sur son organe de propagande privilégié.

Plutôt que se répandre en bigoteries gauloises, méprisantes et pseudo-intellectuelles, Macron devrait garantir aux musulmans les mêmes protections qu’aux autres.

Adepte du chantage à l’islamophobie, le CME s’est récemment distingué par une violente campagne de lynchage à l’endroit d’Emmanuel Macron, après que celui-ci a défendu le droit à la caricature du prophète Mahomet. « Les musulmans font trop souvent l’objet d’un discours de haine ethnico-religieux qui prospère sous-couvert de satire et de liberté d’expression », peut-on lire dans un des nombreux articles publiés sur le site. Mais le Conseil ne saurait limiter ses analyses à un vulgaire catéchisme antiraciste.

Radicale et franc-jeu, la cinquième colonne du séparatisme n’hésite pas à proférer d’inquiétantes mises en garde à l’endroit de l’Etat français. « Plutôt que de se répandre en bigoteries gauloises, méprisantes et pseudo-intellectuelles, le président Macron devrait garantir aux musulmans les mêmes protections qu’aux autres communautés, est-il écrit dans le même document. Tout autre plan d’action continuera à fragiliser les “valeurs républicaines” que la nation sacralise tant. Inutile de faire cas du boycott mondial de la France dans le monde musulman. »

Appel à l’embargo sur les produits français, « obsession de l’islam »« stigmatisation » … Non content d’avoir attaqué le président pour sa défense des caricatures, le CME a également fait feu de tout bois contre le projet de loi “contre les séparatismes”. Prétendument outrée que le gouvernement puisse accuser certaines sectes islamistes de fracturer l’unité nationale, la coterie a accusé le chef de l’Etat de vouloir faire passer, en catimini, une législation discriminatoire envers l’ensemble des musulmans : « Derrière cette loi, il y a une véritable entreprise de discrimination, vocifère Nagib Azergui, fondateur de l’Union des démocrates musulmans français, dans un article du site. Cette loi fait un lien direct entre le terrorisme, les musulmans et la radicalisation. »

Leur stratégie consiste à se faire passer pour des victimes pour mieux imposer leurs valeurs.

Une fois encore, cette rhétorique frauduleuse n’est rien d’autre qu’un vieux tour de passe-passe des Frères musulmans. Poursuivant son antique dessein d’islamisation du Vieux Continent, la confrérie se fait le relais d’un antiracisme caricatural, visant à isoler la “communauté” musulmane du reste de la population. Interrogé par Paris Match, Emmanuel Razavi, co-auteur avec Alexandre Del Valle d’un ouvrage-enquête sur les Frères, intitulé Le Projet, confirme l’usage de cette stratégie victimaire : « L’un des protocoles de communication [de l’organisation] est : provocation, victimisation, médiatisation. En clair, leur stratégie consiste à se faire passer pour des victimes pour mieux imposer leurs valeurs. » Un terrible pied-de-nez à la sacralisation bien contemporaine des minorités religieuses, ethniques et sexuelles…

Bassil Mareei, le loup dans la bergerie européenne

A la tête de l’association controversée trône Bassil Mareei, un secrétaire général au profil particulièrement inquiétant. D’origine palestinienne, le ponte islamiste a vu le jour à Damas, en Syrie, mais passé la majorité de son existence en Ukraine, dans la ville de Kiev, où il a obtenu un doctorat en génie civil. D’abord bombardé assistant du président de la Fédération des organisations islamiques d’Europe (ex-UOIE) en 2013, Mareei a été ensuite promu au poste de secrétaire général.

Passé au crible par Tanya Klein dans un billet de blog sur Mediapart, le haut fonctionnaire du séparatisme s’avère être un admirateur zélé de Hassan El Banna, fondateur des Frères musulmans, ainsi que du prédicateur antisémite et pro-terroriste Yusuf al-Qaradwi, dont les paroles résument clairement la véritable vocation de la confrérie : « L’islam retournera un jour en Europe comme un conquérant. Ce ne sera pas une conquête par l’épée mais par la prédication et la diffusion. »

Il soutient ouvertement la branche la plus radicale du Hamas.

Au-delà de ses errances idéologiques, ce titulaire de la nationalité ukrainienne se distingue aussi par ses engagements politiques radicaux. « Il soutient ouvertement la branche la plus radicale du Hamas, note Klein, En juillet 2014, sur Twitter et Facebook, il a salué les attaques terroristes perpétrées par ce groupe palestinien. » Aujourd’hui, le leader frériste semble avoir déserté les réseaux sociaux. Ses prises de positions publiées en ligne ont visiblement depuis disparu.

“Musulmans de France”, la branche française

Divisée en sous-section dans la plupart des pays d’Europe de l’Ouest, l’Internationale islamiste possède son propre soviet dans l’Hexagone. Sobrement nommée “Musulmans de France”, mais plus connue sous son ancien nom d’UOIF, l’association islamiste est la branche officieuse des Frères musulmans en France. Au cours du débat de la présidentielles de 2017, Marine Le Pen, présidente du RN, avait accusé l’actuel locataire de l’Elysée d’être « entre les mains » de l’organisation.

Sur le même principe organisationnel que le Conseil des musulmans d’Europe, les “Musulmans de France” regroupent près de 280 associations et sont présents dans au moins 30 villes sur le territoire national. Affichant une vitrine lisse, le petite boutique frériste se revendique d’un « islam du juste milieu »« qui prône la prise en compte du contexte socioculturel dans la pratique et les discours religieux ». Un vernis consensuel qui n’empêche pas les dirigeants de la structure d’avoir des sueurs froides lorsque la République vient fourrer son nez dans leurs affaires…

Nous constatons avec stupéfaction une volonté de mise sous contrôle des organisations musulmanes.

Le 7 octobre, dans une « Lettre ouverte au président de la République », signée par une cinquantaine de mosquées et d’associations confessionnelles, le collectif reprochait à l’Etat d’effectuer des contrôles au sein des lieux de cultes musulmans. Usant de leur rhétorique victimaire habituelle, les Frères entonnaient une fois de plus la sérénade antiraciste : « Nous constatons avec stupéfaction une volonté de mise sous contrôle des organisations musulmanes avec des contrôles systématiquement inopinés dans nos mosquées, salles de prières, écoles musulmanes et ceci avec des moyens policiers dignes d’une époque que nous pensions révolue », écrivaient les auteurs de la missive. « La stigmatisation et le harcèlement que subissent les femmes musulmanes ayant décidé de porter un foulard pour vivre leur foi librement est devenue insoutenable. »

En dehors de son activisme politique et associatif, les “Musulmans de France” portent également un intérêt tout particulier à la formation des imams, comme en témoigne son centre de formation : l’Institut européen de sciences-humaines de Château-Chinon. « L’IESH est un institut (…) spécialisé dans l’enseignement de la théologie, du Coran et de la langue arabe, lit-on sur le site. Il a pour but d’apporter un enseignement de qualité, en formant des cadres religieux. » Ici encore, un verbiage ambigu vient lisser l’image de cette médersa qui ne dit pas son nom. Souhaitant rassurer l’œil du visiteur ingénu, l’Institut déclare pourvoir une formation « liant maîtrise du texte et connaissance du contexte », une articulation intellectuelle « qui s’avère primordiale », d’après la page de l’école.

L’UOIF est une fusée à deux étages, le premier étage est démocratique, le second mettra en orbite une société islamique.

Menu problème : le centre est « défavorablement connu des services de renseignement pour prôner un islam radical »rapporte Le Parisien. Autre fait troublant, le quotidien ajoute que son doyen n’est autre que l’incontournable Ahmed Jaballah, ancien président de l’UOIF, à qui les services prêtent le dicton sans équivoque : « L’UOIF est une fusée à deux étages, le premier étage est démocratique, le second mettra en orbite une société islamique. »

Depuis longtemps dans le viseur des RG pour son discours ambivalent, l’Institut a vu son dossier s’alourdir lorsque deux anciens élèves de l’établissement, Reda Hame et Ines Madani, ont sombré dans le djihad. Au cours des années 2015 et 2016, les deux terroristes ont été inculpés avant qu’ils ne puissent commettre des attentats sur le sol français. Le premier aurait projeté d’attaquer une salle de concert, un an avant le massacre du Bataclan, tandis que la seconde a manqué un assaut à la voiture piégée aux abords de la cathédrale de Notre-Dame de Paris.

Dans le viseur de la Justice : le financement opaque de la structure.

Difficile de savoir si leur formation religieuse à l’Institut a joué un rôle dans leur dérive islamiste. Une question qui reste en suspens, dans une école où les professeurs n’hésitent pas à intégrer les brûlots du prédicateur frériste Al Qaradwi dans leur corpus. Il y a un an, Valeurs actuelles rappelait que le cheikh avait été visé un temps par un mandat d’arrêt international, interdit de territoire américain en 1999, de visa d’entrée en Grande-Bretagne en 2008 et de séjour en France en 2012.

Cet été, la troublante faculté a fait l’objet d’une enquête pour « abus de confiance et recel d’abus de confiance ». Dans le viseur : le financement opaque de la structure. Heureuse aubaine pour les pouvoirs publics, dont la marge de manœuvre est entravée par de lourdes chaînes judiciaires. La suite de l’affaire dira si la “drôle de guerre” du gouvernement mutera enfin en “guerre totale” contre l’islamisme. En attendant, l’étrange silence de la Place Beauvau étreint toujours la taupe frériste.

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