MEMORABILIA

«Police en danger»

Réservé aux abonnés

L’éditorial du Figaro, par Yves Thréard.

15 octobre 2020.

Dans la nuit de samedi à dimanche, une policière a été percutée par une voiture dans l’Essonne. Elle intervenait pour mettre fin à une rixe armée. Âgée de 51 ans, elle est grièvement blessée. Son assaillant, lui, a pris la fuite. S’il est arrêté, quelle peine lui réservera la cour d’assises? Une enquête pour tentative d’homicide volontaire sur personne dépositaire de l’autorité publique a été ouverte. Le 10 octobre, à Champigny-sur-Marne, une quarantaine d’individus ont attaqué au mortier d’artifice un commissariat. Seuls trois d’entre eux ont été interpellés. Deux sont mineurs: que risquent-ils? Et le troisième, qui filmait la scène pour diffusion sur les réseaux sociaux, sans doute afin d’inspirer quelques mauvaises idées à d’autres? Ainsi va la chronique quotidienne des agressions antiflics. Pour beaucoup, la police aujourd’hui est vue comme une bande rivale. Un ennemi à abattre.

Un texte de loi arrive cette semaine à l’Assemblée nationale pour soutenir l’action des forces de sécurité. Leur donner plus de latitude, les protéger davantage et préciser les missions des différents acteurs du maintien de l’ordre. Il était temps car le virus de la haine de l’uniforme s’est propagé, depuis les «gilets jaunes» et les manifestations communautaristes. La police est violente et raciste, selon la rengaine d’une certaine gauche. Au tribunal médiatique, les rôles sont inversés, les victimes ne sont pas celles qu’on pense. L’autorité de l’État est piétinée pour un oui ou pour un non. Tous les coups sont permis. Malheureusement, une loi ne suffira pas à lutter contre cette pernicieuse mentalité.

Certes, des excès de zèle peuvent parfois arriver, mais comment ne pas les comprendre alors que les forces de l’ordre sont mises «à toutes les sauces»? Quand le trafic de drogue et la criminalité explosent, est-ce bien leur place d’aller faire la chasse aux attestations de sortie, sur les parvis d’église ou sur un trottoir tranquille, par temps de Covid?

Sans doute conviendrait-il en priorité de revoir la cohérence de la chaîne de commandement. Et surtout de réviser l’échelle et l’exécution des peines pénales. Un pays où les forces de sécurité appellent au secours est un pays en grave danger. La police est l’arme de notre liberté.

**************

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :