MEMORABILIA

Raphaël Enthoven : « L’ahurissante indifférence de féministes pour le sort de Mila »

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IDÉES ET DÉBATS

Propos recueillis par Thomas Mahler publié le 17/11/2020 L’EXPRESS

Mila est cyberharcelée après des propos tenus sur la religion musulmane (photo d'archives).
Mila est cyberharcelée après des propos tenus sur la religion musulmane (photo d’archives). Blog

Pour le philosophe, les réticences de Ségolène Royal ou de féministes à défendre Mila sont abjectes. La lycéenne, à nouveau menacée de mort, est selon lui un modèle.

Le parquet de Vienne a annoncé dimanche dernier l’ouverture d’une enquête pour « menaces de mort par écrit et harcèlement électronique » après les réactions suscitées par une nouvelle vidéo polémique sur l’islam de l’adolescente iséroise Mila, déjà inquiétée en janvier pour une publication similaire. Dans un entretien à L’Express, le philosophe Raphaël Enthoven défend la lycéenne, selon lui un modèle.  

L’Express : Mila, aujourd’hui scolarisée dans un internat sécurisé, fait encore une fois l’objet de menaces de mort et de harcèlement après une nouvelle vidéo critique sur l’islam, mais non pas les musulmans. Êtes-vous d’accord avec Marlène Schiappa, qui a parlé de « persécution » contre une mineure ? 

Raphaël Enthoven : Quand une jeune fille reçoit des dizaines de milliers de menaces de mort et de promesses de viol, qu’elle est contrainte de vivre cachée, de changer d’école (contrairement à ses agresseurs) et qu’à chaque fois qu’elle donne son avis, le harcèlement reprend, il ne paraît pas excessif de parler de « persécution contre une mineure ». En fait, ce qui est fou, c’est que la question se pose ! Comment une persécution si évidente peut-elle ne pas faire l’unanimité ? C’est tout le paradoxe d’une persécution dont les bourreaux se vivent eux-mêmes comme des victimes injustement offensées, et sont aidés dans cet exercice d’autojustification par des tas de gens éminents qui insistent sur « l’obscénité » des paroles de Mila ou la « pornographie » des caricatures du prophète, comme si c’était ça, le problème.  

Selon vous, on ne peut pas être neutre dans le cas de Mila. Pourquoi ?  

Parce que, pour Mila comme pour Charlie, le débat ne porte pas sur la qualité de ce qu’ils montrent, mais sur le droit de le faire. La question n’est pas de savoir si les caricatures du prophète sont belles ou si Mila a raison de mettre un doigt dans le cul d’Allah, mais si, sous un ciel républicain, on a encore le droit de se foutre des religions. La neutralité est innocente quand la question porte sur la qualité de quelque chose. Chacun a le droit de n’avoir aucun avis sur un geste ou sur un dessin. Mais la neutralité est abjecte quand l’enjeu concerne l’existence-même de l’hérétique. Les prudents funambules qui refusent de prendre position dans l’affaire Mila – alors que sa vie est en danger sans que son comportement soit répréhensible – ne sont pas des esthètes dont le bon goût est heurté par ses paroles, mais des prudents dont la peur de mourir prend la forme d’une leçon de morale ou d’esthétique.  

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Quand c’est la liberté, ou la vie, qui est en jeu, la neutralité n’est pas neutre, mais complice du pire. Dire cela, ce n’est pas dire « avec Mila ou contre Mila » : ce ne sont pas deux camps qui s’affrontent. Tout le monde est libre ici, et tout le monde a peur de mourir. La différence est ailleurs, et se trouve entre les courageux qui défendent une liberté collective (la liberté d’expression) et les convenables qui, claquant des genoux face au danger, prennent l’air suffisant pour dénoncer ce qui « ne se fait pas ».  

« Surveillez votre pote Allah, s’il vous plaît. Parce que mes doigts dans son trou du cul, j’les ai toujours pas sortis », a déclaré Mila en conclusion de sa vidéo sur Instagram. La défense de la liberté d’expression doit-elle vraiment passer par la vulgarité ?  

Lorsque c’est une certaine vulgarité qui vous vaut d’être constamment menacée de mort, quand c’est un doigt dans le cul qui met tout ça en branle, quand on menace de vous couper la tête parce qu’en République vous avez dit du mal d’une religion, alors oui, la défense de la liberté passe par la défense de la vulgarité. Car Mila n’a rien fait d’illégal. Le scandale, ce ne sont pas ses paroles en elles-mêmes ; c’est le fait que ses paroles fassent scandale. La vulgarité (ou la grossièreté) de Mila n’est pas davantage la cause de sa persécution qu’une mini-jupe n’est la cause d’un viol. Ce qui est à l’origine de la persécution de Mila, c’est l’inculture, l’intégrisme et la violence d’un côté, et de l’autre une dégonflitude qui prend l’air bigot pour expliquer le « respect » à l’adolescente qui ne peut plus sortir de chez elle sans se faire agresser.  

L’ancien ministre de l’éducation nationale Luc Ferry a estimé qu’il n’était pas souhaitable de montrer dans les écoles des caricatures de Mahomet  » qui sont à la limite de la pornographie et qui sont quand même ignobles »… 

Un professeur est mort pour avoir montré des caricatures, et un ancien ministre de l’Education s’en prend… aux caricatures. Qu’il ait tort ou raison sur ce point, Luc Ferry est hors-sujet quand il conteste la qualité des caricatures et dénonce de la « pornographie ». Car, encore une fois, la question n’est pas de savoir si ces dessins sont beaux, mais de savoir si, par peur de mourir, nous allons laisser mourir la liberté de les montrer. Ce qu’un professeur apprend à ses élèves quand il montre ces dessins, ce n’est pas l’art du caricaturiste, c’est la liberté d’expression. Déporter le débat sur la qualité des dessins est une façon d’ajourner le débat sur l’urgence de défendre la laïcité quand certains meurent pour elle. A dire vrai, tout son propos est dilatoire. Ferry ne conteste pas le droit de caricature mais il en conteste la qualité. Ferry ne conteste pas la nécessité de « lutter contre le fondamentalisme » mais il conteste l’obligation (imaginaire) de montrer les caricatures de Mahomet dans toutes les classes. Aucune de ces deux objections n’est recevable.  

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Puis Luc Ferry cite Jules Ferry (« Vous ne toucherez jamais avec trop de scrupule à cette chose délicate et sacrée qu’est la conscience de l’enfant ») avant de dire que le contexte des attentats impose d’adapter le propos de Jules Ferry. Enfin, tel les bien-pensants qui, lorsque des enfants suisses avaient refusé, au nom de l’islam, de serrer la main de leur institutrice, s’étaient mis à montrer des photos de Japonais se saluant à distance pour inviter les « islamophobes » à « relativiser », Luc Ferry commente la menace objective qui pèse sur nos libertés par une histoire de la censure d’Etat (« Faut-il rappeler qu’en dehors même de l’école, des films, mais aussi de nombreuses chansons furent censurés en France, voire interdits de diffusion par un « ministère de l’Information » ?)… avant de dire qu’il est heureux que les temps aient changé. En somme, Ferry ne dit exactement rien. Tout ce qu’il dit, il le contredit. Son propos n’est pas d’éclairer le débat, mais de l’endormir en injectant dans cette tragédie (et l’urgence d’agir) les somnifères de l’Histoire et du bon goût.  

On aurait tort de voir de la nuance dans cet exercice de pondération. Nulle nuance, ici. La nuance, par exemple, serait d’expliquer, malgré le danger, la différence entre le racisme et le blasphème, ou la différence entre la défense d’un culte et la défense d’un principe. Mais nous n’avons rien de tout cela, dans le texte de Luc Ferry. Au lieu d’établir des distinctions, Ferry minore un danger. Au lieu de préciser les termes du débat, Ferry noie le poisson dans le passé. La pondération dont il fait preuve est un confort de l’esprit qui ergote face au péril et dissout opportunément l’actualité dans un cours d’histoire et d’histoire de l’art. On appelle ça du théorisme.  

 » C’est par souci de popularité que Ségolène Royal accable une adolescente menacée de mort »

Après avoir, dans un récent entretien dans l’Express, confirmé « ne pas être Mila » tout en disant défendre la liberté d’expression, Ségolène Royal vient de déclarer sur CNews que « certaines caricatures de Mahomet sont insultantes et pornographiques », et dit comprendre que des croyants, même modérés, se sentent offensés par cela. Que pensez-vous de son « oui, mais »?  

Il faut analyser ses propos en détail. Car la liberté n’est pas seulement la liberté d’expression mais aussi la dissection des langues de bois. « Je soutiens tous ceux qui sont menacés » dit-elle d’abord, ce qui permet de ne pas soutenir Mila en particulier tout en affirmant qu’elle la soutient, selon un art de taire en disant qui est la marque de fabrique de Ségolène Royal. Puis elle ajoute, – non pas à l’intention des tueurs qui menacent Mila mais des journalistes qui parlent d’elle – qu’il « faut arrêter de la mettre en danger » en « l’exhibant ». Comme si le problème de Mila était qu’on montre son visage et non qu’on veuille lui couper la tête. « On lui porte préjudice à force de la mettre en avant » précise-t-elle, maternelle, dans une phrase dont l’apparente sollicitude masque une profonde violence, car en laissant entendre que les gens qui soutiennent Mila sont des gens qui lui nuisent, Ségolène Royal tente de priver la jeune fille de ses seuls alliés. Et pourquoi le fait-elle ? Parce qu’elle-même est en danger (de mauvais buzz) chaque fois que l’actualité remet Mila au centre. Et c’est là qu’on arrive au sombre coeur de la bête politique : qu’est-ce que le réconfort d’une adolescente – et que vaut la défense de nos libertés – au regard de ma propre popularité ?  

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Ségolène Royal se lance ensuite dans une audacieuse distinction entre « liberté d’expression » (à défendre) et « caricatures » (à condamner). Et elle impute, condescendante, à « l’émotion » du chef de l’Etat l’erreur de les avoir confondues dans un discours qu’elle eût préféré moins agressif envers les dictateurs qui nous parlent de « respect ». Pour justifier cette distinction, Madame Royal rappelle doctement que « toute liberté d’expression est limitée par l’interdiction de l’injure publique ou de la mise en danger d’autrui. » Ce faisant, comme dit Caroline Fourest, « Ségolène Royal entretient une confusion gravissime entre l’interdiction « d’humilier » et celle de « choquer ». La loi sur la liberté d’expression interdit d’inciter à la haine, pas de choquer ! » 

Qui plus est, la confusion de l’interdiction d’humilier et de celle de choquer fait le lit de l’amalgame entre le « blasphème » (qui choque) et le « racisme » (qui humilie). En glissant imperceptiblement du « choc » à l’humiliation, Ségolène Royal porte un coup fatal à la liberté d’expression dont, au nom d’une interprétation fantaisiste de la « fraternité », elle cantonne l’exercice à la bienséance, et alimente, en irresponsable, le sentiment qu’il est xénophobe de critiquer les religions. De fait, l’instant d’après, elle présente les caricatures comme autant d’insultes pour l’ensemble des musulmans, notamment « ceux qui ne sont pas du tout intégristes ». Mais c’est là qu’elle se prend les pieds dans son propre tapis…  

Pourquoi ?  

Parce que si c’est le cas, s’il est vrai que, comme elle le pense, les caricatures sont « insultantes » pour l’ensemble des musulmans, et si le fait d’en montrer certaines relève (à ses yeux) du délit d’injure publique, alors en toute logique, il faut admettre que Samuel Paty est responsable de ce qui lui est arrivé. C’est tout le sens de la question que Laurence Ferrari pose alors à Ségolène Royal sur CNews. Seulement ça – même si elle le pense – Ségolène Royal ne peut pas le dire. Comment s’en sortir ? Comment ne pas faire à l’enseignant le procès posthume de « l’avoir bien cherché » ? En présentant soudain, dans un virage à 180°, la mort de Samuel Paty comme l’oeuvre d’un « cinglé » dont les caricatures n’étaient « qu’un prétexte parmi d’autres. » Or, comment peut-elle affirmer qu’il est dangereux de montrer les caricatures car elles sont insultantes, tout en expliquant, la minute d’après, que la décapitation d’un professeur (qui a montré les caricatures) est uniquement l’oeuvre d’un fou ? Les caricatures sont-elles « insultantes » et (donc) dangereuses, oui ou non ? Si elles sont insultantes, le fait de les montrer engage la responsabilité du professeur, mais une telle affirmation coûterait trop cher à la politicienne…  

Ce qui fascine dans cette séquence, c’est que les opinions de Madame Royal sont, à tout instant, dictées par le seul calcul de son intérêt. C’est par souci de popularité qu’elle accable une adolescente menacée de mort. C’est pour flatter un électorat présumé qu’elle exclut les caricatures du champ de la « liberté d’expression ». Et c’est pour ne pas faire scandale qu’à rebours de ce qu’elle affirme un instant plus tôt, l’acrobate présente finalement les méchantes caricatures comme un « prétexte » au geste d’un fou, et pas davantage. La seule chose amusante de cet entretien désastreux, c’est le mantra « il faut faire très attention » qui vient, à intervalles réguliers, ponctuer chacun de ses dérapages. Il faut faire très attention. On ne saurait mieux dire.  

« Mila est un casse-tête pour un féminisme gangrené par l’idéologie intersectionnelle »

Les féministes soutiennent-elles assez Mila, victime d’insultes sexistes et homophobes ? 

Il est difficile de parler des « féministes » dans leur ensemble. Ce qui n’est pas douteux, en revanche, c’est qu’un certain féminisme, en s’abstenant de défendre la jeune fille, a choisi, double défaite, le déshonneur pour éviter (vainement) la guerre. Comment comprendre l’ahurissante indifférence de féministes (comme le collectif #NousToutes) hyper-attentives, au quotidien, à toutes les violences faites aux femmes, pour le sort de Mila ? Comment comprendre que des féministes ultra-vigilantes, qui traquent ordinairement l’oppression et le patriarcat jusque dans les moindres réflexes, soient pleines de mansuétude pour les milliers de connards et de porcs qui voudraient couper la tête d’une jeune fille, et se contentent de les inviter à déposer plainte, plus qu’à tuer, s’ils se sentent offensés? La raison en est simple : Mila est un casse-tête pour un féminisme gangrené par l’idéologie intersectionnelle qui, en luttant simultanément sur les deux fronts du racisme et du féminisme, sacrifie volontiers le second au premier et suspend son soutien à l’identité de la victime comme de ses agresseurs. 

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Si Mila avait enfoncé ses doigts dans le trou du cul du Christ, #NousToutes eût monté en épingle les quelques menaces d’intégristes qu’elle aurait reçues et aurait brandi sa personne comme un modèle de femme insoumise. Seulement Mila s’en prend à l’islam, et l’Islam, aux yeux de ces féministes-là, c’est sacré. Et ça passe avant le sexisme, l’homophobie, les menaces de mort, les promesses de viol et le harcèlement quotidien. Qu’on ne s’y trompe pas : aucune de ces féministes en peau de lapin n’ignore ce qu’elle est en train de faire. Aucun traître ne se vit comme un innocent. C’est la raison pour laquelle il ne sert à rien de leur dire tout ça. Elles le savent déjà ! C’est toute la différence entre l’erreur et le déni, qui est une erreur volontaire. Tout ce qu’on peut faire devant ces têtes de mules, c’est nommer inlassablement la bassesse dont elles sont capables et leur tendre un miroir fidèle dans l’espoir qu’un jour elles y jettent un oeil.  

Allez-vous jusqu’à rejoindre Zineb El-Rhazoui, qui estime que Mila est « un modèle pour la jeunesse française » ?  

Oui, sans hésiter. Car la lettre courtoise et claire qu’elle a adressée aux gens qui la menacent (et à ceux qui ne la défendent pas) où Mila réaffirme sereinement sa liberté d’expression tout en précisant qu’elle s’attaque aux religions et non aux croyants, est un modèle de courage et de lucidité, qui mériterait, autant que le texte posthume de Charb, d’être lue dans les écoles. Mais plus encore que le contenu impeccable de cette lettre, ce qui fait de Mila un modèle, c’est que tout en étant victime d’une persécution objective, Mila elle-même ne se victimise jamais. Non qu’elle nie ce qui lui arrive (« dans cette affaire, c’est moi la victime. Et ceux qui me menacent sont les coupables. »)  

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Affaire Mila

Mais Mila ne gémit pas. Elle ne se plaint jamais. Elle ne capitalise pas sur son malheur. L’ampleur de la haine qu’elle suscite fait pâlir d’envie toutes les rentières de la victimisation, ringardise Rokhaya Diallo, Danièle Obono, Mennel ou Mehdi Meklat ; aucune personne, jamais (à part Zineb El-Rhazoui) n’a été harcelée comme elle, et pourtant… Elle ne s’habille pas de douleur. Elle ne s’excuse pas. Elle enfonce le clou. Quand Rihanna se censure et se couvre de cendres pour avoir mixé un hadith, quand Halle Berry se confond en excuses pour avoir envisagé d’incarner un transgenre, quand toute personne publique se couche devant le tribunal identitaire de l’opinion et la tyrannie du convenable, Mila assume. C’est une martyre qui n’en fait pas commerce. Quand des « Ségolène Ferry » suspendent la liberté au respect ou aux bonnes manières, c’est une jeune femme grossière et libre qui force le respect. Comme Victor Hugo le dit de Gavroche : « Il y avait de l’Antée dans ce pygmée. » 

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