MEMORABILIA

Netanyahou en mission secrète en Arabie saoudite…

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Le Premier ministre israélien a rendu une visite sans précédent au prince héritier MBS sur les bords de la mer Rouge, signe de leur inexorable rapprochement.

Par Armin Arefi Publié le 23/11/2020 | Le Point.fr 

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Encore une avancée diplomatique à mettre au crédit de Trump, mais que les affairistes Démocrates risquent de gâcher. D’ailleurs ils ont déjà annoncé, sans même attendre d’avoir pris les manettes, un rapprochement avec Téhéran. A suivre…Artofus.

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Le Premier ministre israelien Benyamin Netanyahou (a gauche) aurait rencontre le prince heritier d'Arabie saoudite, Mohammed Ben Salmane (a droite), dans la ville saoudienne de Neom, situee au bord de la mer rouge.
Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou (à gauche) aurait rencontré le prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed Ben Salmane (à droite), dans la ville saoudienne de Neom, située au bord de la mer rouge.  © MAYA ALLERUZZO, MAYA ALLERUZZO / Saudi Royal Palace / AFP

Le jet privé israélien s’est posé dimanche à 19 h 30 sur la piste de Neom Bay, l’aéroport de la ville saoudienne futuriste Neom, projet phare du prince héritier Mohammed ben Salmane (MBS) situé dans le nord-ouest de l’Arabie saoudite, au bord de la mer Rouge. Il en est reparti cinq heures plus tard, pour regagner lundi, à minuit passé, l’aéroport international Ben-Gourion de Tel-Aviv, d’où il avait initialement décollé. Officiellement secret, l’aller-retour a été repéré par les sites de suivi aérien, avant que le conseiller réseaux sociaux de Benyamin Netanyahou ne vende la mèche ce lundi sur Twitter. « Gantz fait de la politique pendant que le Premier ministre fait la paix. 

Topaz Luk réagissait à la décision du ministre israélien de la Défense Benny Gantz, allié de Benyamin Netanyahou au sein du gouvernement israélien de coalition, d’établir dimanche une commission d’enquête pour examiner l’achat controversé par Israël de sous-marins à l’Allemagne, dans lequel des proches du Premier ministre sont soupçonnés de corruption. Un moyen de faire pression sur Benyamin Netanyahou, qui bloque toujours l’adoption du budget de l’État, dont la date limite est fixée au 23 décembre prochain. Son échec ferait imploser le gouvernement israélien et précipiterait la convocation de nouvelles élections législatives, les troisièmes en moins de deux ans.

Voyage historique

En réalisant un voyage historique dans le plus grand pays arabe en superficie du Moyen-Orient, leader de l’islam sunnite, Benyamin Netanyahou entend asseoir son image de chef d’État, se plaçant au-dessus des querelles politiciennes qui ont cours à Jérusalem. C’est en effet la première fois qu’un dirigeant israélien foule le sol du royaume des deux saintes mosquées. Sans surprise, l’information a été démentie par Riyad, qui n’entretient aucune relation officielle avec Israël, mais une source gouvernementale israélienne a confirmé la visite à l’Agence France-Presse. Selon le quotidien Haaretz, Benyamin Netanyahou s’est entretenu sur place avec le prince héritier saoudien MBS, ainsi que le secrétaire d’État américain Mike Pompeo, présent en marge du G20, organisé cette année virtuellement dans la pétromonarchie.

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« Il y a en ce moment des tentatives ardues pour arriver à un accord de normalisation entre Israël et l’Arabie saoudite avant le départ de Donald Trump de la Maison-Blanche », confie un diplomate sous le sceau de l’anonymat. « Il existe une inquiétude commune que Joe Biden soit moins opposé à l’Iran que son prédécesseur et il est nécessaire que les pays de la région se coordonnent avant l’arrivée du démocrate à Washington. »

À la différence du président américain sortant, qui a soumis l’Iran à une « pression maximale » soutenue par Tel-Aviv et Riyad, Joe Biden a d’ores et déjà fait savoir qu’il comptait jouer la carte de la diplomatie avec Téhéran en rejoignant l’accord sur le nucléaire iranien déchiré en 2018 par Donald Trump, à condition que la République islamique en fasse de même.

Crainte commune de l’Iran

Si Israël et l’Arabie saoudite n’entretiennent pas de liens diplomatiques formels, les deux pays ont entamé au cours des dernières années un étonnant rapprochement dû à leur crainte commune vis-à-vis de la République islamique. Les deux pays coopèrent notamment sur le plan du renseignement face aux « ingérences » iraniennes au Moyen-Orient (soutien aux milices chiites en Irak et en Syrie, aide aux rebelles houthis au Yémen et au Hezbollah au Liban, NDLR). Benyamin Netanyahou était d’ailleurs accompagné dimanche à Neom du chef du Mossad, Yossi Cohen. « Toutes les relations diplomatiques et sécuritaires avec les pays qui n’ont pas de liens officiels avec Israël sont gérées par les services de renseignements israéliens », rappelle le diplomate précité.

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La reconnaissance officielle d’Israël par l’Arabie saoudite butait jusqu’ici sur le refus de Tel-Aviv de restituer aux Palestiniens les territoires occupés en Cisjordanie, condition réclamée par les monarchies arabes du Golfe depuis 2002 pour établir de vrais liens avec l’État hébreu. Or, la menace iranienne grandissant, ce consensus arabe a volé en éclats avec la normalisation signée entre Israël, les Émirats arabes unis et Bahreïn le 15 septembre dernier. Pour l’heure, l’Arabie saoudite ne semble toujours pas prête à franchir le pas. En tant que gardien des deux lieux les plus saints de l’islam, La Mecque et Médine, et avec une population autrement plus nombreuse que les autres pétromonarchies du Golfe, et toujours sensible à la question palestinienne, le royaume al-Saoud marche sur des œufs.

Dans une interview accordée dimanche à Reuters, le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal bin Farhan al-Saoud, a ainsi rappelé que son pays soutenait la normalisation avec Israël « depuis longtemps », mais que celle-ci devait être précédée d’un « accord permanent et complet entre les Israéliens et les Palestiniens » permettant à ces derniers d’obtenir un État sur les frontières de 1967 (débarrassé des colonies israéliennes en Cisjordanie et illégales selon le droit international, NDLR). Cette position constante de la diplomatie saoudienne depuis deux décennies a maintes fois été réaffirmée au cours des derniers mois par le roi Salmane, âgé de 84 ans, et affaibli par la maladie.

Les ambitions de MBS

Au contraire, son fils, l’impétueux prince héritier Mohammed ben Salmane, qui dirige de fait le royaume malgré ses 35 ans, ne fait pas mystère de son souhait de conclure rapidement un accord avec les Israéliens, quitte à transiger avec les droits des Palestiniens. Proche du conseiller spécial et gendre de Donald Trump Jared Kushner, avec lequel il échange beaucoup par messagerie électronique, MBS est d’autant plus intéressé par cette normalisation qu’elle pourrait lui permettre d’attirer des investisseurs israéliens pour mener à bien son ambitieux projet de diversification économique Vision 2030, retardé par les conséquences économiques de la pandémie du Covid-19 et de la chute des prix du pétrole.

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« Cette perspective est dans la logique même du projet Neom, qui repose sur une normalisation des relations entre l’Arabie saoudite et Israël afin que les compagnies high-tech israéliennes s’y installent et bénéficient du marché régional tandis que l’Arabie saoudite profitera des transferts de technologie », confie un diplomate occidental familier de l’Arabie saoudite.« Mais ce scénario paraît peu probable tant que Salmane est roi. » Il pourrait, en revanche, devenir réalité dès l’accession au trône de MBS, appelé tôt ou tard à diriger la pétromonarchie, et cela, pour les cinquante prochaines années. D’ailleurs, Benyamin Netanyahou ne s’y est pas trompé en rendant secrètement visite à Neom au prince héritier, et non au roi d’Arabie saoudite.

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