MEMORABILIA

Ivan Rioufol: «Derrière l’aimable sourire du camp du Bien»

LE FIGARO, 26 novemvre 2020.

CHRONIQUE – Ceux qui ne veulent voir en Joe Biden qu’un gentil centriste doivent s’attendre à des déconvenues.Par Ivan RioufolPublié il y a 3 heures, mis à jour il y a 3 heures

Les élites mondialistes sont ainsi: emplies de morgue, de condescendance, de contentement. Lire ce que Barack Obama écrit de Nicolas Sarkozy est stupéfiant de vulgarité: «Sarkozy était tout en emportements émotifs et en propos hyperboliques. Avec sa peau mate, ses traits expressifs, vaguement méditerranéens (son père était hongrois, son grand-père maternel grec) – la version américaine dit: «à moitié hongrois, un quart juif» -, et de petite taille (il mesurait à peu près 1,66 mètre mais portait des talonnettes pour se grandir), on aurait dit un personnage sorti d’un tableau de Toulouse-Lautrec (…)» Un peu plus loin dans son livre, Obama note «sa poitrine bombée comme celle d’un coq nain (…)» ; and so on. Écrite par Donald Trump, la vilenie aurait indigné la gauche melliflue. Elle n’a pas moufté aux insanités de l’élégant patricien, métissé et cosmopolite. Cette anecdote résume la caste. Sous l’aimable sourire, l’horrible grimace.

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L’origine, la couleur de peau, le physique sont les obsessions de l’antiracisme, ce nouveau support de l’universalisme. L’extrême gauche américaine porte fièrement cette régression, applaudie par la bien-pensance européenne. Sarkozy est le produit de ce conformisme: il fut l’admirateur d’Obama avant de rejoindre la cohorte des anti-Trump. Le voilà bien mal remercié par le «parrain» du camp démocrate. La frange extrémiste du parti de Joe Biden est au seuil du pouvoir, après l’épuisement des recours de Trump devant les tribunaux, insensibles aux arguments de fraudes. Or ces admirateurs de Malcom X et du Black Panther Party, ces proches des Antifas et de Black Lives Matter, se sont engagés dans un travail de sape des États-Unis et de la culture occidentale, sous couvert de la défense des minorités ethniques et sexuelles et de la mise en cause d’un «racisme systémique» (1). Si Biden est confirmé le 14 décembre, les plus radicaux auront leur victoire.

Le visage du camp du Bien et de la Diversité est pareil au portrait de Dorian Gray: derrière une apparence immarcescible émergent les flétrissures du mépris, du mensonge, de l’humanisme exhibé. En France, la présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte, symbolise ces «beautiful people». Les progressistes l’applaudissent quand elle veut rendre visibles dans l’audiovisuel public les personnes «perçues comme non blanches». «On ne finance pas un projet quand la diversité n’est pas représentée», explique-t-elle au Monde. Elle estime que les «non-blancs» représentent 25 % de la société française. Dès 2015, Mme Ernotte s’en était prise aux «hommes blancs de plus de 50 ans». Mais faut-il rappeler ici l’article 1 de la Constitution? «La France (…) assure devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion.» Ce racialisme importé est un poison lent.

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Mais qui sont les responsables des crises qui explosent, sinon ces esprits suiveurs et ces maîtres-poseurs? Une victoire de Trump les aurait envoyés paître. Mais le président sortant a été déstabilisé par l’exceptionnel engouement des démocrates pour les votes par correspondance, sur quoi un soupçon de manipulation demeure.

Pourtant, n’en déplaise à la grosse caisse médiatique, qui acclame l’éviction du républicain, l’histoire lui rendra sa juste part. Trump, au-delà de ses défauts, est celui qui aura eu l’honnête courage de défendre l’Occident affaibli, ses peuples et ses nations, contre un mondialisme instrumentalisé par les minorités et les traîtres.

Ceux qui ne veulent voir en Biden qu’un gentil centriste doivent s’attendre à des déconvenues. Une militante propalestinienne, Reema Dodin, vient déjà de rejoindre son équipe. Aux Européens de reprendre le drapeau du renouveau patriotique et national.

«Système archaïque»

Il n’y a rien à attendre de ce beau monde, qui se coopte et se congratule depuis des décennies. Les faux gentils du camp du Bien sont les aimables saboteurs du monde libre et naïf. Qu’attend la droite, nom de bleu!, pour hurler que le roi est nu, que la démocratie a démissionné devant les experts en chambre, que le pays tremblant va à sa perte? Lundi, c’est le maire (LR) de Cannes, David Lisnard, qui s’est imposé dans une parole enfin audacieuse. Sur RTL, il a dénoncé la «folie bureaucratique» et le «système archaïque» révélés par la gestion absurde de la crise du Covid. «L’État pénalise ceux qui produisent», a-t-il déclaré. Ce bon sens devrait emplir les débats dans l’opposition indécise. Rien n’est plus anormal qu’une nation qui retient son souffle pour savoir ce que le président monarque a décidé de son sort. Mardi soir, Macron a annoncé un calendrier de déconfinement en trois étapes tatillonnes et rigides. Mais voit-il les courbes de l’épidémie? Elles baissent partout…

Ceux qui imposent leur vision mondialiste sont les mêmes qui infantilisent les gens devant le virus chinois. Ils disent de leurs opposants qu’ils fabriquent des «post-vérités» et des «fake news». Mais ils sont les premiers à abuser de ces procédés. Le mythe du «vivre ensemble» est entretenu par les faussaires avec la même aisance que la fable d’une épidémie dramatique. «Nos efforts ont payé», s’est félicité le chef de l’État en parlant d’un «fort recul» des contaminations. En réalité, des observateurs soutiennent, à l’examen des eaux usées, que le reflux de la «deuxième vague» aurait été amorcé avant le confinement. Si le Brésil, qui n’a pas confiné, enregistre 80 morts pour 100.000 habitants et les États-Unis 79, la France en compte 75, en dépit de ses mesures sanitaires drastiques. Or le débat est si verrouillé par la pensée dominante qu’il demeure impossible, pour le moment, de s’interroger sur l’utilité de cet ordre sanitaire qui perdure. Il distille l’angoisse comme un supplice.

Retour vers le local

Le réel rattrapera, tôt ou tard, les utopistes et les bonimenteurs. Le pharisaïsme ne sait plus maquiller ses vices. Même s’ils gagnent aux États-Unis, les fanatiques du mondialisme ne sont plus dans l’histoire. Elle s’écrit à rebours. Un exemple: le patron de Danone, le «missionnaire» Emmanuel Faber, a dû se résoudre au réalisme industriel en supprimant près de 2000 postes dans ses sièges mondiaux, dont hélas environ 500 en France. Il explique: «Le retour au local devient un critère primordial.» Ce retour vers la proximité du terrain est l’avenir le plus certain. En France, le pouvoir prend le chemin inverse: il le conduit à sa perte.

(1) Guy Millière, Après Trump?, Balland

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