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Scandale d’Islamic Relief Worldwide : derrière l’ONG humanitaire, le croissant vert

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Par  Victor-Isaac Anne Publié le 26/11/2020 VALEURS ACTUELLES

Soutenue par d’éminents partenaires institutionnels tels que l’ONU et l’Union européenne, l’ONG Islamic Relief Worldwide est au cœur d’un vaste scandale mêlant antisémitisme, islamisme belliqueux et charité mal ordonnée. 

D’ordinaire si prompte à se faire l’écho des scandales outre-Manche, la presse française est restée curieusement silencieuse après les révélations du Times, au cœur de l’été, au sujet de la plus grande organisation caritative musulmane du monde, Islamic Relief Worldwide (IRW). 

Le 24 juillet, le quotidien britannique révèle les turpitudes d’une huile de cette ONG fondée en 1984 à Birmingham, haut lieu de la présence musulmane en Angleterre. Dans plusieurs publications Facebook exhumées par le Times, Heshmat Khalifa, administrateur de l’organisation et directeur de sa succursale australienne, conjugue sa grammaire islamiste avec un antisémitisme forcené. Les juifs ? « Des petits-enfants de singes et de porcs ». Le groupe terroriste palestinien Hamas ? « Le mouvement le plus pur de l’histoire moderne ». Heshmat Khalifa nourrit également de fortes préventions contre le président égyptien Abdel Fattah Al-Sissi, tombeur des Frères musulmans sur ses terres : « Fils de maquereau des Juifs »« porc sioniste », ou encore « criminel sioniste »

En Grande-Bretagne, ces révélations entourant un cadre haut placé de la prestigieuse IRW ont eu l’effet d’une bombe sur le milieu des ONG de secours islamique. Et si ce type de charité n’était pas purement humanitaire, commence à s’interroger la presse anglo-saxonne. Et si ces œuvres de bienfaisance, aussi louables soient-elles, précédaient un travail de diffusion du fondamentalisme islamique. Le cas échéant, les nombreux bailleurs de fonds associés à ces programmes humanitaires auraient directement ou indirectement subventionné des projets à coloration politico-religieuse. 

Auréolée de prestigieux parrainages institutionnels, tels que l’Organisation des Nations unies, l’Union européenne ou Oxfam, signataire de la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, IRW n’a eu d’autre choix que de venir à résipiscence. Son directeur général, Naser Haghamed, a ainsi expliqué au Guardian être « consterné » par ces « publications inacceptables » et s’est engagé à coopérer avec la commission de surveillance des œuvres de bienfaisance du Royaume-Uni, la “Charity Commission”, qui a ouvert une enquête. Au surplus, il a évoqué la mise en place d’un contrôle supplémentaire des membres actuels et futurs du conseil d’administration de l’organisation afin que « cela ne se reproduise plus »

La loi des séries

C’était compter sans un nouveau scandale trois semaines seulement après ces révélations. Sitôt nommé en remplacement d’Heshmat Khalifa, disgracié, Almoutaz Tayara, un autre cadre d’IRW, choit à son tour. Là encore, d’anciennes publications Facebook refont surface. Comme son devancier, M. Tayara est un groupie du Hamas, de « grands hommes qui répondent à l’appel divin et sacré des Frères musulmans ». Et de célébrer ailleurs « [ces] héros d’Al-Qassam », en référence à l’un des pères de la résistance palestinienne, Izz al-Din al-Qassam, précurseur de l’idée d’une lutte armée et partisan d’un Etat islamique en Palestine. Dans la pure tradition de l’imagerie antisémite, Almoutaz Tayara partage également une caricature de Barack Obama, vêtu d’une cravate griffée d’une étoile de David, tenant paternellement sur ses genoux des leaders chiites hurlant « Mort à Israël » et « Mort à l’Amérique »

Image partagée par Almoutaz Tayara.

Image partagée sur Facebook par Almoutaz Tayara

Après cette seconde salve de révélations, IRW, de nouveau en difficulté, a feint la stupéfaction. Pourtant, trois ans plus tôt, plusieurs médias allemands avaient dénoncé ces faits lorsque M. Tayara siégeait au comité de la branche allemande de l’ONG. À l’époque, l’organisation faîtière n’avait rien trouvé à redire. Cet été, devant l’ampleur du scandale, c’est l’ensemble du conseil d’administration d’IRW qui a démissionné. Mais à peine cette instance commençait-elle à faire peau neuve que le fondateur de l’ONG, Hany El Banna, déclarait que les kurdes yézidis, peuple éprouvé par Daech, étaient des « adorateurs du diable ». Moins téméraires que M. El Banna, d’autres cadres d’IRW, comme le collecteur de fonds Abdul Mannan Bhatti, se sont empressés de supprimer leur compte Facebook pour des raisons analogues. En particulier des louanges appuyées et répétées à la confrérie des Frères musulmans. 

Étonnamment, cette loi des séries n’a pas entamé la confiance des bailleurs de fonds d’IRW. Aucun de ces prestigieux parrains n’a cru bon communiquer à ce sujet. À commencer par l’Union européenne qui accorde de généreux subsides à cette association depuis plus de vingt ans. 

L’embarras de la Commission européenne 

Conformément à ses objectifs en matière de développement et d’aide humanitaire, l’UE octroie des financements à un large éventail de projets. « La Commission, explicite son site Internet, apporte une contribution financière directe, sous la forme de subventions, à des projets ou à des organisations qui soutiennent les intérêts de l’Union européenne ou qui participent à la mise en œuvre d’un programme ou d’une politique de l’UE. » C’est dans ce cadre qu’IRW a reçu directement ou indirectement plusieurs millions d’euros ces dernières années. 

Contactée par Valeurs actuelles, la Commission européenne, pour l’heure, n’est pas en mesure de nous communiquer le montant exact des subventions accordées à cette ONG. Une source au sein de l’instance y voit « une forme d’embarras de l’Union européenne qui est moins regardante qu’elle ne le prétend dans l’attribution des subventions ». Une opinion partagée par le vice-président du groupe Identité et Démocratie au Parlement européen, Nicolas Bay. Dès le 31 juillet, soit une semaine après les premières révélations du Times, l’eurodéputé RN avait alerté sur Twitter des sommes mirobolantes accordées par l’Union européenne à des « associations islamistes ou des programmes auxquelles elles participent ». D’après ses calculs, ces organisations auraient perçu environ 36,5 millions d’euros entre 2014 et 2019. Parmi elles, Muslim Aid et l’immanquable IRW, « des groupes prétendument caritatifs dont le soutien à des djihadistes a été pointé du doigt par plusieurs pays comme l’Allemagne, l’Espagne, Israël ou encore le Bangladesh ». À elles deux, celles-ci auraient bénéficié de 6,5 millions d’euros de la Commission pour la période indiquée. https://platform.twitter.com/embed/index.html?dnt=false&embedId=twitter-widget-0&frame=false&hideCard=false&hideThread=false&id=1289229334683820033&lang=fr&origin=https%3A%2F%2Fwww.valeursactuelles.com%2Fclubvaleurs%2Fsociete%2Fscandale-dislamic-relief-worldwide-derriere-long-humanitaire-le-croissant-vert-125973&siteScreenName=Valeurs&theme=light&widgetsVersion=ed20a2b%3A1601588405575&width=550px

S’occuper des corps, mais surtout des âmes

C’est là toute la difficulté avec ces ONG dont la réalité de l’action humanitaire n’est pas en cause, mais qui placent celle-ci au service de la da’wa, la propagation de la foi. En d’autres mots, soigner les corps et s’occuper des âmes. Raison pour laquelle ces organisations mettent souvent l’accent sur l’apprentissage ou le perfectionnement de l’arabe via la création d’écoles coraniques ou de mosquées dans des zones désolées. Certes, ces initiatives ne s’adressent plus exclusivement aux populations de culture musulmane comme c’était le cas au moment de leur essor, au tournant des années 80. 

À l’époque, l’activité de ces organisations répondait principalement à deux objectifs. D’une part une intervention en Afrique visant à ré-islamiser les musulmans latitudinaires et une diffusion de l’islam auprès des populations non-musulmanes. D’autre part, un appui aux moudjahidins en Afghanistan pour contrer l’invasion de l’URSS. Aujourd’hui, c’est un fait, ces ONG ont élargi leur spectre d’assistance humanitaire. Néanmoins, conformément à l’imaginaire de la oumma, la communauté des croyants, leur objectif premier reste d’aider les musulmans, quelle que soit leur obédience. IRW, dont plusieurs cadres ont les yeux de Chimène pour le Hamas, en est une parfaite illustration. 

Pour Nicolas Bay, la pénétration de ce type d’organisation sur le terrain caritatif « révèle surtout ce que sont les islamistes et leur stratégie : une multiplication des structures associatives avec des buts louables (écoles, soutien scolaire, aides aux nécessiteux, etc.) pour étendre leur toile politico-religieuse ». Le 4 septembre, avec trois autres membres du groupe Identité et démocratie au Parlement européen, l’eurodéputé RN a posé une question prioritaire à la Commission concernant les 36,5 millions d’euros accordés à diverses associations liées à la mouvance radicale. Soit que ces liens « sont ouvertement assumés, par exemple les organisations liées au mouvement des Frères musulmans (ENAR, EMU et FEMYSO) » ou « fortement soupçonnés pour les associations Muslim Aid et Islamic Relief ». Aussi, les eurodéputés ont-ils formulé trois demandes auprès de la Commission : qu’elle effectue un audit précis des subventions accordées à ces organisations, qu’elle s’interroge sur le bien-fondé de cette redistribution de l’argent des contribuables européens et qu’enfin, elle cesse immédiatement de verser de tels subsides. 

Enregistrée comme “prioritaire”, cette question appelait théoriquement une réponse dans un délai de trois semaines. Celle-ci interviendra deux mois plus tard, le 19 novembre. Pour toute réaction, la Commission rappelle d’abord les modalités rigoureuses d’attribution des subventions par l’UE, avant d’expliquer qu’elle « n’octroie pas de subventions à des entités poursuivant des fins illégales ou terroristes et qui ne respectent pas les droits fondamentaux ». Circulez, il n’y a rien à voir. 

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