MEMORABILIA

« Quand le producteur de rap Michel Zecler affichait sa haine anti-flics »…

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Michel Zecler. Photo © Aurore MESENGE / AFP

“Assassins”, “menteurs”, #JusticePourAdama :

quand le producteur de rap Michel Zecler affichait sa haine anti-flics

L’homme de 41 ans, brutalisé par des policiers lors de son arrestation le 21 novembre à Paris, a diffusé sur Facebook des messages parfois diffamatoires et teintés de complotisme visant les forces de l’ordre, ou encore produit des rappeurs réputés pour leur prose incendiaire.

« Je m’en tiens le plus souvent à peu de mots. Je vais rester fidèle à cette règle. Les images qui tournent en boucle depuis deux jours parlent d’elles-mêmes », a réagi Michel Zecler dans un message de remerciement à ses soutiens publié sur Instagram. « Je sens bien que mon cas est peut-être la goutte de trop pour beaucoup d’entre vous. Je réclame qu’aucune violence ni aucun amalgame ne soit fait en mon nom. » Brutalisé par des policiers lors de son arrestation pour non port du masque, le 21 novembre, à Paris, le producteur de rap de 41 ans au lourd passé judiciaire n’était pourtant pas avare de mots, y compris haineux et diffamatoires, pour dénoncer ces dernières années et dans un français massacré les forces de l’ordre et les « violences policières » sur les réseaux sociaux.

Sur Facebook, Michel Zecler a ainsi multiplié les posts critiques et militants sur un ton souvent complotiste. « Ces dernières années, ils ont fait que nous bai*er la gueule. Dès que l’un d’entre nous l’ouvre trop ils l’isole, le defonse (sic) de soucis pour ne plus entendre parler de lui. Cela depuis des décennies. Il faut que cela cesse ! Il faut s’unir amigo là où ils essaient de nous désolidariser…», explique-t-il dans un commentaire au sujet des autorités, mêlant le gouvernement et la police. « Qui tente rien à rien c’est vrai si tout le monde joue le jeu mais eux ils trichent ! Sache le donc, soit ont triche aussi mais ça ne sert à rien vu qu’ils ont inventé ce jeu !!! Il reste plus qu’une seule solution donc préparez-vous pour ceux qui suivent… »

« Quelqu’un à une idée de l’identité des assassins d’Adama ? »

Plus conspirationniste encore, il ajoute : « Lol Coluche disait à l’époque (1 des raison qui lui on coûter la vie) pendant les manifestations qui commence à casser ? Des keufs et nous « ababa » ont suivaient. J’ai l’impression qu’ils veulent réunir un gros ballons de foot humain pour shooter dedans après… » L’affaire Adama Traoré est alors l’occasion pour le producteur musical de stigmatiser une fois de plus les forces de l’ordre. Il relaie la propagande d’Assa Traoré, la sœur du jeune homme décédé lors de son interpellation par des gendarmes dans le Val d’Oise, en 2016, puis défend deux de ses frères délinquants : « Il faut soutenir !!! Courage à la famille. Ils essaient d’affaiblir pour qu’ils lache l’affaire. #LiberezLesFrèresTraore »

Il partage ainsi un article publié par Negro News, un média qui se présente comme « le site panafricain de référence », proclame « Justice pour les Traoré ! » et dénonce « une parodie de justice » à propos des frères d’Adama, « assassiné par la gendarmerie française », Bagui et Youssouf, alors condamnés pour outrages et menaces à l’encontre de gendarmes et policiers, en marge d’un conseil municipal à Beaumont-sur-Oise. Bagui Traoré, qui aurait également frappé au visage une policière et déjà condamné douze fois, écope de huit mois de prison ferme. Michel Zecler, lui, répète « #JusticePourAdama » et va même jusqu’à demander dans une question diffamatoire : « Au faite quelqu’un à une idée de l’identité des assassins de Adama ? »

Capture d'écran Facebook

« Il faut régler ces histoires mais pas comme ils aimeraient qu’on les règle »

Surfant sur la vague anti-flics, le producteur prend ensuite le parti de Théo Luhaka, qui accuse des policiers de viol au moyen d’une matraque lors de son contrôle et de son interpellation en Seine-Saint-Denis, en 2017 (trois des agents ont été renvoyés depuis devant les assisses). Il diffuse, toujours sur Facebook, des posts de soutien au jeune homme et à sa famille, en utilisant le hashtag #10cmSansFaireExprès. Dans un scénario de son imagination, il écrit même : « Les 4 mecs qui ont violé Théo vont être mutés et vont vieillir dans une petite ville de campagne avec femmes et enfants…» Et à propos des policiers en général, il ajoute : « Ils ont l’habitude de nous fouré les amis mais comme je dis 10 cm c’est beaucoup n’en abuser pas ! »

Capture d'écran Facebook

Là encore, Michel Zecler réclame les noms et photos des « agresseurs » de Théo : « On touche presque le fond là. Vont-ils nous la mettre comme ça ? » Puis, il explique : « La seule chose qui à changé, c’est que nous avons des smartphones aujourd’hui… Ils ne peuvent se contenter de mentir, de nous condamné pour qu’on la ferme. Bon, là aussi il faut lire ça comme un banal fait divers et demain on passera à autre chose qui fera le nouveau buzz !!!? Que cherchent-il à provoquer ? Il faut régler ces histoires mais pas comme ils aimeraient qu’on les règle. Pourquoi je n’ai pas un parent qui taf avec Fillon ? » Le tout agrémenté de plusieurs hashtags évocateurs, comme #AdamaTraoréVsDesMenteursHabillésEnBleu.

Au sujet de François Fillon, mais aussi du terrorisme ou de la pédophilie, plusieurs de ses posts flirtent encore avec le complotisme. Au lendemain de l’attentat de Nice, le 16 juillet 2016, il relève : « Avec toutes les caméras de Nice nous allons enfin (peut-être ?) comprendre ce qui c’est (réellement) passé. » Plus loin, il apporte son « soutient » à Black M, le rappeur du groupe Sexion d’assaut, pour qui la France est un« pays de kouffars », mécréants en arabe, ou relaie « le coup de colère » d’une lycéenne de Martinique qui fustige les « petits penchants racistes » de Victor Hugo. Et à propos d’un policier qui a utilisé la carte bancaire d’un homme placé en garde à vue, il conseille : « Bon la vérité, ses collègues devraient le frapper… »

« Porcs », « fils de pute », « ACAB »…

Quand il n’exprime pas lui-même sa détestation de la police, Zecler produit et promeut des rappeurs qui revendiquent la leur en chansons. Lunatic (« J’aime voir des CRS morts »), Rohff (« Nique la police »), Assassin (« La police et l’armée sont des gangs organisés ») ou Ministère AMER (« La police est l’ennemie », « Sacrifions le poulet ! »), figurent entre autres au programme de la compilation « L’âge d’or du rap français », suivie d’une tournée à partir de 2016, produites par Michel Zecler et Valérie Atlan, la papesse de l’industrie du rap, qui codirigent la société Black Gold Studios. Ensemble, ils ont lancé la carrière de La Fouine, pour qui les policiers sont des « gros bâtards », des « putes mal baisées » et des « fils de putes ».

Dans son morceau, intitulé « Brigitte (femme de flic) » et sorti en 1992, le groupe Ministère AMER racontait déjà comment une épouse de policier, qui « aime les négros » (sic), « se fait éclater la teuch » par des « jeunes de la cité ». Extrait : « Aucune force d’Etat ne peut stopper une chienne en rut, Surtout pas quand c’est la putain d’une fille de brute, c’est-à-dire d’un flic de pute… » Plus récemment, d’autres jeunes rappeurs aux clips produits par Zecler et Atlan s’en sont pris aux policiers, comme Denzo qui les a traités de « porcs » dans sa chanson « Cramé », ou Malty ASB, leur « nouvelle pépite d’Aulnay-sous-Bois », qui a salué et « aimé » sur Instagram un message scandant « ACAB », l’acronyme de « All cops are bastards » (« Tous les flics sont des salauds »), le cri de ralliement de tous les opposants haineux aux forces de l’ordre.

Capture d'écran Facebook

« Une douzaine d’antécédents judiciaires »

Comme de nombreux rappeurs qui vomissent la police, Michel Zecler collectionne d’ailleurs lui aussi les délits et les condamnations. A peine le discret producteur a-t-il reconnu avoir eu « une jeunesse assez chaotique », au point d’être même « passé par la case prison », il y a une quinzaine d’années, sur le plateau de l’émission « Touche pas à mon poste » de Cyril Hanouna, sur C8, le 26 novembre. Michel Zecler est en effet connu des services pour des affaires de stupéfiants, de vols et d’outrages. « Il a une vingtaine d’antécédents, dont vol à main armée et association de malfaiteurs, confie une source policière, qui précise qu’il aurait été condamné à 7 ans de prison. Il se tient à carreau depuis, mais il connaît la musique, sans mauvais jeu de mots ».

Une petite quantité de cannabis (0,5 gramme) a toutefois été retrouvée dans la sacoche du producteur de rap, saisie par les enquêteurs au cours de la perquisition de son studio du 17e arrondissement de Paris, effectuée… 48 heures après les faits. Auparavant, les policiers mis en cause avaient indiqué dans leur rapport que l’interpellation résultait du refus de Michel Zecler de se soumettre à un contrôle alors qu’il ne portait pas de masque et qu’il se dégageait de lui une forte odeur de cannabis. Sur les quatre agents mis en examen, trois l’ont été pour « violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique » et « faux en écriture publique », et deux ont été placés en détention provisoire, une mesure exceptionnelle.

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