MEMORABILIA

Deux poids, deux mesures: il y a blasphème et blasphème…

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CAUSEUR, 5 décembre 2020.

Rasmus Paludan. © Philip Davali/ Ritzau Scanpix/AFP

Brûler la bible ne serait pas aussi répréhensible que brûler le coran…


Il dit agir au nom de « la liberté d’expression contre l’islamisation de la société ». Le Danois Rasmus Paludan est le fondateur du parti Stram Kurs – « Ligne dure » –, qui a récolté 60 000 voix lors des dernières élections législatives. Convaincu d’un lien entre islam et délinquance, il s’est spécialisé dans l’autodafé de corans – qu’il enrobe parfois avec du bacon – et prévoyait d’en brûler un exemplaire sous l’Arc de triomphe.

Mais le 11 novembre, il a été devancé par le renseignement français, qui l’a cueilli manu militari dans sa voiture puis placé en rétention administrative. La menace ayant été jugée sérieuse, à peine quelques heures plus tard, l’homme fiché S et son briquet étaient escortés jusqu’à un avion, pour être expulsés – direction Copenhague !

Or, quelle est la jurisprudence pour ce type d’agissements ?

Le 23 mars 2016, un événement analogue s’était produit en plein Paris. L’individu ne s’était pas contenté de planifier son acte, mais avait bel et bien réalisé l’autodafé d’un texte « sacré ». Il ne s’agissait pas d’un homme, mais d’une femme vêtue d’une burqa qui, face à la Seine, avait enflammé une bible. La protagoniste, originaire du 93 et alors âgée de 34 ans, avait été interpellée par des policiers puis conduite au commissariat. Le parquet ordonna qu’elle soit emmenée à l’Hôtel-Dieu pour une évaluation psychologique dont elle fut rapidement libérée, car déclarée saine d’esprit. Durant l’entretien avec les fonctionnaires, elle expliqua se sentir « persécutée ».

À lire aussi, Sophie Bachat: Pas de burqa pour les transgenres antifascistes

Si le projet du militant danois a été considéré comme une incitation à la haine qui lui vaudra une lourde procédure, le geste de la trentenaire n’a finalement entraîné aucune condamnation. Seul grief retenu contre elle : le port de la burqa, pour lequel l’habitante d’Aulnay-sous-Bois a dû s’acquitter d’une contravention de 150 euros.

Face aux pyromanes, y aurait-il « deux poids, deux mesures » ?



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