MEMORABILIA

CHRONIQUE CIVILISATIONNELLE : LA DISPARITION DU « GÉNIE DE LA FRANCE »

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« Les cathédrales imposent le sentiment de la confiance, de l’assurance, de la paix – comment ? Par l’harmonie ». C’est ainsi qu’Auguste Rodin ouvre son admirable texte consacré aux cathédrales de France.
L’INCORRECT
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Dans une France où les cathédrales et les églises brûlent, où les chrétiens sont égorgés par des musulmans radicalisés, où le Conseil d’État impose le retrait de la croix qui surplombe une statue de Jean-Paul II, où le ministère de la Culture préfère la destruction des chapelles à leur restauration, où le gouvernement étouffe l’âme des fidèles en interdisant les messes sous prétexte de protéger la chair, la vie nue, biologique, où il réprime les manifestations catholiques mais consent aux manifestations islamiques ou indigénistes, nous pouvons légitimement nous interroger : où sont passées la confiance, l’assurance et la paix ?

Dans la France de 2020, celle d’Emmanuel Macron et de son socialisme libéral, on ne voit que défiance, inquiétudes et guerres. Nous avons perdu le sens de l’harmonie. Pourquoi ? Car nous avons cru que la République, ses valeurs et ses institutions, étaient la source de l’harmonie sociale. Rodin nous rappelle à l’ordre : ce sont les cathédrales !

Nous avons cru que la République, ses valeurs et ses institutions, étaient la source de l’harmonie sociale. Rodin nous rappelle à l’ordre : ce sont les cathédrales !

« Le temps des raisonneurs est revenu, écrit ensuite Rodin. Comme toujours, ils bavardent, ils pérorent savamment […] Mais, raisonneurs, un simple compagnon de jadis n’y mettait pas tant de façons et trouvait tout de suite, en lui-même et dans la nature, la vérité que vous cherchez dans les bibliothèques ! Et cette vérité, c’était Reims, c’était Soissons, c’était Chartres, c’étaient ces rocs sublimes de toutes nos grandes villes : c’était, cette vérité, le génie même de la France ». La grandeur de la France, que d’aucuns cherchent aujourd’hui dans la redistribution sociale, une baisse d’impôts, les politiques de croissance, voire de réindustrialisation, repose en réalité sur un socle bien plus fondamental que celui d’un point de PIB.

La grande leçon de Rodin pour notre époque est que la politique n’est rien et que la civilisation est tout. La politique ne commence à prendre du sens que lorsqu’elle émane de la civilisation et s’en nourrit. Quand bien même l’immigration serait freinée, quand bien même l’islamisme serait traqué, quand bien même l’économie serait redorée, les territoires réindustrialisés, la démocratie rabibochée, le PIB/habitant rehaussé, le coronavirus éradiqué, en un mot, quand bien même l’œuvre des « raisonneurs » qui nous gouvernent serait réalisée, nous n’aurions pas fait renaître pour autant « le génie de la France ». Nous n’aurions pas rendu à la France sa grandeur. Croyons-nous cela ?

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Si nous répondons par la négative, c’est que nous avons été piégés nous aussi par les préoccupations matérialistes qui dominent ce siècle. C’est que nous avons perdu le sens vrai de la grandeur, lequel n’est que civilisationnel. La puissance du christianisme réside à la fois dans le génie spirituel de l’Évangile et dans sa potentialité civilisationnelle. C’est ce second membre qu’incarnent « Reims, Soissons, Chartres, ces rocs sublimes de toutes nos grandes villes ». C’est là la « vérité » qu’évoque Rodin, inaccessible aux « raisonneurs », mais naturelle et immédiate aux « compagnons de jadis ». C’est là ce que le monde entier vient apprécier massivement chaque année : l’esthétique d’une civilisation ! C’est là ce qu’il restera de la France une fois la République intégralement islamisée, revendue au Qatar après avoir été pillée par la Chine : les marques de grandeur d’une civilisation chrétienne fossilisée.

Au cœur de cette civilisation chrétienne, il y a Noël. Non seulement par ce qu’il représente d’un point de vue spirituel, mais également par ce qu’il représente d’un point de vue culturel : un acte de naissance et une raison d’être. Doit-on s’étonner si aujourd’hui les crèches sont interdites dans les lieux publics, par la confusion qui règne dans l’esprit des décideurs politiques entre religion et civilisation, entre cultuel et culturel ?

Doit-on s’étonner si l’écologie politique post-moderne cible directement l’arbre de Noël à Bordeaux ? Doit-on s’étonner si l’idéologie capitaliste néo-libérale de l’actuel gouvernement incite ce dernier à classer Noël et la messe au rang des « produits non essentiels »? Nul doute, le temps des raisonneurs est bel et bien revenu, et si nous laissons faire, ils auront raison aussi de notre civilisation.

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