MEMORABILIA

Ivan Rioufol: «Comment sauver la France de son déclin»

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CHRONIQUE – Tout n’est pas perdu. Il est encore possible de sortir la nation de sa dilution mondialiste.

Par Ivan Rioufol. LE FIGARO 10 décembre 2020.

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– La France de Giscard? Disparue. Deux générations auront suffi pour liquider des siècles de cohésion. Jamais mutation n’aura été si rapide. Jusque dans les années 1980, les nouveaux Français, venus d’ailleurs, partageaient vite le même air de famille: ils riaient et vivaient avec tous. La mort de Valéry Giscard d’Estaing, le 2 décembre, est venue rappeler ces faits. Mais la mélancolie, méprisée par les «modernes», a dû se réfugier dans l’exil intérieur pour regretter ces temps plus doux ; les démolisseurs détestent les épanchements. Quarante ans: c’est le temps qu’il aura donc fallu pour entamer le remplacement d’un peuple par un autre, d’une religion par une autre. Samedi, Emmanuel Macron s’est félicité de ce bouleversement. S’adressant aux jeunes issus de l’immigration, il a dit: «Vous êtes une chance pour la République». Et aussi: «Quand votre famille parle arabe, c’est une chance pour la France». Les nostalgiques auraient-ils perdu? Mais non!

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Cette France-ci est devenue invivable pour beaucoup. La violence est partout, dans les répétitions d’une guerre intérieure souhaitée par l’islam politique et ses soutiens. Samedi encore, l’alliance de l’extrême gauche et des black blocs – ces fascistes vêtus de noir – a saccagé des rues populaires de l’est de Paris. Pour les «anticapitalistes», un bon flic est un flic mort. Or le vide intellectuel est tel que personne ne sait comment rétablir l’autorité. Pis: le chef de l’État, voulant flatter les «millions de nos jeunes et moins jeunes» de la nouvelle France africaine et arabe, s’est désolidarisé des gardiens de la paix. Il a fait sien le discours victimaire des minorités: «Quand on a une couleur de peau qui n’est pas blanche, on est beaucoup plus contrôlé (…) On est identifié comme un facteur de problème et c’est insoutenable.» Le président également réjoui: «La France est un pays-monde en quelque sorte.» Il est encore possible d’arrêter ce désastre.

Le macronisme est un séparatisme 

Ce n’est pas Macron qui sauvera la France de son déclin. Né sous VGE (en 1977), l’enfant du siècle n’entend rien à ce passé qu’il veut ensevelir. Confondant bougisme et progressisme, le chef de l’État s’éloigne d’une civilisation de tolérance pour aller vers un monde de défiance. L’ambiguïté du «en même temps» fait le jeu des déconstructeurs de la nation une et indivisible. Il avait dit vouloir lutter contre le «séparatisme islamiste» et le déboulonnage des statues des grands Français. Pourtant, il a présenté, mercredi en Conseil des ministres, un texte prudent «confortant les principes républicains» mais ne nommant plus l’idéologie coranique totalitaire, qui a pris le voile comme drapeau. Samedi, parlant de la jeunesse africaine et maghrébine, le président a invité à établir «une sorte de catalogue des 300 à 500 noms de ces héros» pour «en faire des rues, des statues». Ce pays multiculturel n’est pas la France: le racisme y est vu partout au moindre prétexte. Le macronisme est un séparatisme.

Néanmoins, tout n’est pas perdu. Il est encore possible de sortir la nation de sa dilution mondialiste: il suffit de la mettre à l’abri des maltraitants qui lui tournent autour. Le temps est venu de rompre avec ceux qui prétendent parler au nom de la démocratie, sans jamais demander l’avis du peuple. Mettre un terme à quarante ans de démissions politiques et d’idéologies irréalistes est nécessaire pour éviter l’effacement de ce qu’il reste de la France française. Après s’être mis à dos la police, Macron veut organiser en janvier un «Beauvau de la sécurité» pour retisser sa relation entre les Français et les forces de l’ordre. Mais la police n’est pas le problème: ses liens avec les citoyens, s’ils peuvent être améliorés, n’ont jamais été rompus. En revanche, l’hôte de l’Élysée devrait s’interroger sur son rapport avec l’ensemble de ses compatriotes, et non pas seulement avec ceux issus de l’immigration flattée. Un «Saint-Honoré de la politique» serait plus utile.

Place à la raison

La raison doit reprendre sa place. Le libre jugement et l’analyse critique doivent s’émanciper des diktats de la fausse religion des droits de l’homme et d’une science sacralisée qui impose une unique pensée hygiéniste. L’héritage de Giscard porte comme une croix la décision de 1976 d’ouvrir le pays au regroupement familial. VGE avait voulu corriger son erreur deux ans plus tard, Raymond Barre ayant succédé à Jacques Chirac comme premier ministre. Or l’histoire oublie de rappeler quelle fut alors la responsabilité du Conseil d’État dans son refus, le 8 décembre 1978 (arrêt Gisti), de se plier à la volonté présidentielle. C’est en «prêtres de la religion des droits de l’homme»(Jean-Louis Harouel) que les juges privilégièrent le droit de l’immigré de «mener une vie familiale normale» en France. L’immigré eut même droit, un peu plus tard, à la polygamie (arrêt Montcho, 1980). De là date la colonisation de la nation, rendue possible par les grands prêtres de la justice administrative.

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Il s’agit, pour les citoyens, de reprendre en main leur destin et leur santé. Cette reconquête démocratique doit notamment déboucher, par référendum s’il le faut, sur la maîtrise de l’immigration de peuplement, qui mérite, au bas mot, un «profond aggiornamento» (Patrick Stefanini). L’objectif oblige à renoncer aux excès du regroupement familial et du droit d’asile. Il force à réduire les conditions d’accès à la nationalité, rendues automatiques avec le droit du sol. Une restriction des aides aux clandestins doit être décidée: plus de 330.000 d’entre eux bénéficient de la santé gratuite (Aide médicale d’État), estimée à plus d’un milliard d’euros! Ce réveil invite, au préalable, à se séparer des «élites», insouciantes ou dangereuses, qui ont laissé faire. Il passe également par l’espoir, caressé par Jean-Marie Rouart mercredi dans Le Figaro , d’un renouveau du christianisme en rempart de l’islam conquérant. En réclamant récemment le respect de leur liberté de culte, les catholiques ont montré une vitalité intacte. Ils ont fait reculer le liberticide ordre sanitaire.

Avis aux âmes fortes!

C’est un monde assoupi et craintif qu’il faut secouer. Avis aux âmes fortes! Dans cet univers éthéré, le général Pierre de Villiers prend un air de recours pour 2022: 20 % des sondés seraient prêts à voter pour le militaire. Cependant, son goût apparent pour le consensus et la prudence n’en fait pas, a priori, l’homme de la rupture attendue. Contre la pensée molle, qui s’étale comme une flaque, seule une doctrine solide s’imposera. Elle doit avoir comme objectif d’éviter à la France de sombrer davantage. Les naufrageurs ont fait assez de mal: du balai!

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