MEMORABILIA

Le “J’Accuse” de Villiers, épisode 3.

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“Nous sommes impuissants face à l’invasion, à la barbarie indigéniste protégée par les collabos de l’islamo-gauchisme”

Par  Charlotte d’Ornellas et Geoffroy Lejeune Publié le 19/12/2020 VALEURS ACTUELLES

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Sous le crachin vendéen, Philippe de Villiers a décidé d’accorder à Valeurs actuelles un grand entretien, divisé en six parties plus explosives les unes que les autres. Sur fond de Covid, d’immigration, d’islam, le fondateur du Puy du Fou nous livre une partie de sa pensée, avec des formules bien à lui, et dresse un long réquisitoire contre les maux de l’époque.

Episode 3 : Etat de droit.

Retrouvez ici le deuxième épisode de notre entretien


Valeurs actuelles. Vous dites que la France devra sans doute un jour passer par la remigration. Certains vous répondront que vos propositions remettent en cause l’État de droit et donc nos valeurs…
Philippe de Villiers
. Ah… nous y voilà ! Mais qu’est-ce donc que l’État de droit ? C’est, selon les juristes, le respect de la hiérarchie des normes. Personne ne peut raisonnablement aller contre cela. Le problème, c’est que cet état de droit doit être compatible avec le droit de l’État. Il ne s’agit pas d’en finir avec le principe de l’État de droit, mais de l’adapter à la nécessaire sécurité des Français. Aujourd’hui, il a dérivé à l’américaine, il faut le ramener au port d’attache.
En effet, c’est le juge qui est le maître de l’État de droit, puisque c’est lui qui apprécie le droit. Or, il ne le fait plus dans un esprit de transparence de la loi, et donc de la volonté du peuple, mais à travers le tamis de ses préjugés, voire de son idéologie. Aujourd’hui, il y a un privilège de migration, protégé dans les séances des nouveaux “parlements”. En d’autres termes, la machine judiciaire est devenue une machine à désagréger la société.

Le général de Gaulle — qui avait accepté l’existence du contre-pouvoir du Conseil constitutionnel du bout des lèvres — avait confié à son garde des Sceaux, Jean Foyer, cette mise en garde qu’il faut garder en tête : « Souvenez-vous de ceci : il y a d’abord la France, ensuite l’État et enfin, pour autant que les intérêts majeurs des deux sont sauvegardés, le droit. » À l’époque, la cour suprême, c’était le peuple.

L’État de droit, c’était la souveraineté populaire. Mais aujourd’hui — chose inouïe —, nous avons au-dessus du peuple, de notre Constitution, de nos lois, c’est-à-dire de la vie publique, pas moins de cinq cours suprêmes : le Conseil d’État, le Conseil constitutionnel, la Cour de cassation, la Cour européenne des droits de l’homme et la Cour de justice de l’Union européenne.

Voulez-vous quelques illustrations de cette machine à inventer des normes ? Le 6 juillet 2018, le Conseil constitutionnel déclare que le « principe de fraternité » justifie l’action de ceux qui aident les migrants illégaux à entrer chez nous. Malgré la loi française, le Conseil constitutionnel choisit un mot du triptyque républicain, l’élève au-dessus de la Constitution et déclare ainsi que l’on ne peut plus toucher à la migration clandestine. C’est l’idéologie des droits de l’homme, des droits individuels détachés de leur allégeance nationale. Il n’y a plus de citoyens, il n’y a que des “individus-qui-ont-des-droits”.

La bataille se joue d’ailleurs au niveau européen. La liberté législative d’interdire l’avortement ou de contenir le LGBT est par exemple contestée aux Polonais, au nom de l’État de droit ; le droit de fermer ses frontières est refusé à la Hongrie, au nom de l’État de droit. C’est ainsi que ce dispositif normatif protecteur est devenu un attrape-nigaud et parfois une broyeuse transidentitaire.

C’est l’État de droit des juges qui détruit la nation, au nom du principe de non-discrimination qui a été affirmé comme un principe supra-constitutionnel. Qu’est-ce qu’une nation ? C’est un espace où l’on discrimine ceux qui font partie de cet espace et ceux qui n’en font pas partie. Il y a les nationaux et les étrangers, les citoyens qui ont droit à la pérennité du séjour et les étrangers qui n’y ont pas droit. On a oublié que la frontière n’est pas un mur d’inhumanité, c’est un filtre pacificateur.

Le principe de non-discrimination permet à la terre entière de rentrer en France. La nation devient en elle-même, aux yeux des tenants de l’État de droit, une dangereuse discrimination, contraire au principe intouchable de la “planète pour tous”. Ainsi faut-il comprendre la phrase prophétique du cheikh Youssouf al-Qaradawi : « Avec vos lois démocratiques, nous vous coloniserons. Avec nos lois coraniques, nous vous dominerons. » L’affaire est presque dans le sac.
 
Faut-il sortir de l’État de droit ?
Non. Mais il faut l’adapter aux conditions de la survie. Je me reconnais dans la recommandation de Marcel Gauchet : « Il faut certes que la souveraineté du peuple n’opprime pas les droits individuels — problème classique qui justifie l’autorité des juges —, mais il ne faut pas non plus que les droits individuels conduisent à la liquidation de la souveraineté du peuple et spécialement dans sa dimension primordiale du droit de se défendre comme peuple. » Il faut donc remettre à sa place l’état de droit par rapport à la démocratie souveraine.

J’ai été outré par un entretien récent de Laurent Fabius, le président du Conseil Constitutionnel, intitulée « Ne sacrifions pas nos valeurs à la lutte antiterroriste »… Il parle en ces termes au moment même où son institution vient de censurer, le 7 août dernier, les mesures de sûreté à l’encontre des condamnés pour terrorisme, à l’issue de leur peine, que proposait un projet de loi de la majorité.

Il faut également évoquer les humeurs récalcitrantes des géants du Web, dont personne ne parle. Aujourd’hui, la preuve numérique se dérobe. Ce sont les Gafam qui ont le pouvoir d’aider les enquêteurs français. Afin de remonter un certain nombre de pistes, la procédure oblige les enquêteurs à adresser un nombre précis de réquisitions pour le moins formelles aux géants du Web. Or, en raison de la loi américaine très souverainiste en la matière, ces derniers ne délivrent les informations que de manière très aléatoire. Pour ainsi dire jamais.

Voilà l’état de la France. L’ancien secrétaire général du Conseil constitutionnel Jean-Éric Schoettl nous a prévenus : sur la base d’un corpus humanitaire tentaculaire et qui vise à protéger ce qui contribue à nous détruire, au nom d’un État de droit greffé sur les connivences avec les géants du Web, nous sommes devenus impuissants face à la marée montante, à l’invasion, à la colonisation, à la barbarie indigéniste, protégée par les collabos de l’islamo-gauchisme et du bien-penser élitaire…
 
Quelle solution ?
Si les pouvoirs publics, imprégnés par l’idée de la grandeur et de la pérennité française, décident de rétablir la France en France, les choses se feront toutes seules. Ceux qui ne seront pas à l’aise chez nous s’en iront. La France est une patrie charnelle, un roman d’amour qu’on partage, un légendaire qu’on aime parce qu’on le connaît ou parce qu’on le découvre, en l’aimant alors comme on peut choyer une mère adoptive. On peut très bien découvrir la tapisserie de Bayeux, Du Guesclin, Bayard, Jeanne d’Arc, le serment de 14, le Mont-Saint-Michel, Victor Hugo, Pasteur, Chateaubriand, les châteaux de la Loire, Proust et Sylvain Tesson sans être Français de souche mais de branche. Il n’est pas interdit de tomber amoureux d’un pays étranger ! Romain Gary l’a écrit… Si on explique demain qu’il n’y a plus de halal et qu’il n’y a aucun espoir d’installer une autre civilisation — et sa charia — en France, les choses se résoudront d’elles-mêmes. Les récalcitrants partiront sur la pointe des pieds et tout se passera avec juste un peu de tangage.

Cela suppose un effort, une volonté, cela passe par les retrouvailles avec le courage français. Cela suppose qu’une nouvelle génération d’hommes politiques embrasse la France, toute la France, rien que la France, au lieu de céder aux chimères mondialistes et européistes. Cela suppose de retrouver nos ferveurs et de nous détourner des tendresses numériques qui ne sont qu’une commodité sans fond ni perspective.

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