MEMORABILIA

“Apocalypse Never” : un ultra-écologiste repenti déconstruit le catastrophisme climatique

Par  Nicolas Clément Publié le 23/12/2020 VALEURS ACTUELLES.

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Dans son dernier livre, Michael Shellenberger, icône de l’écologisme américain, dénonce l’imposture de l’alarmisme vert. Un “debunkage” incisif de la nouvelle religion climatique, qui pourrait bien défroquer plus d’un zélote de l’Apocalypse.

« Un changement climatique se produit. Ce n’est pas la fin du monde. Ce n’est même pas notre plus sérieux problème environnemental. » De quoi couper les vivres des rentiers de l’Apocalypse. Sous les feux croisés des militants ultra et des “négationnistes” climatiques, Michael Shellenberger milite pour un écologisme du juste milieu. Dans son dernier ouvrage, Apocalypse Never : pourquoi l’alarmisme écologique nous nuit à tous (Harper), l’essayiste s’en prend aux grands mythes de l’environnementalisme moderne, au risque de faire mentir les plus ardents Jérémies de l’époque.

Amazonie, nucléaire : affabulations militantes et controverses scientifiques

Cinglant, l’éco-moderniste débute son ouvrage par une énumération des contrevérités sur les enjeux écologiques majeurs du XXIe siècle. Déforestation, énergie nucléaire, consommation de viande… Sans prendre de gants, l’auteur brocarde les théories fumeuses qui ont marqué l’actualité de la dernière décennie. Sa première cible : la totémique forêt amazonienne, dont Shellenberger affirme qu’elle n’abriterait pas les “poumons de la Terre”. En 2019, le monde entier s’est ému devant le spectacle des vastes incendies ravageant l’antique demeure d’Amérique latine. Dès les premiers clichés du brasier, le président Macron s’est empressé de réagir : « Notre maison brûle. Littéralement, s’est étranglé Jupiter, flattant ainsi son image de chef d’Etat “eco-friendly”.  L’Amazonie, le poumon de notre planète qui produit 20 % de notre oxygène, est en feu. »

Menu problème… D’après Shellenberger, l’affirmation du locataire de l’Elysée ne serait qu’une vulgate culpabilisatrice, dénuée de fondements scientifiques. Soucieux de rétablir les faits face aux emportements émotionnels des politiques, l’essayiste explique, non sans ironie, qu’une forêt ne fonctionne pas comme un poumon. « La végétation amazonienne consomme environ 60% de l’oxygène qu’elle produit en respiration, écrit-il. Les microbes, qui fractionnent la biomasse, consomment les 40% restant. » Ingénu, l’Américain fait donc l’addition : « Ainsi, concrètement, la contribution nette au taux d’oxygène mondial de l’ECOSYSTEME amazonien, (pas seulement les plantes), est de zéro. » Loin de s’arrêter à cette simple démonstration, il rappelle que la France et l’Allemagne, si promptes à donner des leçons, ont partiellement bâti leurs richesses sur la déforestation. A en croire les chiffres du livre, 70% de la Germanie était recouverte de forêts en l’an 900, contre 25% en 1900. De l’autre côté du Rhin, l’Hexagone est passée de 30 à 13 millions d’hectares de bois entre 800 et 1300. Le Jugement dernier n’a pourtant pas eu lieu.

En 2015, malgré de colossales subventions gouvernementales, les énergies renouvelables ne représentaient que 1,8 % de l’énergie globale.

En bon “rassuriste climatique”, Shellenberger peaufine son raisonnement, ajoutant que 80% de l’Amazonie reste encore épargnée par le défrichement et les incendies. Un chiffre qui fait tâche, dans le narratif diluvien des militants de l’Apocalypse. Mesquin, l’ancien membre de l’ONG Global Exchange glisse également que la déforestation serait une demande économique émanant de la paysannerie brésilienne : pour sortir de la misère, les agriculteurs chercheraient à étendre leurs terres arables. L’élection de Jair Bolsonaro, actuel président du Brésil, serait notamment due au soutien des fermiers, ayant massivement adhéré à son programme agricole. Un savoureux pied de nez à l’extrême-gauche, prétendument attachée à la défense des pauvres “de tous les pays”…

Tel Moïse brisant le veau d’or, Shellenberger s’attaque ensuite au suprême fétiche de l’écologisme soixante-huitard : le nucléaire. Ancien ayatollah des énergies renouvelables, le lauréat du Green Book Award a finalement revu sa copie en 2016, après que son héros d’enfance, Stewart Brand, a admis publiquement que l’uranium pouvait être une alternative viable. Une volte-face surprenante de la part de ce pionnier du mouvement hippy américain, qui a eu l’effet d’une bombe dans l’esprit de bien des militants.

L’émotion d’abord, la science ensuite.

A compter de cette année charnière, le « héros de l’environnement », autrefois célébré par le Time, est devenu l’avocat consciencieux du tout nucléaire. Admiratif du modèle français, Shellenberger balaye les faciles reductio ad Tchernobyl de ses camarades et démontre que l’énergie tant décriée affiche en réalité un faible taux de mortalité. Contrairement à la pollution de l’air, qui aurait provoqué la mort d’environ 4,2 millions de personnes en 2018, le nucléaire, depuis son implantation, n’aurait occasionné que plus de 100 000 décès. A toutes fins utiles, l’auteur ajoute également que l’énergie atomique permet de combattre les émissions de gaz carbonique… Mais au-delà de la qualité de l’air, une autre problématique, bien plus urgente, semble le préoccuper davantage : la montée des énergies renouvelables et le déclin du nucléaire.

Cédant cette fois-ci à une forme d’alarmisme face au « Grand Remplacement » énergétique, le fondateur du think tank Breakthrough Institue n’hésite à faire planer le spectre d’une menace pour la civilisation. « Les villes requièrent des énergies concentrées. A l’heure actuelle, l’humanité fait appel à des combustibles qui sont 1000 fois plus concentrés en énergies que les bâtiments, usines ou villes qu’ils alimentent, détaille l’essayiste. La faible concentration énergétique des énergies renouvelables ne pose donc pas seulement un problème environnemental, mais également celui du maintien de la civilisation. » Si les sociétés humaines venaient à adopter les énergies renouvelables comme seules sources énergétiques, Michael Shellenberger affirme que « la civilisation devrait occuper 100 à 1000 fois plus d’espace », afin de continuer à fonctionner selon les critères de la modernité. Voilà qui ressemble davantage à un scénario de fin du monde.

“Arrêtons avec les pailles en plastique”

Parmi les nombreuses démystifications opérées dans l’ouvrage, un thème en particulier sort du lot : la réhabilitation du plastique, qui s’est imposé comme un des principaux chevaux de batailles du « fanatisme » honni par Shellenberger. Le symbole de cette lutte : la paille, prétendument responsable de la mort de milliers de mammifères marins chaque année. Une idole de plus à pourfendre. Non sans humour, l’éco-rationaliste reprend d’abord la fable selon laquelle des milliers d’innocentes tortues périraient tous les jours sous des montagnes de plastique infestant les océans.

Agacé par cette vision simpliste du problème, Shellenberger évoque notamment une vidéo larmoyante d’étudiants en science retirant une paille du nez d’une tortue souffrante sur la côte. Hautement symptomatique du traitement biaisé de la question du plastique, le petit film, devenu viral en 2015, résume bien la manière dont l’écologisme majoritaire fonctionne : l’émotion d’abord, la science ensuite. Fidèle à sa méthode rigoureuse, l’activiste déconstruit le mythe, chiffres à l’appui. Reprenant les résultats d’une étude menée par neuf scientifiques entre 2007 et 2013, l’auteur rappelle que « le poids global de la pollution plastique sur la surface des mers, (…), ne représente que 0,01% de la production annuelle ». Plus détonnant encore, les chercheurs auraient trouvé « 100 fois moins de microplastique » dans les océans que prévu…

L’écologie sert bien souvent de prétexte au Etats dominants du globe pour empêcher le développement des pays pauvres.

« Mais où est donc passé tout ce plastique ? », s’interroge alors l’ancien militant d’Amnesty International. Si la réponse à cette question reste un mystère, une piste, concernant le polystyrène, est évoquée dans l’ouvrage. « La lumière du soleil décompose le polystyrène en carbone organique et en dioxyde de carbone. Le carbone organique se dissout dans l’eau de mer, et le dioxyde de carbone pénètre dans l’atmosphère. » Une fois n’est pas coutume, Shellenberger ne limite pas son analyse à de vulgaires données statistiques. Adepte du progrès à long-terme, il rappelle que l’usage du plastique a paradoxalement permis de sauver la vie de milliers de tortues et d’éléphants. Autrefois fort convoitées pour leurs écailles et leurs défenses, ces deux espèces ont longtemps été les cibles privilégiées de l’homme. Avec l’arrivée du celluloïd et du plastique, elles ont toutes les deux connu une période de répit sans précédent, ces matières remplaçant aisément leurs attributs sur des objets du quotidien.

Alexandria Ocasio-Cortez, Extinction Rebellion, Greta Thunberg… Les nouveaux cavaliers de l’Apocalypse

« La publication d’Apocalypse Never changera-t-elle vraiment quelque chose ? Il y a de fortes raisons d’en douter » : c’est ce qu’affirme son auteur, dans un article paru dans le célèbre magazine Forbes, intitulé “Au nom des écologistes, je tiens à m’excuser pour avoir répandu la peur climatique”. Censuré par le journal américain après avoir suscité un tollé, le court texte se distingue par une tonalité profondément pessimiste. « Les médias d’information ont fait des déclarations apocalyptiques sur le changement climatique depuis la fin des années 1980, et ne semblent pas disposés à s’arrêter, se désole-t-il. L’idéologie qui est derrière l’alarmisme environnemental, à savoir le malthusianisme, bien que maintes fois dénoncée pendant ces 200 dernières années, est plus puissante que jamais. »

Comment expliquer une telle hégémonie culturelle des alarmistes, alors que leurs théories sont bien souvent irrationnelles ? Pour l’ancien adepte de “l’urgence climatique”, la réponse est très simple. « Chassez le christianisme, vous aurez l’islam », disait Chateaubriand. De la même manière, chassez la religion, vous aurez l’écologie, pourrait dire Shellenberger. « Au début du XXe siècle, William James, universitaire américain, définissait la religion en ces termes : “la croyance en un ordre invisible, auquel il faudrait s’adapter pour notre bien-être”, rappelle-t-il dans son brûlot. Pour les environnementalistes, cet ordre invisible est la nature. » La “science”, sa théologie.

Comme toutes les religions, le “culte vert” possède son clergé. Greta Thunberg, Alexandria Ocasio-Cortez… Durant la dernière décennie, les deux jeunes femmes sont devenues les porte-étendards de l’écologisme à la sauce “millénial”. La première est suédoise et seulement âgée de 17 ans. En 2018, elle est apparue sous le feu des projecteurs en lançant une grève scolaire pour le climat, suivie par des étudiants du monde entier. Un an plus tard, la militante nordique a une nouvelle ébranlé fois l’opinion avec son discours prononcé à l’ONU, dans lequel elle a fustigé les politiques du monde entier. « How dare you ? », “comment osez-vous ? ”, s’est-elle exclamée alors, provoquant l’hilarité des internautes sur les réseaux sociaux. La seconde, plus conventionnelle, est une femme politique américaine. Elue du Parti démocrate, la native du Bronx s’est faite connaître pour ses sorties fracassantes sur le réchauffement climatique et le féminisme. Espoir montant de la gauche radicale outre-Atlantique pour draguer un jeune électorat, elle est une des initiatrices du “Green New Deal”.

Extinction Rébellion est un mouvement tordu et pathologique, et le monde se porterait bien mieux sans eux !

Révérées à l’unisson par la presse progressiste, les drôles de dames de l’écologie n’ont pourtant pas su convaincre Michael Shellenberger. Bien qu’assez prudent, voire timoré dans son ouvrage, ce dernier n’hésite pas à affronter les clercs verts de front dans la presse américaine. « Il y a trois semaines, la représentante Ocasio-Cortez disait que “le monde toucherait à sa fin dans 12 ans si l’on ne luttait pas efficacement contre le réchauffement climatique”, peut-on lire dans un éditorial de Forbes, signé de sa plume en 2019. Puis, la semaine dernière, la même élue a proposé un programme de transition pour sortir du nucléaire. Comment fait-elle pour ne pas remarquer que ses idées sont contradictoires ? », conclut-il enfin, n’hésitant pas à souligner que les partisans du “Green New Deal”, ce projet environnemental délirant, n’ont « rien appris de l’Histoire ».

Un ton de pamphlétaire insoupçonné que le « technolâtre », dénoncé comme tel par Libération, n’hésite pas à employer à l’endroit du « discours horrible de Greta Thunberg devant les Nations unies ». Loin d’être un des nombreux disciples de “Sainte Greta”, le polémiste lui reproche son indécrottable défaitisme : « Beaucoup sont incapables d’imaginer que l’optimisme ne soit pas du déni. Pour un catastrophiste, être optimiste à l’égard du futur veut dire nier le changement climatique, ce qui est faux », a-t-il dénoncé, lors d’un débat avec le philosophe Pascal Bruckner, dans Le Point. Ne focalisant pas sa colère sur les seules égéries féminines de la théorie de l’effondrement, le sniper centriste n’épargne pas non plus le mouvement radical Extinction Rebellion. « C’est un mouvement tordu et pathologique, et le monde se porterait bien mieux sans eux ! », a-t-il fustigé dans le même journal.

Le chemin de Damas de Michael Shellenberger

Saisissant, le parcours de l’auteur se distingue de celui de bien des écologistes modernes, vivant le plus souvent dans le confort de leurs appartements métropolitains. Né aux Etats-Unis dans une famille de hippies mennonites, courant religieux chrétien pacifiste, Shellenberger baigne dès sa plus tendre enfance dans un univers politique très marqué à gauche. A peine âgé de 15 ans, il participe à la fondation d’une branche d’Amnesty International dans son lycée. Un baptême politique qui ne manque pas d’irriter son administration scolaire, manifestement peu acquise à la cause. « A l’époque, un de mes professeurs avait demandé au conseiller scolaire si j’étais communiste, raconte l’auteur au début de l’ouvrage. Deux ans plus tard, je confirmais ses soupçons, en persuadant le directeur de l’établissement de me laisser passer mon premier semestre de terminale au Nicaragua, pour y apprendre l’espagnol et assister à la Révolution socialiste sandiniste. »

Idéaliste, le jeune lycéen parvient finalement à s’envoler pour l’Amérique latine, où il travaille main dans la main avec des fermiers amazoniens, au sein de ce qu’il nomme des « coopératives socialistes ». Non sans nostalgie, l’auteur semble encore chérir le souvenir de ses jeunes années, dignes des “voyages à motocyclette” du jeune Ernesto “Che” Guevara. Mais depuis ses premières escapades dans l’hémisphère sud, l’adolescent révolté a abandonné les vieilles lunes marxistes du philosophe Noam Chomsky. Au contact des paysans nicaraguayens, l’apprenti-révolutionnaire s’est confronté aux dures réalités du tiers-monde qu’il romançait tant.

L’écologie sert bien souvent de prétexte au Etats dominants du globe pour empêcher le développement des pays pauvres.

Loin d’être pleinement acquis à la cause du collectivisme, les fermiers sud-américains ne rêvaient que d’une seule chose : posséder leur propre lopin de terre. Ainsi, ils n’auraient plus à subir l’oisiveté de certains de leurs “camarades” et pourraient enfin tenter de sortir de l’extrême pauvreté. De ce premier désenchantement politique, l’éco-moderniste a retenu une leçon majeure : l’écologie sert bien souvent de prétexte aux Etats dominants du globe pour empêcher le développement des pays pauvres. Résolu à ne plus céder au « colonialisme environnemental », Shellenberger s’efforce depuis lors d’articuler la croissance économique et le respect de l’environnement dans ses analyses. Malgré cette première désillusion, le jeune militant continue ensuite son périple, multipliant les actions dans le monde entier. A 23 ans, il recueille des fonds pour financer des fermes guatémaltèques et se rend au Brésil pour soutenir de petits agriculteurs contre l’invasion de leurs terres. Passé la trentaine, le stakhanoviste vert participe à une campagne pro-énergie renouvelable, qui débouche sur un financement à hauteur de 90 millions de dollars par l’administration Obama. Un parcours du combattant qui ferait saliver toute ONG en quête de piétaille militante.

Le retour à la raison

C’est seulement sur le tard, après une lutte de longue-haleine aux côtés des militants écologistes les plus extrémistes, que le patron d’Environmental Progress finit par se retourner contre une partie de ses anciens camarades. En publiant Apocalypse Never en juin 2020, le prophète déchu s’est irrémédiablement coupé des Cassandres du réchauffement climatique. Une décision courageuse dans un milieu politique où les progressistes les plus fanatiques règnent en maîtres, n’hésitant pas à mettre au ban tout intellectuel portant une voix dissidente.

Dans son article paru dans Forbes, Michael Shellenberger s’est expliqué sur les craintes qui l’ont poussé à publier cet ouvrage si tardivement. « Je n’ai pas réagi aux campagnes de désinformation climatiques parce que j’avais peur de perdre des amis et que l’on me discrédite, écrit-il. Les rares fois où j’ai eu le courage de défendre la science du climat contre ceux qui la dénaturaient, j’en ai subi les terribles conséquences. Je suis donc resté sans rien faire alors que mes collègues écologistes terrifiaient le grand public. »Un témoignage poignant sur les nombreux dangers que la pensée unique fait peser sur le monde de la recherche, ainsi que sur la liberté d’expression.

Nous devons observer une distinction entre la science et la religion, tout comme les scientifiques doivent distinguer leurs valeurs personnelles des faits qu’ils étudient.

Plus significatif encore qu’un simple ouvrage sur les réalités du réchauffement climatique, le succès d’Apocalypse Never est révélateur d’un mouvement de libération de la parole au sein d‘une intelligentsia de gauche de plus en plus sclérosée. Prometteur, le livre-événement pourrait bien être symptomatique d’une volonté de retour à la rigueur scientifique, contre l’omnipotence du délire idéologique. « Nous devons observer une distinction entre la science et la religion, tout comme les scientifiques doivent distinguer leurs valeurs personnelles des faits qu’ils étudient », insiste Michael Shellenberger. Puisse cet appel à la raison parvenir aux aux oreilles des élites scientifiques françaises et nous sauvegarder d’une deuxième année de psychose coronavirale. Amen.

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