MEMORABILIA

Professeure accusée d’islamophobie à Aix-Marseille : « Cette affaire montre l’emprise croissante de l’islamisme politique à l’Université »

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Tribune

Par Vigilance Universités

Publié le 30/12/2020 MARIANNE

Le collectif Vigilance universités dénonce les complices de l’atteinte à la liberté académique et du lynchage médiatique d’une collègue.

Une professeure agrégée en droit privé à l’université d’Aix-Marseille rappelle pendant un cours que pour l’Islam, « si on naît d’un père musulman, on est musulman à vie. » Notons que ce simple constat de type juridique n’implique de sa part aucun jugement sur le comportement des musulmans. Ce que prouve d’ailleurs l’exemple qu’elle donne dans son cours portant sur les conflits de lois – cas traité par la Cour européenne des droits de l’homme – d’un musulman grec qui dans son testament refuse de suivre la loi islamique qui peut être appliquée dans son pays aux citoyens de sa religion. Elle poursuit en disant qu’il s’agit d’une « sorte de religion sexuellement transmissible […]. On dirait du judaïsme, c’est pareil, c’est par la mère. Une sorte de MST [maladie sexuellement transmissible] de RST, de religion sexuellement transmissible. » Il y a de grandes chances qu’une telle analogie, il y a une trentaine d’années, aurait suscité d’immenses fous rires se propageant parmi les étudiants, la percevant comme un bon mot à la manière de Charlie Hebdo. Elle leur aurait rappelé sans doute aussi une autre analogie médicale que Lénine avait utilisée en considérant le gauchisme comme une maladie infantile du communisme. Aujourd’hui une telle analogie expose l’enseignante-chercheuse à être assassinée comme l’a été Samuel Paty.

CONSTRUCTION D’UNE AFFAIRE

L’affaire de l’université d’Aix-Marseille ressemble en effet dans sa dynamique à celle du collège de Conflans-Sainte-Honorine. Un propos mineur dans un cours, un enregistrement vidéo et un tweet anodin par une étudiante donnent lieu un mois plus tard à d’innombrables menaces de mort envers une enseignante. Désormais celle-ci doit vivre sous protection policière. En un mois, une sorte de justice d’exception s’est mise en place qui incite au lynchage d’une universitaire par médias et réseaux de communication interposés.

Ce qui surprend, c’est d’abord, bien sûr, la réaction étrangement disproportionnée d’une partie des étudiants, mais c’est aussi et surtout l’incroyable irresponsabilité de certains médias et organisations qui diffusent le tweet en nommant l’enseignante, sans réfléchir aux conséquences, sans analyse sérieuse de ce qui est en jeu, sans aucune retenue morale et sans respect de l’intégrité de cette enseignante. C’est aussi la naïveté et la défaillance de l’administration.

Apparemment la première organisation à diffuser nationalement le tweet et l’enregistrement et à dénoncer l’universitaire est la CGT FERC Sup, syndicat des enseignants du supérieur, de l’Université d’Aix-Marseille, qui parle de « racisme pur et simple. » Elle est suivie dans cet aveuglement effrayant par la Ligue des Droits de l’Homme (LDH) qui porte plainte contre elle pour « des propos antisémites et islamophobes. »

Dernière étape, Mediapart reprend l’information et construit une nouvelle affaire « d’islamophobie » avec un article, écrit par deux journalistes, placé dans la catégorie « Islamophobie – enquête » et intitulé : « À l’université Aix-Marseille, une professeure de droit compare l’islam à une MST ». Curieusement ni dans ce titre, ni dans le chapô, n’est mentionné le judaïsme. Il ne fallait sans doute pas risquer de brouiller le message, l’accusation de racisme antimusulman, car c’est bien dans ce sens qu’est utilisé ici le terme d’islamophobie. Mediapart est coutumier de ces accusations de racisme antimusulman infondées et faites à la légère. Rappelons, par exemple, celle portée déjà par l’une de ces deux journalistes, à l’encontre d’un professeur de boxe et de la référente à la lutte contre le racisme et l’antisémitisme de l’Université de Lille, parce que le premier avait refusé dans son cours, pour raison de sécurité, des étudiantes qui ne voulaient pas retirer turban ou voile, et parce que la seconde avait tenté d’expliquer ce refus. »Ces médias préfèrent piétiner la liberté académique et hystériser des débats sur les réseaux sociaux où les appels au meurtre désormais se multiplient »

Les moyens utilisés dans ces articles pour convaincre le lecteur méritent, par ailleurs, d’être soulignés. Aux analyses approfondies, on préfère les clins d’œil de connivence qui, par le biais d’informations périphériques inutiles, font pencher le lecteur du bon côté. Le fait de savoir si quelqu’un est ou non pour la PMA n’aide nullement à répondre à la question de savoir si tels ou tels de ses propos sont antimusulmans ou antisémites. En l’occurrence, les propos incriminés, cités plus haut, ne sont ni l’un ni l’autre.

Plusieurs médias reprennent ensuite tel quel le récit des deux journalistes de Mediapart, en France et à l’étranger. L’enseignante, comme d’ailleurs elle le précise elle-même, faisait allusion à une religion qui, comme toute idéologie – sommes-nous obligés de le rappeler ? – doit pouvoir faire l’objet de critique, même sous la forme de plaisanterie. Mais ces médias préfèrent piétiner la liberté académique et hystériser des débats sur les réseaux sociaux où les appels au meurtre désormais se multiplient.

UNE COLLÈGUE À SOUTENIR

Cette nouvelle affaire montre l’emprise croissante de l’islamisme politique à l’Université comme dans l’enseignement secondaire, mais aussi le rôle délétère de certains médias qui n’hésitent pas à relayer les accusations infondées de racisme antimusulman en ruinant injustement la réputation des individus attaqués et en mettant leur vie en danger.

Nous demandons au procureur de la République d’engager les poursuites qui s’imposent envers ceux qui mettent en danger la vie d’autrui en diffusant des discours et des informations qui transforment certaines personnes en cibles pour le terrorisme islamiste. Nous attendons que la CP-CNU (Commission permanente du Conseil national des universités), la CPU (Conférence des présidents d’université) et le CNESER (Conseil national de l’enseignement supérieur et de la recherche) rappellent le principe de la liberté académique et dénoncent sans détour les agressions dont elle est l’objet de la part de mouvements identitaires ou confessionnels ; et qu’ils dénoncent aussi les attaques subies par la professeure d’Aix-Marseille. Nous appelons aussi les syndicats de l’enseignement supérieur à soutenir notre collègue. Nous demandons que la protection fonctionnelle, et l’assistance juridique qui en découle, soient accordées sans délai par l’Université d’Aix-Marseille à l’enseignante-chercheuse et qu’elle soit mise à l’abri d’une façon ou d’une autre. Nous attendons, enfin, que la ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche soutienne publiquement l’universitaire.

Par Vigilance Universités

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