MEMORABILIA

Nucléaire: l’Iran renforce la pression sur Biden…

Scroll down to content

 Réservé aux abonnés

L’Iran est connu pour sa redoutable habileté diplomatique et le monde occidental risque de regretter très vite les méthodes musclées de Trump. Biden ayant, dès son élection, montré son intention de revenir au laxisme d’Obama sur les « lignes rouges », ne pèsera pas grand chose face à Téhéran. Artofus.

Le régime, qui affirme avoir relancé l’enrichissement d’uranium à 20 %, a arraisonné un pétrolier sud-coréen.

Par Georges Malbrunot 4 janvier 2021 LE FIGARO

Coup de pression des radicaux iraniens ou simple coup de bluff? Le gouvernement a annoncé lundi avoir enclenché le processus destiné à produire de l’uranium enrichi à 20 % dans l’usine souterraine de Fordow, au sud de Téhéran.

À LIRE AUSSI :Six mois pour revoir l’accord sur le nucléaire iranien

Jusqu’à présent, Téhéran enrichissait de l’uranium à un degré de pureté supérieur à la limite prévue par l’accord nucléaire de 2015 signé entre l’Iran et les grandes puissances (3,67 %) mais ne dépassait pas le seuil de 4,5 %. Il s’agit de la plus sérieuse entorse iranienne à cet accord. Elle succède à d’autres, en réponse à la sortie de cet arrangement par l’Administration Trump, qui, en 2018, adopta une politique de «pressions maximales» contre l’Iran. Mais alors que Joe Biden s’apprête à entrer à la Maison-Blanche le 20 janvier et entend renouer les fils de la diplomatie avec Téhéran, cette décision iranienne alimente les spéculations.

«On est dans la tactique», confie une source proche de l’organisation nucléaire iranienne. «Après le 20 janvier, Biden aura ainsi beau jeu de dire qu’il a fait revenir Téhéran sur sa décision» d’enrichir à 20 %. Selon cette source, «les contacts ont déjà repris en coulisses entre les Iraniens et l’équipe Biden», dont il faudra scruter les réactions à cette dernière annonce iranienne.

«Dossier du nucléaire iranien»

L’un de ses membres, Jake Sullivan, désigné conseiller à la sécurité nationale, faisait partie de l’équipe américaine venue négocier en secret le différend nucléaire au printemps 2013, à Oman, avec Ali Akbar Salehi, ministre des Affaires étrangères et aujourd’hui patron du nucléaire iranien.

À travers cette décision, Téhéran chercherait également à «bien montrer à la nouvelle Administration américaine que le dossier du nucléaire iranien est à traiter en priorité». C’est le pari du président de la République islamique, Hassan Rohani, le principal artisan de l’accord de 2015, qui est pressé de revenir à cet arrangement pour lever les très sévères sanctions américaines. Or il n’a que quelques mois pour cela, son mandat expirant en juin.

À LIRE AUSSI :Que reste-t-il de l’accord sur le nucléaire iranien?

Le 31 décembre, l’Iran a notifié à l’Agence internationale à l’énergie atomique (AIEA) sa volonté de produire de l’uranium enrichi à 20 %, niveau pratiqué avant la conclusion de l’accord de 2015, loin des 90 % nécessaires pour une utilisation militaire. Ce durcissement intervenait un mois après le vote du Parlement, aux mains des radicaux, qui appelait à un enrichissement à 20 % et à rompre avec les inspections de l’AIEA. Un vote lui-même en riposte à l’assassinat, imputé à Israël, quelques jours auparavant près de Téhéran, de Mohsen Fakhrizadeh, un des principaux architectes du programme nucléaire.

L’autre lecture consiste à voir dans ce net durcissement une volonté des radicaux opposés à l’Occident de jouer la politique du pire. «Je ne crois guère à ce scénario, observe François Nicoullaud, ancien ambassadeur de France en Iran. Même les radicaux sont prêts à négocier, quand ils voient l’état de leur pays, mais ils ne veulent pas faire ce cadeau à Rohani, à six mois de son départ.» Alors que chacun scrute une réaction de Hassan Rohani, qui devrait logiquement être furieux, le directeur de l’AIEA a confirmé aux États membres la décision iranienne. Peu auparavant, l’Union européenne avait prévenu qu’une telle décision «constituerait une entorse considérable aux engagements nucléaires» de Téhéran. Le dossier pourrait être renvoyé devant le Conseil de sécurité de l’ONU.

À LIRE AUSSI :Nucléaire iranien: «Les sanctions américaines ne feront pas changer la position de Téhéran»

Ce lundi encore, les gardiens de la révolution ont accru la pression en arraisonnant un pétrolier battant pavillon sud-coréen dans le golfe Persique, l’accusant d’avoir «violé les lois de l’environnement marin». Huit milliards de dollars d’argent iranien sont bloqués sur pression américaine dans les banques sud-coréennes.

Ce durcissement intervient dans un contexte chargé, un an après l’assassinat à Bagdad du général Qassem Soleimani, chef de la Force al-Qods, bras armé de Téhéran hors de ses frontières. Une riposte iranienne est redoutée. Mais la rhétorique est omniprésente.

**************

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

<span>%d</span> blogueurs aiment cette page :