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Quand le droit n’est pas adapté aux réalités, on le modifie. Ne pas le faire est une décision manifestement idéologique. Nos dirigeants ont du sang innocent sur les mains. Artofus.

Par  Célia GruyèrePublié le 12/01/2021 VALEURS ACTUELLES

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Alors que la menace islamiste plane toujours autant sur la France, Laurent Nunez, coordonnateur national du renseignement et de la lutte contre le terrorisme, a annoncé le nombre de détenus condamnés pour faits de terrorisme qui pourront sortir de prison en 2021. De quoi faire peur.

« De l’ordre d’une soixantaine » (entre 60 et 70) d’individus condamnés pour des faits de terrorisme vont sortir de prison en 2021. C’est ce qu’a annoncé l’ex-secrétaire d’Etat à l’Intérieur et coordonnateur national du renseignement et de la lutte contre le terrorisme, Laurent Nunez, dimanche dernier sur Europe 1 lors du « Grand Rendez-vous ». « Je n’ai pas le chiffre exact […] on affinera évidemment tout ça, mais c’est de cet ordre-là. En tout cas, on n’est pas sur 250, je peux vous l’assurer », a-t-il précisé. Chaque année, plusieurs dizaines de détenus condamnés pour terrorisme sortent de prison.

L’ex-ministre de la Justice Nicole Belloubet avait déjà annoncé en février dernier la libération d’une soixantaine de djihadistes en 2021, au moment de l’annonce des 43 prisonniers libérés pour 2020. Pourtant, en novembre 2020, ce sont 63 détenus qui avaient déjà été relâchés et une vingtaine attendait leur ticket de sortie avant la fin de l’année. À la même période, 505 personnes étaient détenues pour des faits de terrorisme en lien avec l’islamisme en France : 273 ont été condamnées définitivement et 232 sont mises en examen ou en attente de leur procès. Sans compter les 900 détenus de droit commun dont la radicalisation s’est révélée en prison. Les prévisions pour les années à venir s’élèvent quant à elles à une cinquantaine de libérations pour 2022, et une trentaine pour 2023.

Un suivi insuffisant

Laurent Nunez garantit que ces individus font l’objet « d’une surveillance extrêmement étroite », principalement par la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), et d’un suivi notamment au travers de l’application de la loi anti-terrorisme qui a été voulue par le président de la République en octobre 2017 et votée par le parlement.

Grâce à cette loi, « nous astreignons un grand nombre de ces personnes à des obligations administratives, de pointage, d’interdiction de se déplacer en dehors de certains périmètres », affirme Laurent Nunez. Il s’agirait d’un suivi « extrêmement exhaustif ». Une mesure individuelle de contrôle administratif et de surveillance (appelée MICAS) peut être prononcée par le préfet à l’encontre des personnes dont « le comportement constitue une menace d’une particulière gravité pour la sécurité et l’ordre publics »(interdictions et obligation citées plus haut par Laurent Nunez). Un problème se pose néanmoins. Malgré les affirmations de Laurent Nunez, ce dispositif ne peut être imposé que six mois seulement, et est renouvelable une seule fois. Tout en sachant qu’en sus, tous les détenus libérés ne sont pas contraints par cette surveillance.

Une décision irresponsable

Face à cette annonce dans ce contexte de menace terroriste constante, certains s’y trouvent totalement hostiles au sein de l’opposition. Chez les Républicains et au Rassemblement national notamment, c’est l’incompréhension. Louis Aliot, maire RN de Perpignan, se dit « inquiet parce qu’on n’est déjà pas capable de suivre tous les radicalisés qui se promènent un peu partout dans les rues, et on se donne du travail en plus ». La police déjà surchargée de travail, manque de moyens au quotidien, pour la surveillance et les services pénitenciers. « Toute la chaîne de la machine judiciaire manque cruellement de moyens », insiste Sébastien Chenu, porte-parole du RN. « Au lieu de mobiliser des policiers pour surveiller des pseudos terroristes qu’on remet en liberté, mobilisons-les pour surveiller ceux qui ne sont pas encore incarcérés », ajoute-t-il. Pour eux, une seule solution : expulser les étrangers, déchoir les binationaux de la nationalité française et in fine, les expulser.

Eric Ciotti, député Les Républicain, dénonce de son côté la « naïveté aussi constante que consternante » du gouvernement. Il pointe du doigt notamment les mesures de suivi, jugées totalement insuffisantes. « Comment oser se contenter d’un tel dispositif alors que 270 Français sont morts du terrorisme islamiste depuis 2012 ?, s’insurge-t-il. Imagine-t-on une déradicalisation en six mois ? Pense-t-on voir le loup se transformer en agneau par magie avec le temps ? »

La crainte de la récidive

« Et si demain, il devait y avoir un passage à l’acte de ces gens qu’on libère, il faudra aller chercher la responsabilité chez les gens qui se sont permis aujourd’hui de les libérer », prévient Louis Aliot. Quand les détenus sont libérés, tous ne font pas l’objet d’un suivi. Certains sont relâchés dans la société sans aucun contrôle alors qu’ils ont été condamnés pour faits de terrorisme. Cependant, même dans le cas où la personne reste sous contrôle, rien n’empêche qu’elle commette un attentat.

On se rappelle notamment l’attaque terroriste du 26 juillet 2016 à Saint-Etienne-du-Rouvray. Adel Kermiche, fiché S, venait de sortir de prison après dix mois de réclusion pour avoir tenté de rejoindre la Syrie. Il était assigné à résidence sous bracelet électronique en attendant son procès. Visiblement surveillé, cela ne l’avait pas empêché avec un autre islamiste de s’introduire dans l’église et d’égorger le père Hamel. 

« On est dans un domaine où le risque de récidive est très élevé. Il ne faut pas se leurrer. Je comparerais cela à des criminels en série, ou des violeurs en série […] C’est encore plus vrai quand il y a une idéologie qui existe toujours », estimait d’ailleurs en 2019 Marc Trévidic, l’ancien juge anti-terroriste.

Le gouvernement ne semble pas prendre conscience des erreurs du passé. « On voit venir l’iceberg et on ne réagit pas à la hauteur de ce qu’on devrait », résume Sébastien Chenu.

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