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Qui sont ces Français qui vivent à l’étranger?

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INFOGRAPHIE – Aujourd’hui près de 2 millions, ils sont de plus en plus nombreux à s’expatrier, souvent pour des raisons professionnelles. Le taux d’émigration des Français demeure néanmoins parmi les plus faibles de l’OCDE.

Par Marie Visot. LE FIGARO 15 janvier 2021

Attirés par des horizons plus ou moins lointains, près de 2 millions de Français sont aujourd’hui installés à l’étranger. Des compatriotes toujours plus nombreux à être tentés par l’expatriation, cet effectif ayant augmenté de 52 % au cours des vingt dernières années et ayant presque doublé (+89%) en quarante ans. Qui sont-ils, ces citoyens qui n’hésitent pas à franchir les frontières? Dans une étude publiée cette semaine, le Trésor, en collaboration avec l’OCDE, dresse leur portrait.

Leur étude montre tout d’abord que l’émigration française se fait pour 85 % vers d’autres pays de l’OCDE. Classiquement, la moitié des départs se font dans l’Union européenne, l’Allemagne, le Royaume-Uni, l’Espagne et la Belgique représentant chacun environ 10 % des départs en 2018. Viennent ensuite le Canada et le Japon, comptant pour environ 5 % des départs de Français cette année-là, et les États-Unis, pour près de 4 %. Les derniers chiffres disponibles faisaient état de 200.000 personnes installées dans la patrie américaine, en en faisant la première terre d’accueil des Français. En moyenne, les expatriés disent vouloir vivre sept ans à l’étranger, mais souvent, «ils y sont toujours au bout de vingt ans…», selon une enquête OpinionWay publiée en juillet dernier.

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«Dans un contexte d’internationalisation et d’interdépendance croissante des économies», l’attrait pour l’expatriation n’est «pas surprenant», souligne le Trésor. Tout en précisant que les taux d’émigration observés pour la France demeurent parmi les plus faibles de l’OCDE. Quelque 2,7 % des personnes nées en France résidaient dans un autre pays en 2017. Même si ce taux augmente depuis vingt ans – il était de 2,2 % en 2001 -, il est inférieur de deux points au taux d’émigrés allemand, il est deux fois plus faible que celui du Royaume-Uni ou de la Suisse et jusqu’à six fois plus bas que les taux d’émigration du Portugal ou de l’Irlande. «Ce résultat peut dénoter une moindre fuite des cerveaux depuis la France. Cependant, compte tenu de l’importance des motifs professionnels dans les projets individuels d’expatriation, il peut aussi refléter une moindre insertion des jeunes diplômés français dans le marché mondial du travail et une mobilité internationale réduite des salariés français d’entreprises multinationales», avancent les auteurs de l’étude.

Ce sont les Français les plus éduqués qui franchissent le plus les frontières : 6 % des personnes nées en France et diplômées du supérieur résidaient en 2016 dans un autre pays de l’OCDE 

De fait, une enquête réalisée en février 2020 par la Banque Transatlantique auprès de plusieurs milliers de Français vivant à l’étranger montre que le choix de partir est essentiellement motivé par des raisons de carrière. Outre la famille et l’envie de découvrir une nouvelle culture, trois motifs professionnels sont cités pour expliquer un désir d’expatriation: l’opportunité de travail, le souhait de progresser professionnellement et/ou socialement, et l’envie de bénéficier d’une rémunération plus élevée.

Ambition et éducation

Ce sont les Français les plus éduqués qui franchissent le plus les frontières: 6 % des personnes nées en France et diplômées du supérieur résidaient en 2016 dans un autre pays de l’OCDE – essentiellement aux États-Unis, au Canada ou au Royaume-Uni -, contre 2 % pour les personnes les moins éduquées.

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De l’ambition professionnelle et de bons diplômes: les conditions favorables sont souvent réunies. Et les expatriés français sont, du coup, plus nombreux à être bien installés dans un job que les autres: leur taux d’emploi est de 72 %, contre 64 % pour les natifs restés en France. L’emploi, quant à lui, est de bon niveau: 40 % des Français installés au Canada ou en Allemagne, et 35 % de ceux qui vivent au Royaume-Uni par exemple, ont une profession intellectuelle ou scientifique. «Par comparaison, parmi les personnes nées en France et n’ayant pas émigré, cette proportion est de 17 %.» Et d’ajouter que «les émigrés diplômés du supérieur sont en général moins touchés par le déclassement professionnel […]. Alors que près d’un quart des diplômés du supérieur nés et vivant en France occupent un emploi moyennement ou peu qualifié, cette proportion est plus faible dans plusieurs des principaux pays de destination».

Les choix des étudiants d’aujourd’hui sont regardés de près, car ils peuvent donner une idée des « tendances futures de l’émigration » 

Près des trois quarts des adultes expatriés sont âgés de 25 à 64 ans. Les plus jeunes et les seniors sont, eux, sous-représentés à l’étranger. À quelques exceptions près: on trouve beaucoup de jeunes Français en Irlande, au Royaume-Uni et au Japon.

À l’image de l’émigration française en général, le nombre d’étudiants français en mobilité internationale a progressé au cours des dernières années: ils sont aujourd’hui 90.000 à avoir eu l’envie d’étudier en dehors des frontières, alors qu’ils n’étaient que de 75.000 en 2013. Le choix de leur pays d’études n’est pas anodin: ils peuvent «devenir des pays d’accueil pérennes», souligne l’étude.

Tendances futures

Les choix des étudiants d’aujourd’hui sont ainsi regardés de près, car ils peuvent donner une idée des «tendances futures de l’émigration». En 2017, les dix principaux pays de destination des étudiantes et étudiants français étaient le Canada (15.900 étudiants), le Royaume-Uni (13.100), la Belgique (10.600), et la Suisse (10.200), suivis par l’Allemagne, l’Espagne, les États-Unis, les Pays-Bas, l’Italie et l’Australie.

Reste l’incertitude liée au contexte de la pandémie de Covid-19… «Les perspectives d’émigration des Français et leurs choix de destination sont susceptibles d’être profondément altérés, au moins à court terme, disent le Trésor et l’OCDE, par les conditions sanitaires ou les restrictions de voyage. À moyen terme, conclut l’étude, nombre d’émigrés français verront leur situation économique se détériorer et devront peut-être réviser leurs choix de pays de résidence».

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