MEMORABILIA

Affaire Duhamel classée sans suite en 2011 : les explications de François Molins

En 2011, une enquête préliminaire avait été ouverte par le parquet de Paris après la déposition de Victor* Kouchner à la police. Une enquête vite refermée.

LE POINT 19 janvier 2021.

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 Des actes d’enquête autour de la mort de Marie-France Pisier (retrouvée inanimée au fond de sa piscine) ont déjà été effectués quand François Molinsprend ses fonctions de procureur de la République de Paris, le 18 novembre 2011. À l’époque, le parquet de Toulon, qui a ouvert une procédure en recherche des causes de la mort de l’actrice à Saint-Cyr-sur-Mer (Var), a en effet demandé à ses homologues parisiens d’entendre plusieurs personnes de l’entourage familial.

Parmi les faits qui tourmentent la comédienne depuis plusieurs années, au point de suivre une thérapie, figure le suicide de ses deux parents à deux ans d’intervalle. Mais les enquêteurs varois apprennent également, à l’occasion de leurs investigations, que son neveu Victor* Kouchner, fils d’Évelyne Pisier et de Bernard Kouchner, accuse Olivier Duhamel, le nouveau mari de sa sœur, d’agressions sexuelles. Marie-France Pisier ne supporte pas le silence imposé par sa sœur autour de cette histoire et son chantage au suicide si jamais l’entourage venait à parler.

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Prescription

C’est la brigade de protection des mineurs qui est chargée d’entendre la victime, le 23 novembre 2011. La déposition de Victor* Kouchner confirme les éléments retrouvés par les gendarmes toulonnais dans la correspondance entre les deux sœurs. Le parquet de Paris décide donc d’ouvrir une procédure incidente pour agression sexuelle sur mineur. Les faits étant prescrits depuis 2003, l’enquête est cependant rapidement clôturée.

« Elle a été classée sans suite quelques jours après mon arrivée, et sans, à l’époque, que cette affaire ne me soit signalée », assure aujourd’hui François Molins. Une affirmation étonnante. En règle générale, malgré l’opacité qui entoure le fonctionnement des parquets, un procureur nouvellement nommé est informé des affaires en cours, notamment les plus sensibles. Comprendre : les dossiers susceptibles d’être médiatisés ou de toucher au pouvoir. De même qu’une fois en fonction, le procureur et ses adjoints sont mis au courant, chaque matin, des faits intervenus la veille. Les « dossiers signalés » y sont souvent évoqués.

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Nouvelle enquête

Dix ans plus tard, en 2021, le délit est, certes, prescrit, mais Rémy Heitz, l’actuel procureur de la République de Paris, décide tout de même d’ouvrir une enquête préliminaire après la parution du livre de Camille Kouchner (sœur jumelle de Victor), La Familia Grande, aux éditions du Seuil. Le but est notamment de rechercher d’autres victimes potentielles.

L’enquête aurait-elle dû être si vite classée en 2011 ? François Molins, durant tout son mandat à la tête du parquet de Paris, s’est toujours montré partisan de lancer des investigations en matière de délinquance sexuelle en dépit de la prescription.

Un point de vue qu’il avait théorisé en 2018 devant le Sénat : « L’expérience démontre que les victimes ont besoin de cette parole posée. (…) Il arrive que des aveux surviennent alors que les auteurs savaient que les faits étaient prescrits (…) Cela peut contribuer à des phénomènes de restauration des victimes » disait-il.

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La victime ne voulait pas déposer de plainte

Mais en 2011, précise François Molins, aujourd’hui procureur général près la Cour de Cassation, « la victime avait formellement indiqué non seulement qu’elle ne déposait pas de plainte, mais qu’elle voulait qu’aucune suite ne soit réservée à cette affaire ».

* Le prénom a été modifié

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