MEMORABILIA

« Google menace l’Australie de suspendre son moteur de recherche »

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En plein duel sur la rémunération des médias, Google menace l'Australie de suspendre son moteur de recherche
AFP

Gare aux Gafam !……….

Par Magazine Marianne

Publié le 22/01/2021

Google a durci le ton vendredi 22 janvier en menaçant de bloquer son moteur de recherche australien si Canberra ne modifiait pas son projet visant à contraindre le géant californien à rémunérer les médias pour leurs contenus.

C’est une passe d’armes éminemment symbolique qui s’est déroulée ce vendredi 22 janvier dans le Pacifique. Après une première salve de sommation en août dernier, l’Etat Australien est remonté au créneau face au géant d’Internet Google. Canberra devrait en effet finaliser « un code de conduite contraignant » destiné à gouverner les relations entre des médias australiens en grandes difficultés financières, et certains mastodontes du numérique. « C’est l’avenir du paysage médiatique australien qui est en jeu avec ces changements, le projet de loi d’aujourd’hui va attirer l’attention de nombreuses agences de régulation et de nombreux gouvernements dans le monde entier », avait déclaré l’été dernier le ministre des finances australien Josh Frydenberg.

Les plus grands médias australiens ont fait pression pour que ce projet se concrétise. « Il s’agit pour eux d’un tournant décisif  pour mettre fin au parasitisme des entreprises technologiques, » a déclaré vendredi Michael Miller, le président exécutif de News Corp Australia. Ce projet qui a pour objectif – rappelons-le – d’assurer la pérennité de médias indépendants et publics en Australie, prévoit des pénalités conséquentes. Des sanctions pourraient s’élever à 10 millions de dollars australiens (6 millions d’euros environ) par infraction, ou 10 % du chiffre d’affaires local de l’entreprise. Le code visera particulièrement les « fils d’actualité » de Facebook et les recherches de Google. Ces deux entrées permettant aux deux ogres d’Internet de faire des millions d’euros de bénéfice.

GOOGLE VENT DEBOUT CONTRE UN ÉTAT SOUVERAIN… QUI NE SE DÉBINE PAS

Piquée dans son orgueil, la directrice générale de Google Australia, Mel Silva, a avancé que son groupe se verrait le cas échéant dans l’obligation de suspendre ses services de recherche en Australie. Une menace à laquelle le Premier ministre australien Scott Morrison a sèchement répondu. «  C’est l’Australie qui fait les règles quant à ce qui peut être fait en Australie. C’est notre Parlement qui en décide, a-t-il déclaré. Les gens qui sont prêts à travailler dans ce cadre sont les bienvenus. Mais nous ne plions pas devant les menaces. » https://6327c28c6dea0bba293794bc6d51663f.safeframe.googlesyndication.com/safeframe/1-0-37/html/container.html

Il faut dire que depuis les premières anicroches de l’été, l’initiative « aussie » a été suivie de près à travers le monde à un moment où les médias souffrent dans une économie numérique où les revenus publicitaires sont de plus en plus captés par Facebook, Google et d’autres grandes firmes de la tech. La crise des médias a été aggravée par l’effondrement économique provoqué par le coronavirus. En Australie des dizaines de journaux ont été fermés et des centaines de journalistes licenciés. Le projet de code prévoit que Google et Facebook rémunèrent les médias australiens, qu’il s’agisse du groupe public ABC ou des titres privés.

D’AUTRES BATAILLES DANS LE MONDE…

Pris de court devant la fermeté du gouvernement australien, Mme Silva a assuré que Google souhaitait soutenir les médias, et suggéré des modifications au projet de code qui doit entrer en vigueur cette année. « Il y a un chemin clair vers l’élaboration d’un code juste avec lequel on peut travailler, si on y apporte simplement de légers amendements » a-t-elle dit. C’est aussi la première fois que le groupe menace de bloquer son moteur de recherche. .

L’Australie n’est pas le seul marché où Google est en conflit avec la presse. Mais à la différence d’autres pays qui prennent le problème sous l’angle du droit d’auteur, elle s’appuie sur les règles de la concurrence.

Ainsi jeudi, le groupe californien a annoncé la conclusion d’un accord-cadre qui ouvre la voie à la rémunération des quotidiens français au titre du « droit voisin », ce nouveau droit similaire au droit d’auteur instauré par une directive européenne il y a deux ans. Reste à savoir  combien cette manne représente exactement pour la presse française, les données financières de l’accord restant confidentielles… Il faudra aussi espérer que Google  respecte cette fois-ci la notion de « droit voisin »‘. Quand celui-ci avait été institué en 2018, le géant du net avait unilatéralement décidé de moins bien référencer les journaux qui refuseraient de le laisser continuer à exploiter gratuitement leurs contenus. La presse française avait obtempéré mais en saisissant aussitôt l’Autorité de la concurrence, qui avait ordonné en avril 2020 à l’ogre numérique de négocier « de bonne foi » avec les éditeurs. Pas sûr que les Australiens aient envie de miser sur «  la bonne foi » de Google pour continuer de mener la bataille fondamentale de la démocratie et de la presse. On peut les comprendre…

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