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Délinquence dans les campagnes: l’installation durable du crime dans notre pays n’est pas inéluctable

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FRONT POPULAIRE. 26 janvier 2021

OPINION. Alors que la crise sanitaire vampirise les médias, d’autres sujets passent ostensiblement à la trappe. C’est ainsi que l’information relative à la délinquance qui gangrène désormais nos campagnes est passée quasiment inaperçue.

L’installation durable du crime dans notre pays n’est pas inéluctable

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Alors que la crise sanitaire liée à la Covid 19 occupe largement les « unes » de nos médias nationaux, d’autres sujets passent ostensiblement à la trappe. C’est ainsi que les déclarations relatives à la délinquance qui gangrène désormais nos campagnes, révélées il y a quelques jours dans un grand quotidien national par Pierre-Marie Sève, délégué général de l’Institut pour la Justice – une association qui se mobilise aux côtés des victimes -, sont passées quasiment inaperçus.

S’appuyant sur les chiffres du ministère de l’Intérieur, chiffres que l’on sait pourtant « filtrés » afin d’être rendus présentables, Pierre-Marie Sève n’hésite pas à déclarer que « l’arrivée de la criminalité de masse en milieu rural fait désormais basculer la France dans une délinquance endémique », c’est à dire durable, généralisée et incurable.

De fait, la délinquance, après avoir envahi nos villes depuis le début des années 1970, s’empare maintenant de nos bourgs et de nos villages. Avec plus 8 % de hausse des violences toutes catégories confondues, le milieu rural se révèle tel qu’il est en train de devenir, un espace où la sécurité échappe peu à peu à tout contrôle. Et les augmentations dans certains départements sont particulièrement spectaculaires. Il en est ainsi en Ille-et-Vilaine où les violences progressent de 20 %. Ou encore en Gironde où leur progression est de l’ordre de 15 %.

Corrélativement, les professionnels observent dans notre pays une baisse généralisée des atteintes aux biens mais une hausse toute aussi généralisée des atteintes aux personnes. Ainsi, entre le milieu des années 80 et les années 2000, les condamnations pour vols et recels ont baissé de 33 %, alors que celles pour coups et blessures volontaires ont augmenté de 37 %. Bien plus, ces mêmes condamnations pour violences sexuelles (toutes catégories confondues) ont progressé de 84% !

Les efforts des forces de l’ordre se sont donc tournés vers la lutte contre les violences. Il est vrai que les éléments permettant d’identifier les coupables sont en général plus faciles à rassembler. En effet, des liens entre les protagonistes sont souvent avérés et permettent ainsi une répression plus efficace. Par ailleurs, la justice est plus encline à poursuivre ce genre d’infractions plutôt que celles dont on sait qu’elles ne déboucheront que sur des sanctions dérisoires.

Cette installation durable de la criminalité en France, procède également de la disparition progressive des commissariats et des brigades de gendarmerie du coeur de nos campagnes. Pour renforcer les zones urbaines et périurbaines, nos gouvernements successifs qui, parallèlement, diminuaient le nombre des policiers et des gendarmes, ont démuni toute une partie du territoire le livrant de ce fait à des délinquants qui ont vite compris tous les bénéfices qu’ils pouvaient en retirer.

La reconquête sécuritaire de notre territoire national nécessite par conséquent aujourd’hui un traitement de choc. Ce traitement doit passer par la réinstallation, là où c’est nécessaire, de policiers et de gendarmes. Cela passe également par le retour à des sanctions dissuasives et la réhabilitation de la peine de prison comme sanction centrale de notre système pénal. Il est en effet intolérable qu’un individu puisse comparaître des dizaines de fois devant un juge sans jamais passer par la case prison. Il faut également favoriser l’implication des polices municipales dans la lutte contre l’insécurité. Enfin, les modes de coordination et de coopération entre les différentes composantes de la sécurité intérieure doivent évoluer pour être adaptés à ces nouveaux enjeux sécuritaires. Sans ces mesures d’urgence, ce ne sont pas quelques dizaines de quartiers qui échapperont aux lois de la république mais bien le pays tout entier.

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