MEMORABILIA

Présidentielle 2022, l’éternité plus un jour

Par  Catherine Nay.

Publié le 30/01/2021 VALEURS ACTUELLES

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Elle est bien loin des préoccupations des Français, cette présidentielle de 2022, et pourtant si proche dans le temps. On se sent tous perdus…

Reconfinement imminent, titrait à la une le JDD, histoire de nous faire passer un bon dimanche. Mais le coup de massue nous a été asséné le soir sur BFM TV par le président du Conseil scientifique, le Pr Delfraissy : le Sars-CoV-2 est « un virus diabolique » et « intelligent ». À l’en croire, la dangerosité des variants mutants britannique, sud-africain et brésilien annoncerait une deuxième pandémie bien plus grave. Et pour faire bon poids, les variants sud-africain et brésilien seraient susceptibles de provoquer une diminution de l’efficacité des vaccins d’environ 40 %. Énoncer cela au moment où les Français n’ont plus qu’une idée en tête : aller se faire vacciner et vite… On était tous K.-O. Et le reconfinement ? « C’est une décision politique », a répondu le professeur, sur un ton dégagé, façon de mettre Emmanuel Macron au pied du mur. Nous y sommes. En ces temps où le mal rôde, nous imposant des restrictions qui vont s’amplifier, et hélas durer, c’est peu dire que les Français font l’impasse sur l’élection présidentielle. Elle aura lieu dans quinze mois. L’éternité plus un jour. Rien ne nous dit que la pandémie ne sera plus qu’un mauvais souvenir.

Mais ainsi va la démocratie. Il est normal que de nombreuses personnalités, encore circonspectes ou déjà résolues, réfléchissent à faire don de leur personne à la France. À droite, Xavier Bertrand s’est affiché le premier, illustrant la maxime énoncée par Nicolas Sarkozy : la France se donne à celui qui la désire le plus. À gauche, Jean-Luc Mélenchon va risquer une troisième tentative. « Jamais je ne me suis senti aussi prêt à gouverner que maintenant », vient-il de déclarer, espérant ainsi alimenter notre crédulité, voire susciter notre gourmandise.

Sur les rangs, sans le dire ou en le disant, citons pêle-mêle : Arnaud Montebourg, Anne Hidalgo, Christiane Taubira (pas découragée de n’avoir recueilli que 2,3 % des suffrages à la présidentielle de 2002, assurant ainsi et la chute de Jospin et l’ascension de Jean-Marie Le Pen), François Hollande, caché derrière les rideaux, l’écologiste Yannick Jadot, Valérie Pécresse, Bruno Retailleau. Tout ce beau monde plaidant vouloir éviter au pays une réédition du face-à-face Emmanuel Macron-Marine Le Pen. Une enquête de l’institut Harris Interactive, publiée lundi par l’Opinion, indique qu’aucun de ces candidats-là ne troublera l’inévitable duel. La candidate du Rassemblement national se qualifierait pour le second tour en ayant obtenu au premier entre 26 et 27 % des voix : 5 à 6 points de mieux qu’en 2017. Emmanuel Macron arriverait, lui, en deuxième position avec un score de premier tour égal à celui de 2017 : 24 %.

Le RN est un parti hyperendetté, au bord de la ruine

Mais faut-il croire aux sondages ? En réalité, Marine Le Pen ne s’est jamais remise de sa contre-performance pathétique à la télévision. Aujourd’hui, le RN est un parti hyperendetté, au bord de la ruine. Les militants l’ont déserté, ils sont moins de 20 000. Il n’a plus de projet. Il a renoncé à enterrer l’euro, à prêcher le Frexit et ne parle plus qu’à demi-mot de la retraite à 60 ans. Ne lui reste plus que ses marqueurs d’origine, héritage de Jean-Marie, le père : l’insécurité et l’immigration. Aujourd’hui dédiabolisé, le RN se tient aux marges de la contestation, avec un pied dans le système et l’autre en dehors, ce qui suffi t à sa candidate pour faire bonne figure.

La popularité d’Emmanuel Macron a progressé de 2 points pour s’établir à 40 %, score très honorable. Atteint lui-même par la Covid, il en est aussi protégé. Ces événements tragiques nous dépassant tous, on ne saurait lui reprocher d’avoir beaucoup tâtonné. Personne ne ferait mieux que lui, pense-t-on. Il subit, il est aux manettes. La peur est là, la confiance devient presque obligatoire. Tout de même, la non-maîtrise de la communication gouvernementale accentue la panique.

La palme revient à Olivier Véran que personne n’envie ni ne plaint. Mais annoncer que 40 millions de Français seront vaccinés d’ici à juillet le matin, pour déclarer, le soir, qu’ils seront 70 millions fin août… ! On songe au jeu télévisé le Juste Prix.

Tout ça pour dire qu’on se sent tous perdus. Alors, l’élection présidentielle… On verra. C’est seulement quand la mer s’est retirée que l’on découvre qui nageait sans maillot.

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