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Vaccins: le piège de la pénurie se referme sur l’exécutif

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DÉCRYPTAGE – À la différence des autres polémiques, l’exécutif peut toutefois se défausser sur les industriels.

Par François-Xavier Bourmaud Publié le 29/01/2021 LE FIGARO

Emmanuel Macron. STEPHANE MAHE/AFP

Le sapeur Camember creusait un trou pour en boucher un autre ; le gouvernement n’arrive pas à éteindre une polémique sans en allumer une autre. Après le manque de masques, les doutes sur l’application Tousanticovid, le retard sur les tests, la lenteur de la campagne de vaccination, les hésitations sur un troisième confinement, voici venue la polémique sur la pénurie de vaccins. Et comme à chaque fois, l’exécutif se retrouve sur la défensive, attaqué par ses opposants.

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«Je crois qu’aujourd’hui il faut que le gouvernement nous dise la vérité: on manque de vaccins», s’était agacé la semaine dernière la maire de Lille, Martine Aubry, dans le prolongement des craintes exprimées au début de l’année par les présidents des régions Hauts-de-France et Grand Est, Xavier Bertrand et Jean Rottner. Vendredi, Ségolène Royal a pris le relais. «Voilà à quoi cela mène de négocier en secret. Et la commission santé du Parlement européen, elle sert à quoi? Et le commissaire français à l’Industrie, il n’a pas regardé le dossier?» s’est-elle agacée.

Sur ce nouveau front, Olivier Véran a une nouvelle fois tenté de rassurer. «Il n’y a pas d’annulation, il y a pu avoir des primo-injections qui ont été reportées de quelques jours», s’est défendu le ministre de la Santé vendredi à l’issue d’une rencontre avec les personnels soignants de l’hôpital Avicenne de Bobigny.

Situation paradoxale

Cause des retards selon lui: «des diminutions de l’arrivage de vaccins par rapport à ce qui nous avait été promis» et «la multiplication des centres de vaccination». À la différence des autres polémiques, l’exécutif peut cette fois se défausser sur les industriels et renvoyer à Bruxelles la responsabilité de leur mettre la pression. Il y dispose d’un relais puisque c’est la ministre de l’Industrie Agnès Pannier-Runacher que la Commission a missionnée pour négocier avec les laboratoires pharmaceutiques, dont AstraZeneca. «Tout cela va s’arrêter, cela va rentrer dans l’ordre», a promis Olivier Véran. Peut-être. Mais pour l’exécutif, ces retards de livraison sont porteurs de nouvelles polémiques.

La sortie de la crise sanitaire étant indexée sur la rapidité de la campagne de vaccination, tout retard dans les livraisons se traduira dans les mois qui viennent par le prolongement des mesures de restrictions, l’aggravation de la situation économique et, au final, la détérioration du climat social. Autant de foyers polémiques en puissance pour le gouvernement. Or en ligne de mire de la crise sanitaire, la présidentielle arrive à grands pas. Et avec elle la tentation pour certains de sanctionner l’exécutif si la gestion de l’épidémie devait se poursuivre au rythme d’une polémique par mois. Pour le président, c’est le risque.

Dans l’épisode de la pénurie de vaccins, sa situation est paradoxale. L’avenir d’Emmanuel Macron se trouve suspendu à la capacité de l’Europe à organiser la production. Une opportunité aussi. En cas de succès, preuve aura été faite que l’Europe est le bon échelon pour affronter ce type d’épidémie. Mais en cas de succès seulement. Et rapide.

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