MEMORABILIA

Vaccins: «Vae victis!»

L’éditorial du Figaro, par Jacques-Olivier Martin.

Par Jacques-Olivier Martin 2 février 2021

Bien sûr on ne gagne pas à tous les coups en matière de recherche médicale! La probabilité de trouver un traitement performant est même très faible, moins de 0,1 % de taux de succès. Des centaines de projets de vaccin contre le Covid lancés il y a un an dans les pays occidentaux, trois ont reçu une autorisation de mise sur le marché – un exploit, on ne le répétera jamais assez – et une petite poignée devraient être homologués avant l’automne. Derrière, des dizaines d’équipes ont jeté l’éponge ou pris du retard. Il y a les vainqueurs: des labos allemands, américains, britanniques… Et les vaincus: Sanofi, l’Institut Pasteur, la France… La défaite est amère parce que nous sommes le seul grand pays de l’industrie pharmaceutique à ne pas avoir réussi, parce que la patrie de Pasteur a toujours été l’un des champions mondiaux en matière de recherche vaccinale, parce que notre souveraineté est une fois de plus mise à mal.

Décidément, la crise du Covid est sévère pour notre pays. Au printemps, les Français ont découvert à l’épreuve de la réalité ce que valait le prétendu meilleur système de santé au monde. Aujourd’hui, ils doutent de leur recherche. À raison. De quoi souffre-t-elle? Des conséquences du «mal français», ce grand mélange de bureaucratie obèse, arrogante, de dépenses financières incontrôlées et inefficaces et d’une certaine aversion au risque. Ainsi, mal payés, les jeunes chercheurs quittent le pays. Mal financés, les laboratoires publics de recherche déclinent. Effrayés par la complexité et les lourdeurs administratives pour mener des essais cliniques, les labos se détournent de la France. Et l’on pourrait ajouter que, trop longtemps abandonnée, l’industrie pharmaceutique nationale s’est affaiblie ou a plié bagage.

La loi sur la recherche qui vient d’être votée va certes dans le bon sens, et les efforts affichés pour ramener la production de médicaments en France également. Mais ne nous méprenons pas, pour sauver la recherche, il faudra aller beaucoup plus loin et surtout nous attaquer – sans vaccin ni traitement de choc – à ce «mal français» qui détruit partout notre nation depuis des décennies. Et après? «La chance ne sourit qu’aux esprits bien préparés…», assurait Louis Pasteur. Alors, haut les cœurs!

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