MEMORABILIA

COVID: « encore un scandale »…..

Le DÉPISTAGE

La vaccination ne sera pas suffisante pour nous sauver : heureusement, un autre développement intéressant arrive (curieusement, pas en France…)

Dans les endroits qui ont mis en place des tests de dépistage Covid-19 réguliers – universités, écoles et autres lieux où tout le monde est testé au moins une fois par semaine – les données des six derniers mois indiquent que le taux d’infection peut être maintenu à moins de 0,5 %.

Jérôme Marty. ATLANTICO, 5 février 2021.

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Atlantico.fr : Une étude américaine montre que dans les endroits qui ont mis en place des tests de dépistage COVID-19 réguliers (universités, écoles et autres lieux où tout le monde est testé au moins une fois par semaine) les données des six derniers mois indiquent que le taux d’infection peut être maintenu à moins de 0,5 %. Alors que la vaccination est au centre de tous les débats, n’a-t-on pas oublié qu’une politique de tests était l’une des clés pour vaincre le virus ?

Jérôme Marty : On a surtout oublié d’utiliser à bon escient les tests depuis le début de la crise. On a oublié que si on voulait être dans une stratégie zéro Covid, il fallait aller chercher le virus là où il était. Au lieu de ça, on attend qu’apparaissent des milliers de cas pour agir mais il est trop tard. A chaque fois, on est obligés d’en arriver au confinement pour éteindre l’incendie.closevolume_off

Pour ne pas avoir cet incendie, il faut éteindre rapidement la moindre brindille qui s’enflamme. Et pour la découvrir, il faut faire des tests réguliers là où on sait que le virus se propage, dans les lieux stratégiques (écoles, entreprises, hôpitaux…) C’est ce qu’on dit depuis mars.

Au même niveau que la vaccination, les tests sont une porte de sortie de la crise. Seule, la vaccination ne suffira pas, surtout au rythme auquel elle va. Une bonne politique de tests aurait pu pallier la lenteur de la campagne vaccinale mais ce n’est pas le cas.

Pour bien tester, nous réclamons l’utilisation de tests salivaires en pooling, c’est-à-dire tester plusieurs personnes avec le même réactif. Si le test revient positif, on teste individuellement toutes les personnes. En répétant ce test tous les jours, on peut détecter le virus dès qu’il pointe sa tête. Ensuite, il ne reste plus qu’à isoler la zone en question pendant sept jours et l’incendie est atteint avant même d’avoir démarré. Cellule par cellule, il faut empêcher la maladie de se développer. En fait, il faut faire la même chose sur un territoire que ce qui se passe dans le corps humain avec un vaccin ARN.

C’est comme ça qu’en Australie, en Nouvelle-Zélande ou à Taïwan ils déclenchent des mesures fortes dès le premier cas détecté. C’est simple à faire mais on ne le fait pas. C’est la même chose avec le backward tracing et la recherche des superspreaders.

Olivier Véran a annoncé lors de la conférence de presse de jeudi le déploiement des tests salivaires dans les écoles et les universités au retour des vacances de février. En quoi le test salivaire peut-il être un bon outil pour dépister régulièrement et massivement ? Quelle politique doit-on mener en termes de tests salivaires ?

Le test salivaire est d’abord non traumatique, ce qui n’est pas le moindre des avantages. Essayez de faire un test RT-PCR en gériatrie à une personne démente ou à un enfant autiste, c’est très compliqué. C’est un test rapide qui peut être répété tous les jours. Avec le test français EasyCov, vous avez le résultat en 40 minutes. Enfin c’est un test qui n’est pas cher (15 euros contre 54 euros pour un RT-PCR) et qui l’est d’autant moins quand on teste plusieurs personnes en même temps en faisant du pooling.

Aujourd’hui les clusters sont dans les hôpitaux, les cliniques et les Ehpad. Le virus arrive par les soignants. Mais ils ne peuvent pas le savoir car ils ne sont pas testés assez souvent et sont souvent asymptomatiques. Avec un test salivaire réalisé chaque jour, vous trouvez rapidement d’où vient la contamination et vous la coupez net.

Quand le test salivaire sera démocratisé et moins cher, on pourra passer à l’auto-test. Avant d’aller dans un lieu recevant du public, par exemple un match, on pourrait se tester et montrer le résultat négatif avant d’entrer. Le 14 octobre, Emmanuel Macron avait parlé des auto-tests lors de son interview télévisée. Depuis, plus rien. 

La Haute Autorité de santé (HAS) a ouvert la porte il y a quelques jours à la diffusion des tests salivaires. Pourquoi avoir mis autant de temps ?

L’utilisation des tests salivaires est ralentie depuis des mois par la Haute autorité de santé, la même qui avait mis plusieurs semaines avant de permettre aux laboratoires départementaux d’analyse de réaliser des tests RT-PCR.

EasyCov est commercialisé depuis fin juin et reconnu comme conforme aux normes européennes. La France a octroyé une autorisation en septembre mais sans que ce soit remboursé par l’assurance maladie et uniquement sur des patients symptomatiques. Ce qui signifie qu’on ne peut pas faire de pooling. Le 27 novembre, la HAS a donné un avis favorable au remboursement des tests mais en le réservant aux patients symptomatiques pour lesquels le prélèvement nasopharyngé est impossible. Le 5 janvier, les tests EasyCov sont remboursés par la sécurité sociale mais si le test est positif, il faut le confirmer avec un test RT-PCR derrière. Et enfin, il y a quelques jours, la HAS a autorisé les tests salivaires sans obligation de test RT-PCR derrière mais pour qu’ils soient remboursés, il faut qu’ils soient pratiqués par un biologiste. Donc on ne peut pas les faire en entreprise par exemple, ce qui serait très efficace. L’utilisation reste trop restreinte.

Cette HAS qui depuis le début traîne des pieds en disant que ces tests manquent de spécificité a donc accordé de plus en plus de possibilités d’utilisation au fil des mois. Est-ce que ce test s’est amélioré au fil du temps, ce qui justifierait la réaction graduelle de la HAS ? La réponse est non. C’est le même test depuis le début. Cela signifie donc que de décision en décision, la HAS se dédit elle-même.

Pourquoi cette réticence de la part de la HAS ?

Parce que le test salivaire ne rentre pas dans ses cases. Et comme il manque la case, on ne le met pas sur le marché. Ce test est spécifique à 92% alors qu’il faudrait l’être à 99%, selon la HAS qui le compare avec le RT-PCR en mélangeant les torchons et les serviettes. Mais la HAS oublie que le test salivaire doit être fait de façon répétitive et que cette forte répétition permet de contrebalancer sa moindre spécificité.

C’est le prochain scandale. Il faut garder à l’esprit que ces tests auraient pu empêcher des milliers de morts si on les avait mis en œuvre il y a cinq ou six mois.

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