MEMORABILIA

Maison squattée à Toulouse : vague de soutien à Roland, 88 ans, face aux intrus d’ultra-gauche…

Une affaire exemplaire du monde surréaliste dans lequel certaines idéologies nous font vivre avec la complicité de fait d’un système de lois trop laxistes…Artofus.

Par  Nicolas Boutin Publié le 10/02/2021 VALEURS ACTUELLES

A Toulouse, la maison d’un octogénaire est occupée illégalement depuis des mois. Un élan de soutien s’est créé autour de son propriétaire retraité, confronté à une poignée de militants radicaux. Reportage.

Mardi matin, ils étaient plusieurs Toulousains à s’être donné rendez-vous devant le 83 avenue de Fronton, une grande artère du nord de la ville. Cette adresse défraye la chronique depuis dimanche et fait parler d’elle devant les tribunaux depuis septembre 2020. La maison, appartenant à un certain Roland, 88 ans et journaliste retraité, est squattée illégalement par sept à huit personnes.

Pas d’expulsion pendant la trêve hivernale

Roland vit principalement dans un appartement du Tarn mais détient cette maison depuis plusieurs décennies. Même si elle est devenue sa résidence secondaire, le bien était resté en bon état, entretenu et même les lits étaient faits à l’intérieur. D’ailleurs, une aide de vie passait tous les deux jours pour récupérer le courrier. Jusqu’à ce 26 septembre, où elle n’arrive plus à ouvrir la porte. Des occupants ont profité de son absence pour s’introduire dans le logement et changer les serrures.

Une fois les 48 heures légales passées, ils sont donc chez eux, jusqu’à ce que le tribunal ordonne l’évacuation. Mais lorsque le jugement tombe, c’est la douche froide pour Roland et ses proches. Aucune expulsion n’aura lieu à cause de la trêve hivernale. Une période prolongée jusqu’au 1er juin, à cause de la Covid-19. Problème : Roland a besoin de retrouver son bien pour le mettre en vente et lui permettre de se payer une chambre dans un Ehpad, histoire de pouvoir profiter de ses dernières années auprès de son épouse, Odile.

Une vingtaine de personnes en soutien aux squatteurs

Mais lorsque ces jeunes ou moins jeunes, artisans ou manuels, au profil similaire à ceux que l’on pouvait rencontrer sur les premiers ronds-points occupés par les Gilets jaunes, se sont retrouvé sur leur lieu de rendez-vous, une vingtaine de personnes, cagoulées et sur le pied de guerre, tenaient la garde devant la maison. Une confrontation nouvelle pour ces soutiens de Roland, bien éloignés des milieux politiques, et encore plus radicaux.

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L’un d’eux tente d’aller discuter, défendant le droit du propriétaire à rentrer dans sa maison, la vendre et rejoindre son épouse en Ehpad. Après quelques minutes de conversation, des éléments se montrent davantage agressifs, le ton monte et le quadragénaire est invité à quitter les lieux. Dans le même temps, un autre homme, âgé tout au plus de 30 ans, prend une vidéo avec son smartphone. Il se prendra une bombe de peinture jaune sur son appareil.

Un face à face de plusieurs heures

La situation est électrique quand les forces de l’ordre arrivent en nombre pour séparer les deux camps. La quinzaine de marginaux trouvent refuge dans le jardin de la propriété, cinq autres restent à l’écart sur le trottoir, invectivant la dizaine de personnes venues soutenir l’octogénaire. « Nous sommes là pour apporter notre soutien à Roland, voir ce qu’on peut faire et mettre la pression », confie l’un des fondateurs d’un groupe Facebook discret destiné à organiser une riposte face à cette occupation.

Le face à face est tendu mais les opposants restent à bonne distance. Les quelques passants montrent leur approbation aux défenseurs de Roland. En face, on surveille, on fait le guet, on se cache des objectifs, on se cherche du regard, comme pour intimider. Un dialogue sera entamé plus tard dans la journée, lorsque les caméras et les micros seront arrivés en nombre sur les lieux.

Les quelques échanges permettent d’établir un premier portrait de ces occupants. « C’est de l’ultra-gauche », affirme un policier qui à régulièrement affaire à ce genre d’organisations dans les rues ou les squats de Toulouse. Des anarchistes autonomes, indépendants de tout mouvement politique, qui vivent en réseau, de squat à en squat, taguant les murs du quartier en se soustrayant autant que possible aux lois de l’Etat. On les retrouve régulièrement autour des ZAD, comme à Sivens en 2014, ou dans les manifestations sociales ou de Gilets jaunes. Adeptes du black bloc, ils ont l’habitude de ce genre de confrontation, contrairement aux citoyens lambda venus soutenir Roland.

Une confrontation inévitable ?

« Ils vont défendre leur squat jusqu’au bout », prévient le policier, qui s’attend toutefois à un départ rapide et discret des occupants. « Ils sont trop exposés maintenant, ils n’aiment pas ça », indique-t-il. Pour autant, les justiciers de Roland ne comptent pas relâcher la pression. Ils ont décidé de se donner de nouveau rendez-vous mercredi matin, même lieu, même heure.

Dans les quartiers de Toulouse, la mobilisation s’organise également. Dimanche après-midi, une vingtaine de jeunes a cerné la maison. La police avait déjà dû intervenir. D’autres opérations étaient encore à l’étude ces dernières heures, que ce soit par des bandes venues des quartiers sud ou nord de la ville, soucieuses de vouloir faire respecter le bien d’un « ancien »« Ca ne se fait pas », confie l’un d’eux.

Deux à trois nouveaux cas par semaine à Toulouse

Le cas de Roland et sa médiatisation ne fait qu’accentuer la vague de soutien. Un ancien joueur de rugby du Stade toulousain, Grégory Lamboley, a ouvert une cagnotte Leetchi en faveur du propriétaire bafoué. Mardi soir, près de 250 personnes avaient donné plus de 5 000 euros. Parmi les politiques, le maire de quartier s’est déplacé devant la maison et a fait part de son indignation, tout comme l’édile de la ville, Jean-Luc Moudenc qui, sur Twitter, a rappelé « que trop de petits propriétaires subissent des squats au quotidien ». L’entourage de la ministre du Logement, Emmanuelle Wargon, a même promis « d’examiner toutes les solutions envisageables ».https://platform.twitter.com/embed/Tweet.

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Dans la ville rose, ils sont en effet légion et présents dans presque tous les quartiers. Mardi matin, lors de l’opération de police, les forces de l’ordre sont d’ailleurs tombées par hasard sur un autre squat, situé juste derrière le 83 avenue de Fronton et jusqu’alors inconnu des services. « Nous avons à peu près deux à trois signalements par semaine », précise un policier travaillant sur ces phénomènes. La plupart concerne des bâtiments abandonnés ou de grandes surfaces d’entreprises ou appartenant à la municipalité. « Souvent, c’est pour y loger des migrants », indique le policier. Une excuse utilisée dans un premier temps par les occupants de la maison de Roland, qui finalement auront décidé de rester en petit comité à l’intérieur de cette belle maison.

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