MEMORABILIA

En soutenant aveuglément Joe Biden, la gauche française signe sa propre trahison intellectuelle.

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OPINION. Alors que Donald Trump fait face cette semaine à son deuxième procès en destitution suite à la prise du Capitole, Roland Hureaux revient sur la stérile et manichéenne adoration d’une partie de la gauche française pour Joe Biden.

En soutenant aveuglément Joe Biden, la gauche française signe sa propre trahison intellectuelle

Auteur

Roland HUREAUX  Essayiste et historien Publié le 11 février 2021. FRONT POPULAIRE

-Comment peut-on prétendre que la défaite de Trump à l’élection présidentielle américaine est une grande victoire de la gauche, de la démocratie et pourquoi pas du peuple ? C’est pourtant ce qui fait aujourd’hui consensus dans la gauche française.

Comment ne pas voir qu’une telle affirmation est stupéfiante d’absurdité si l’on se réfère aux fondamentaux de la gauche historique : la paix contre la guerre, les petits contre les gros, l’égalité conte l’inégalité, la démocratie contre tout ce qui peut en réduire le champ.

Commençons par quelques rappels de sociologie électorale. Aux Etats-Unis où le phénomène bobo (bourgeoisie bohême, soi-disant libérale) a plus d’ampleur que chez nous, les présidentielles ont montré un vote de classe particulièrement tranché. Sur l’échelle des revenus, la partie supérieure vote Biden, la partie inférieure vote Trump. Les noirs faisaient exception : républicains au temps Lincoln, ils étaient devenus démocrates sous Kennedy, et encore plus sous Obama. Ils ont été sensiblement plus nombreux, cette fois, comme les hispaniques, à voter Trump, cela pour des raisons essentiellement économiques : en bloquant les frontières, Trump a multiplié et revalorisé les emplois peu qualifiés. Personne, dit-on, dans l‘histoire des Etats-Unis n’avait fait autant que lui pour l’emploi des minorités ethniques ! Sur le plan géographique, c’est la même chose : les grandes métropoles (New York, Chicago, Los Angeles, San Francisco) ont voté Biden, et l’Amérique périphérique, souvent pauvre, pour reprendre la formule du géographe du géographe Christophe Guilluy, les petites villes du Middle West, les régions industrielles en déclin, les campagnes, a voté Trump.

Les cinquante plus grosses fortunes des États-Unis dont Bill Gates, George Soros, les patrons des Gafa, Zuckerberg, Dorsey et Bezos en tête ont presque toutes soutenu Biden.

Parlons maintenant guerre et paix. Les imbéciles voient Trump comme un homme de guerre, une réincarnation des dictateurs des années trente. Rappelons qu’il est le premier président américain depuis trente ans à ne pas avoir entrepris de guerre. Un présumé fasciste qui ne fait pas de guerre ! Son prédécesseur démocrate, très engagé auprès de Biden, Obama, prix Nobel de la Paix, en a entrepris quatre dont le bilan cumulé est près d’un million de morts – probablement un record dans l’histoire des États-Unis. Non seulement Trump, malgré ses rodomontades face à l’Iran n’a entrepris aucune guerre mais il en a (presque) terminé deux : Irak et Syrie que les démocrates sont prêts à reprendre ; il a pris des initiatives audacieuses à l’égard de la Corée du Nord et des talibans qui ont contribué à un début de détente avec ces ennemis jurés. S’il ne s’est pas rapproché plus de la Russie, c’est qu’il en a été empêché par les démocrates qui l’ont poursuivi inlassablement au moyen de procédures judiciaires, finalement avortées mais qui ont paralysé sa volonté de détente. Biden promet de durcir encore la politique américaine vis-à-vis de la Russie : jusqu’où ?

Parlons de démocratie : Trump l’aurait menacée. Voilà un dictateur qui a 95 % des médias (qui appartiennent aux milliardaires évoqués plus haut) contre lui. Zuckerberg a bloqué les comptes du président Trump, entièrement privé de moyens d’expression – et à vie ! Le même s’était vanté que ce serait lui, l’homme le plus riche d’Amérique et personne d’autre qui déciderait de qui serait le prochain président. Il est difficile de savoir si leur effet aura été décisif sur le résultat final mais pratiquement personne ne nie aujourd’hui l’existence de fraudes massives et seul le côté démocrate en est accusé. Quoi qu’il en soit, la démocratie occidentale sort très affaiblie de ce scrutin. Et pour couronner le tout, voilà que plusieurs puissances financières, dont une partie de Wall Street, appellent à licencier ou interdire d’embauche tous ceux qui auraient soutenu Trump. Cela n’empêche pas le nouveau président Biden de dire qu’avec lui, les États-Unis défendront plus fermement « le monde libre » : on croit rêver.  Ni le journal Le Monde de saluer son élection comme le « retour de la démocratie » !

Il est clair que la gauche française n’a rien compris de ce qui se passe dans le monde depuis trente ans ; elle n’a pas compris que l’abolition des frontières dont elle a fait son cheval de bataille, était le champ ouvert aux très riches au détriment des plus pauvres que seuls les Etats peuvent protéger – et que quand les écarts deviennent trop importants, la démocratie n’est plus possible. Elle n’a pas compris que c’était elle qui était devenue totalitaire et non les régimes prétendus extrémistes qu’elle dénonce. Pas davantage qu’en ayant abandonné sa dimension sociale, au bénéfice du sociétal, elle n’est plus qu’une immense imposture destinée à tromper les peuples au bénéfice des puissants, que la haine du populisme sur laquelle elle fonde désormais sa légitimité, est en réalité la haine du peuple.

Si les gens de gauche sincères, attachés à la paix, à la démocratie, à une plus juste répartition de richesses, n’opèrent pas une totale révolution intellectuelle, s’ils ne se mettent pas à regarder la réalité telle qu’elle est, ils seront les complices d’une des plus grandes impostures de tous les temps.

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