MEMORABILIA

L’exécutif a rebranché la machine à couacs

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RÉCIT – De l’islamo-gauchisme aux zones sans contrôles d’identité, le gouvernement enchaîne les polémiques.

Par Arthur Berdah et François-Xavier Bourmaud LE FIGARO, 18 février 2021

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La tension baisse un peu sur le front de la crise sanitaire, Emmanuel Macron et son gouvernement remontent au front. Ces dernières semaines, l’exécutif a tenté de profiter de la relative accalmie constatée sur le front épidémique pour essayer de renouer avec le fil du quinquennat. Au prix d’un certain brouhaha.

Plutôt que de se concentrer sur quelques messages clé, les ministres ont en effet saturé l’espace avec une foultitude de sujets. Un jour, l’égalité des chances ; celui d’après la lutte contre les discriminations ; le lendemain, la dénonciation de l’islamo-gauchisme et de l’intersectionnalité à l’université ; puis le vote par anticipation à la présidentielle ; et enfin l’examen de la loi climat… «La fenêtre ouverte pour passer un autre message que le Covid est très étroite», justifie un ministre de premier plan. D’autant que la fin du mandat d’Emmanuel Macron approche à grands pas, asphyxiant le peu d’espace parlementaire restant dans cette législature.

Pourtant, ces sujets à très forte charge politique et symbolique auraient dû permettre à Emmanuel Macron de s’adresser à des publics qui le boudent depuis plusieurs mois. Mais leur atterrissage s’est chaque fois soldé par un cuisant échec, puisque les textes ont été au mieux reportés, au pire ajournés, et dans les deux cas ignorés.

Maladresse reprochée

Cela sans oublier le retour des polémiques. À commencer par celle sur l’islamo-gauchisme lancée par la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Particulièrement discrète depuis le début de la crise sanitaire, incapable de répondre à la détresse étudiante, l’intéressée se serait, selon plusieurs témoins, attiré les foudres du président de la République. Pas tant parce qu’il ne partage pas son point de vue sur le fond. Mais plutôt parce qu’il lui reproche la maladresse de sa démarche sur la forme.

À l’Élysée, on tente tant bien que mal de se tenir à l’écart en renvoyant aux déclarations de Gabriel Attal mercredi à l’issue du Conseil des ministres. Selon le porte-parole du gouvernement, le chef de l’État y a simplement réaffirmé son «attachement absolu à l’indépendance des enseignants-chercheurs», avant d’inviter Frédérique Vidal à se concentrer sur les conséquences de la crise sanitaire dans son secteur.

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Il n’empêche, la polémique ne retombe pas, attisée par Jean-Luc Mélenchon et La France insoumise d’un côté, et Olivier Faure et une partie des socialistes de l’autre. Le patron du PS s’est d’ailleurs attiré l’ire de Manuel Valls après avoir assuré qu’il ne savait «pas ce que veut dire» ce terme d’islamo-gauchisme. «C’est pourtant assez simple: c’est l’alliance directe ou indirecte entre une partie de la gauche (politique, syndicale, médiatique, intellectuelle…) avec l’islam politique ou l’islamisme», lui a expliqué l’ancien premier ministre sur son compte Twitter.

Rebondissement à venir

Loin d’être terminé, cet épisode pourrait connaître un nouveau rebondissement puisque, selon nos informations, Frédérique Vidal tente de se faire inviter sur CNews, pour participer à l’émission d’Éric Zemmour, «Face à l’info», et venir défendre sa proposition d’enquête sur l’islamo-gauchisme à l’université.

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Malgré une intensité plutôt forte, cette polémique sur la perméabilité du monde de la recherche à la mouvance islamo-gauchiste n’en a pas éclipsé une autre. Sur la défenseur des droits, cette fois. Vendredi dernier, sur Franceinfo, Claire Hédon avait proposé d’expérimenter «l’arrêt du contrôle d’identité» dans certaines zones, déplorant une situation «insupportable», notamment chez les jeunes. Dans la foulée, elle s’est attiré une fin de non-recevoir de la part du ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, outré face à cette idée d’instaurer des «zones de non-droit». «Je ne pense pas qu’il doit y avoir en France des endroits où la police n’a pas le droit d’aller, ou n’a pas le droit de contrôler», tranchait le premier flic de France.

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