MEMORABILIA

Le sport, grand oublié de la loi contre le “séparatisme ”

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Roxana Maracineanu, ministre déléguée aux Sports. Photo. © CHRISTOPHE SAIDI/SIPA 

Par  Axel LaniezPublié le 23/02/2021 à 07:00Chapô

Alors que le projet de loi confortant le respect des principes de la République est examiné au Parlement, le domaine sportif est passé à l’as. Des élus de l’opposition dénoncent le manque de mesures fortes de la ministre déléguée aux Sports Roxana Maracineanu.

Transports, éducation, réseaux sociaux, séparatisme culturel et cultuel… La loi contre le « séparatisme » concerne l’ensemble des secteurs susceptibles d’être infiltrés par l’islamisme. Le ministre de l’Éducation nationale Jean-Michel Blanquer a annoncé que le gouvernement élaborait « un cadre qui n’existait pas auparavant ». Le secrétaire d’Etat au numérique Cédric O a estimé qu’il était nécessaire de « réguler les plateformes en ligne ». Même la présidente du RN Marine Le Pen a salué le livre du ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, sur le « séparatisme islamiste ». Mais qu’en est-il du sport, où l’islam radical étend aussi son influence ?

Une ministre aveugle ?

En septembre dernier, la ministre affirmait qu’il n’y avait pas de données objectives pour quantifier le problème. Prétendant le prendre à « bras-le-corps », Roxana Maracineanu estimait même que « le phénomène est basé sur des on-dit ». Des propos qui ont fait suite à la sortie du Livre noir du sport de Patrick Karam et Magalie Lacroze, respectivement vice-président du conseil régional d’ Île-de-France et journaliste. Cet ouvrage dénonce les dérives communautaristes dans le milieu. Les propos de la ministre lui ont valu depuis une remarque de la part de sa collègue au gouvernement, Marlène Schiappa. « Non, je ne crois pas que ce sont des on-dit », a ainsi cru bon de corriger la ministre déléguée en charge de la Citoyenneté en octobre.

Et pour cause. Dans un récent rapport parlementaire, les députés Éric Diard (LR) et Éric Pouillat (LREM) considèrent qu’il existe « des zones d’ombre » concernant la radicalisation. Un rapport qui fait aussi écho à une note du Service central du renseignement territorial (SCRT) de 2015 : « Le recrutement s’exerce principalement, voire uniquement, au sein de la communauté musulmane. Des facilités sont accordées pour prier. La mixité est bannie des bureaux de gestion ou des clubs. Le prosélytisme au profit de l’islam ou en faveur de la Palestine y devient monnaie courante (…) de façon délibérée, certains fidèles musulmans aux pratiques radicales investissent le terrain social et sportif, afin d’exercer au fil du temps une « pression amicale » sur leurs coreligionnaires, et les amener à modifier leur comportement quotidien, voire à adhérer à leur philosophie rigoriste. »

Dans Le livre noir du sport de Magalie Lacroze et Patrick Karam, ce dernier rapportait encore que 12,5 % des individus fichés pour radicalisation à caractère terroriste étaient membres d’une association ou club sportif. Un phénomène inquiétant et bien réel contre lequel la ministre déléguée aux Sports ne semble prendre aucune mesure concrète. En 2019, alors que l’entreprise Décathlon prévoyait de commercialiser un « hidjab de running », l’ancienne championne de natation refusait de la condamner et appelait même à la « démocratisation du sport (…), tête couverte ou pas ».

Des élus sonnent l’alerte

Dans l’opposition, la droite n’a pas tardé pour monter au créneau face à cette inaction coupable. En première ligne, le vice-président du conseil régional d’Île-de-France, Patrick Karam (Libres!), la sénatrice du Val-d’Oise Jacqueline Eustache-Brinio (LR) et le député des Bouches-du-Rhône Éric Diard (LR) ont condamné, en septembre dernier le « déni flagrant de réalité qui témoigne de l’absence totale de volonté du gouvernement de lutter réellement contre l’influence de l’islam politique en France »

Dans son ouvrage, Patrick Karam cite trois phénomènes liés au séparatisme islamiste : les atteintes aux valeurs de la République, le communautarisme et la radicalisation (prières avant les compétitions, clubs reservés à certaines communautés, dérives sectaires etc.) . Contacté par Valeurs actuelles, le conseiller régional sonne l’alerte. Selon lui, la ministre « ne veut pas voir le phénomène » et « ne veut pas agir ». Et il estime que l’une des sources du problème remonte à déjà plusieurs années. En effet, depuis l’ordonnance du 23 juillet 2015, l’agrément préfectoral n’est plus obligatoire concernant les associations sportives. En l’espèce, l’ouverture des clubs et associations sportives est passée désormais sous la responsabilité des fédérations et non plus des préfectures, dont de l’Etat.

Le problème ? Selon Patrick Karam, ces dernières n’ont pas les « moyens » pour signaler les comportements douteux. Parmi ses solutions, le conseiller régional propose donc l’adoption de mesures concrètes face au phénomène. Il appelle ainsi à remettre en place l’agrément préfectoral, mais surtout à former les acteurs susceptibles de sonner l’alerte, c’est-a-dire les 1 400 agents CTS (conseillers techniques et sportifs), les maires et même les gardiens des gymnases puisqu’ils sont les « yeux et les oreilles » des clubs sportifs. Le sport étant aujourd’hui un facteur majeur de mixité et cohésion sociale, il exhorte à « éradiquer tout ce qui invite les dérives dans le sport ».

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