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Ivan Rioufol: «Le déni en politique, source de la défiance»

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CHRONIQUE – Nier l’islamo-gauchisme, cette amicale de collaborateurs de l’ennemi intérieur, est aussi intellectuellement malhonnête que l’était jadis la contestation de l’existence des goulags en Union soviétique.

Par Ivan Rioufol LE FIGARO 25 février 2021.

Le déni de l’islamo-gauchisme illustre l’enkystement du mensonge en politique. Cette réalité a été dénoncée le 16 février par Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur. «Ça n’existe pas!», ont immédiatement rétorqué Jean-Luc Mélenchon et ceux qui se sont sentis visés. Lui et l’extrême gauche s’étaient pourtant joints à des organisations islamistes, en novembre 2019, pour une «marche contre l’islamophobie». À l’invitation du responsable du Collectif contre l’islamophobie en France, dissous depuis, la foule avait crié: «Allah akbar!» à quelques encablures des anciens locaux de Charlie Hebdo et du Bataclan, lieux tragiques du djihad d’où ces mots avaient été hurlés par les tueurs. Mélenchon pratiquerait-il l’islamo-gauchisme comme M. Jourdain faisait de la prose? L’empressement des dénégationnistes à camoufler un fait dit son existence. La pensée totalitaire est spécialiste de ces grossiers trucages.

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Mme Vidal a demandé, lundi, un «état des lieux sur la recherche». Elle avait préalablement décrit une université «gangrenée» par ce militantisme théologico-politique. Les Sciences sociales sont, en effet, subverties par cette idéologie tiers-mondiste et anti-occidentale, promue par des aides publiques et des cooptations entre enseignants. Mais l’islamo-gauchisme, terme utilisé par votre serviteur depuis des années, s’est répandu au-delà de l’enseignement supérieur. L’appellation, due à l’historien Pierre-André Taguieff, désigne l’alliance entre des mouvements révolutionnaires et l’islam politique, vu comme un nouveau communisme. Ces formations se fédèrent autour du rejet du monde libre, symbolisé par le capitalisme. La haine d’Israël, présentée comme l’oppresseur du peuple palestinien, est l’autre dénominateur de cet assemblage. Le musulman est le damné de la terre. L’islamo-gauchisme est l’arme du choc des civilisations.

Toutefois, l’audace de Mme Vidal s’en tiendra à cette alerte éphémère. «Cette question n’est pas ma priorité ni celle du gouvernement», a-t-elle assuré lundi. Mardi, elle a préféré annoncer aux étudiantes une distribution gratuite de protections périodiques, afin de lutter contre la «précarité menstruelle»… La macronie n’affrontera pas le monde universitaire. Dans Le Monde, plus de 800 enseignants, dénonçant une «chasse aux sorcières , ont demandé la démission du ministre, accusée d’«ânonner le répertoire de l’extrême droite sur un islamo-gauchisme imaginaire».Le gouvernement ne se hasarde que timidement dans l’observation sincère des faits

Le procès en «complotisme» a une nouvelle fois été ouvert. Le professeur de Trappes Didier Lemaire a eu droit au même traitement pour avoir dit récemment: «À Trappes, nous ne sommes plus en France.» Ainsi procède le terrorisme intellectuel, quand il s’agit de protéger des systèmes structurellement liberticides. S’il y a un «maccarthysme» en sciences sociales, c’est contre ceux qui ne veulent pas avaler les sirops du consensus.

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Le gouvernement ne se hasarde que timidement dans l’observation sincère des faits. Aux Mureaux, le 2 octobre 2020, Emmanuel Macron a certes repris les termes de «séparatisme islamiste» et de «contre-société», souvent utilisés ici. Mais le président ne dit jamais rien de l’immigration de masse, qui est à la source des maux qu’il dénonce. Pis: son ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, parle comme le ferait un propagandiste quand il dit, en juillet 2020, être «à mille lieues de faire le lien entre immigration et insécurité», ou quand il déclare le 1er février: «Notre ennemi est idéologique et ne relève pas de l’immigration car les trois quarts des attentats sur notre sol ont été commis par des Français.»Faut-il rappeler que les assassins étaient issus de l’immigration récente? La dissolution annoncée de Génération identitaire, qui milite pour le contrôle strict des frontières, est une autre façon d’enfouir des réalités.

Le courage de la vérité

Plus que jamais, le courage de la vérité s’impose comme la nouvelle éthique. Tous les falsificateurs, qui ont eu recours au bidonnage et à la désinformation, ont été rattrapés par les faits. Nier l’islamo-gauchisme, cette amicale de collaborateurs de l’ennemi intérieur, est aussi intellectuellement malhonnête que l’était jadis la contestation de l’existence des goulags en Union soviétique. Ceux qui, comme l’historien Pascal Blanchard, font un parallèle avec la mise en cause, dans les années 1930, des «judéo-maçonniques» oublient que le nouvel antisémitisme, dissimulé sous l’antisionisme, se débusquedans les rangs de ceux qu’ils protègent aujourd’hui.Il est nécessaire d’abattre les bastilles quand ces citadelles refusent la diversité des opinions, pour imposer des visions contestables

Aussi est-il vital de démasquer les traîtres, alliés au nouveau totalitarisme coranique. Il est tout aussi nécessaire d’abattre les bastilles quand ces citadelles refusent la diversité des opinions, pour imposer des visions contestables. Cela vaut pour la recherche en général: elle n’a pas à être dévoyée au profit d’une cause, ou d’une caste. C’est à cette aune que doit aussi être jugé l’Ordre sanitaire, imposé au nom d’une science assurant détenir la vérité. Or, là aussi les réalités sont têtues.

Les mandarins du Conseil scientifique et du monde hospitalier méritent d’être questionnés sur leurs certitudes, au même titre que les promoteurs de la pensée obligée en sociologie, en démographie ou en histoire. C’est une minorité non élue qui, profitant du Covid, a imposé à un pouvoir dépassé sa vision hygiéniste et liberticide de la société. C’est cette élite qui, il y a plus d’un mois, prônait dans l’urgence un troisième confinement généralisé en annonçant le pire, qui tarde à venir. C’est elle qui a interdit aux médecins généralistes de soigner selon des prescriptions pourtant banales. C’est elle qui, par ses discours anxiogènes, a été à la source de l’appareil répressif mis en place par l’État le 17 mars 2020 et qui perdure.

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Lundi, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a déploré que«le virus ait été le prétexte à des mesures d’urgence pour réprimer les voix dissonantes, abolir les libertés les plus fondamentales, faire taire les médias indépendants et entraver le travail des organisations non gouvernementales». Aucun pays n’est cité dans l’accusation. Mais la France peut s’y reconnaître: les libertés y restent malmenées et les contre-pouvoirs demeurent inopérants. France Soir, média en ligne qui s’oppose à la politique sanitaire centralisée, est d’ailleurs dans le collimateur du gouvernement…

Confusion des mots

La «lèpre qui monte» n’est pas celle que Macron désigna en 2019 en pointant le populisme, c’est-à-dire une partie du peuple. Cette confusion des mots participe à la crise de confiance qui mine la politique et démoralise la nation aboulique. Une large partie de la société est considérée comme inexistante par ceux qui ne veulent ni la voir ni l’entendre. Cette autre négation est explosive.

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