MEMORABILIA

Le monde de l’entreprise découvre avec effroi la dernière lubie des intellos : l’écriture inclusive et ça rend fou !

Cette affaire d’écriture inclusive est peut-être une lubie, mais si l’administration et l’université s’y mettent, ça va devenir inquiétant. Le monde de l’entreprise, en tous les cas, sait que le grand gagnant sera l’anglais.

 Jean-Marc Sylvestre ATLANTICO 25 février 2021

avec Jean-Marc Sylvestre

Du côté du patronat, on hallucine et on imagine assez mal Geoffroy Roux de Bézieux recommander à ses adhérents de pratiquer l’écriture inclusive dans tous les documents officiels des entreprises. Même Sophie de Menthon, la présidente de Ethic qui a toujours une idée en avance sur les autres, n’oserait pas le suggérer…

Rassurons-nous, il n’est pas question d’étendre cette forme de langage écrit au monde des affaires ou de la finance. Mais on ne sait jamais.

Cette affaire d’écriture inclusive est une affaire comme seule la France peut en provoquer pour faire parler de ses auteurs. Mais d’ordinaire, ça ne dure pas.

L’écriture inclusive, elle, circule un peu comme un virus, dans l’université et dans l’administration. Et ce virus, comme le Covid peut rendre fou. Au début c’est surprenant, et même amusant, mais au bout d’un moment, ça devient inquiétant et même incroyable.

D’abord, parce que rares sont ceux qui savent écrire selon ces nouvelles normes, c’est incompréhensible.

Ensuite, c’est inexplicable, parce qu’on nous dit que l’écriture inclusive est faite pour éliminer dans les mots toute hiérarchie entre le masculin et le féminin. Faire disparaître dans l’écriture tout signe qui permettrait de se situer d’un genre ou de l’autre. Et gommer dans l’écriture « la domination absolue et historique du mâle » qui s’exprime dans la primauté du masculin qui existerait sur le féminin.

Enfin, on est obligé de s’interroger pour savoir à « qui profite le crime ». On ne voit pas en quoi l’égalité entre les hommes et les femmes serait mieux respectée si on éliminait le marquage entre le masculin et le féminin.

Il n’y a donc pas de doute, puisque dans les faits, l’impact ne sera pas significatif, la motivation première n’est pas de simplifier la grammaire française ou l’orthographe, ce qui aurait pu s’expliquer mais non, l’impact rend plus compliquée, encore, l’application des règles de grammaire et d’orthographe.

Dans un pays où les jeunes ( et les moins jeunes ) ont déjà un sérieux problème avec la lecture, la conjugaison des verbes et l’orthographe en général, on est obligé de penser que l’écriture inclusive ne fera qu’aggraver les inégalités entre ceux qui savent et les autres.

Il y a donc un projet politique, et même idéologique, dans ce projet d’égalité. Et les dégâts collatéraux sont tels qu‘on a du mal à imaginer son application. Le mur des réalités s’y opposera.

Fort de cette difficulté, dans le monde de l’entreprise où le pragmatisme est une nécessité première, on choisira très rapidement la langue la plus simple et la plus efficace pour nouer des relations d’affaires... Et cette langue est l’anglais bien sûr. Pour ceux qui ne pratiquent pas la langue de Shakespeare, ils choisiront « le Globes », un anglais de base qui doit se composer de 100 mots de vocabulaire et qui est compris par tous les humains de la planète et notamment ceux qui savent compter et qui font des affaires.

Les hommes d’affaires ont raison de paniquer à cette idée de pratiquer l’écriture inclusive parce que leur vocabulaire est étonnement « genré » et il n’est pas « genré » n’importe comment. C’est très étudié. Exemple : 

L’entreprise par exemple est un mot féminin mais le groupe financier ou industriel lui est masculin.

La comptabilité est un mot féminin, mais le compte d’exploitation, de résultat ou le bilan sont masculins.

Mais il y a plus grave. Le profit est masculin (et souvent employé au singulier), les pertes, elles, sont féminines et plurielles donc nombreuses.

Le capital est masculin, comme le marché, le capitalisme, le libéralisme mais la concurrence, qui n’est qu’un moyen de fonctionnement du système, est évidemment féminine.

L’action au capital d’une société est un mot féminin, et dont la cote (féminin) dépend de la bourse (encore féminin). 

Mais le comble, c’est que l’actionnaire est le plus souvent masculin et il travaille sur le marché financier qui est lui aussi masculin, tout comme le trading. On ne dira jamais « la trading ».  

Les exemples sont multiples mais seraient accablants pour la gente masculine arrogante et dominatrice selon ces mêmes partisans de l’écriture égalitaire… Jusque dans les actifs de production de richesse : l’usine, la machine, la chaine sont autant de mots féminins. En revanche, coté masculin, on trouve le bureau, l’ordinateur, le papier, le stylo qui signe les chèques et les contrats et qui sont autant de signes du pouvoir (masculin) tenu par des machos. 

Sans parler du chauffeur (mot masculin) qui conduit pour le président ou le patron la voiture (mot féminin). Seul mot de vocabulaire que l’on a laissé au genre féminin. Parce que les autres moyens de mobilité sont définitivement masculins, le train, l’avion, le bateau… Très curieux tout de même. Les Anglais, eux, ont fait du bateau une lady. Le bateau (ship) est féminin dans la langue anglaise.

On pourrait presque écrire un livre et sombrer dans le ridicule. On laissera ce soin à ces courants élitistes d’intellectuels de gauche ou de l’écologie qui, par dogmatisme, veulent prouver que les mots ne sont pas nés par hasard, côté masculin ou féminin. Sans doute que l’étymologie permettrait de mieux expliquer ces disparités que les excès de la théorie des genre.

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