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Méditerranée: «La Grèce compte sur l’aide de l’UE»

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ENTRETIEN – Alors que la Grèce craint de nouvelles tensions en Méditerranée orientale, le ministre grec de la Défense, Nikos Panagiotopoulos, explique la stratégie de son pays.

Par Alexia Kefalas. LE FIGARO 26 février 2021.

«D’ici à cinq ans, les forces armées compteront environ quinze mille hommes de plus», confie Nikos Panagiotopoulos, le ministre grec de la Défense (ici à Bruxelles en novembre 2019).http://www.alamy.com/Alamy Stock Photo

LE FIGARO.- La Grèce multiplie depuis quelques mois les partenariats militaires – avec Israël, les Émirats arabes unis, et la France. À quelle urgence cet activisme répond-il ?

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Nikos PANAGIOTOPOULOS.- Les nombreux défis sécuritaires qui se posent en Méditerranée orientale nous obligent à intensifier nos alliances militaires avec des pays qui partagent nos préoccupations sur la sécurité et la stabilité dans cette région. Parmi eux il y a la France, Israël, les Émirats arabes unis et l’Égypte. Tous dénoncent l’agressivité de la Turquie qui viole le droit international envers deux États membres de l’UE(la Grèce et Chypre NDLR). Chaque fois qu’il y a un foyer de tensions dans la région – en Libye, en Syrie, dans la zone maritime autour de Chypre, et plus récemment au Haut-Karabakh -, la Turquie déploie sa présence militaire, multiplie les actions unilatérales et utilise une rhétorique belliqueuse qui cache une réelle volonté expansionniste et révisionniste. En prime, ce comportement sape la cohésion de l’Otan.

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Quel était l’objectif de «Skyros-21», l’exercice aérien conjoint organisé en février avec l’armée de l’air française près d’Athènes?

Au-delà de sa réussite technique, il a été l’occasion pour la Grèce et la France de se rapprocher encore davantage et d’envoyer un message fort et clair sur notre force de dissuasion. J’ai eu récemment le plaisir d’accueillir à Athènes la ministre française des Armées, Florence Parly, pour finaliser l’acquisition de dix-huit avions de combat Rafale (*). C’est une étape importante dans notre coopération bilatérale de défense, mais plus encore: le choix des Rafale démontre le caractère stratégique des relations franco-grecques et le soutien de la France à la Grèce face aux menaces qui la visent.

La France est pour nous plus qu’un ami et un allié: c’est une puissance européenne qui comprend les défis sécuritaires en Méditerranée.Nikos Panagiotopoulos, ministre grec de la Défense

La Grèce va aussi renouveler l’armement de ses soldats, ses frégates et porter le service militaire à un an ?

Oui, l’acquisition de nouvelles frégates et la sélection de nouveaux fusils modernes de l’armée – avec la participation de l’industrie de défense nationale – font partie du renforcement global de nos forces armées. Non seulement en moyens matériels, mais aussi à travers l’augmentation des effectifs. Nous allons tout particulièrement recruter des tireurs professionnels et élargir les admissions dans les écoles militaires. D’ici à cinq ans, les forces armées compteront environ quinze mille hommes de plus. Nous avons également annoncé la prolongation du service militaire (de neuf à douze mois, NDLR) pour renforcer les unités postées principalement aux frontières.

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Qu’attend la Grèce de l’UE face à la Turquie d’Erdogan?

Vous savez, quand un État membre de l’UE comme la Grèce est confronté à une menace militaire émanant d’un pays tiers, je n’attends pas de simples manifestations verbales de compréhension et de soutien de la part de nos partenaires européens. Même si, personnellement, je ne vois pas l’imposition de sanctions à la Turquie comme une fin en soi, brandir de telles menaces pourrait être un puissant moyen de pression pour freiner son comportement agressif. C’est maintenant que l’Europe doit faire preuve d’une ferme détermination. J’apprécie le rôle de médiation entrepris par l’Allemagne, mais la France est pour nous plus qu’un ami et un allié: c’est une puissance européenne qui comprend les défis sécuritaires en Méditerranée et qui a la puissance nécessaire pour contribuer à la paix et à la stabilité dans cette région.

(*) Le Rafale est produit par le Groupe Dassault, propriétaire du Figaro.

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