MEMORABILIA

Coignard – Vaccins : la France, patrie du retard permanent

CHRONIQUE. Emmanuel Macron l’a confirmé hier, chaque semaine compte. Pourtant, le nombre insuffisant de vaccinations n’est pas dû seulement à une pénurie.

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LE POINT, 2 mars 2021

Bien sûr, il ne s’agit pas de faire n’importe quoi, de brûler les étapes d’autorisation des vaccins ou de relâcher la vigilance logistique. Mais un graphique et un article publiés dans le Financial Times ont frappé les esprits. 1,1 million de doses du vaccin AstraZeneca ont été livrées en France durant la première quinzaine de février, mais 16 % seulement ont été injectées à la date de vendredi dernier.

Les données publiées par le site CovidTracker, en collaboration avec le ministère de la Santé, laissent apparaître une réalité guère plus reluisante. Au 22 février, 7 702 260 doses ont été réceptionnées par la France, tous fabricants confondus. Et, au 27 février, 4 555 370 seulement ont été injectées. Soit une différence d’exactement 3 146 890 unités, assez éloignée de la stratégie de « flux tendus » décrite par le ministre de la Santé Olivier Véran.

À LIRE AUSSISébastien Le Fol – Vaccination : notre nouveau WaterlooInvité au 20 heures de France 2 lundi soir, celui-ci a annoncé avec le sourire de la victoire que le vaccin AstraZeneca est désormais disponible pour les 65-74 ans. Il s’est montré très évasif, en revanche, sur ces 3 millions et quelques de doses en souffrance, dont il a minimisé le nombre et qui constitueraient des « stocks résiduels » prêts à être expédiés. Pas vraiment convaincant. L’infectiologue et membre du comité vaccin Covid-19 Odile Launay ne recommandait-elle pas quelques heures plus tôt, au micro de Jean-Jacques Bourdin, d’utiliser « toutes les doses de vaccin qu’on a pour ne pas les garder dans un placard » ?

Course contre la montre ou procrastination ?

Les événements se télescopent. Ce lundi, Emmanuel Macron, en visite en Seine-Saint-Denis, a eu une petite phrase à double tranchant. Destinée à offrir une perspective aux Français, elle indique aussi que chaque semaine compte pour gagner cette course contre la montre entre la diffusion du virus et l’immunisation du vaccin. Il faut « tenir encore quatre à six semaines », a dit le président, jusqu’au moment où la stratégie vaccinale se sera développée de façon à avoir « un impact sur l’épidémie ».

À LIRE AUSSIVaccination anti-Covid : la France est à la traîne en Europe

Après le retard à l’allumage du début de l’année, la France ne peut pas se permettre la moindre procrastination. Le président, en colère, avait demandé début janvier d’en finir avec les atermoiements. Aujourd’hui, il est peu probable qu’il accepte les multiples excuses techniques et logistiques fournies par les autorités sanitaires. Il s’est engagé à ce que tous les adultes puissent être vaccinés avant la fin de cet été.

Selon le site CovidTracker, au rythme actuel des injections, l’objectif pourrait être atteint…en juillet 2023 !

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