MEMORABILIA

[Del Valle] Impunité de l’islamo-gauchisme : la passivité des masses face aux minorités tyranniques

Par  Alexandre del Valle Publié le 02/03/2021 VALEURS ACTUELLES

Si la mouvance islamo-gauchiste et néo-totalitaire, née au sein de la gauche pro-palestinienne et pro-Khomeyniste, est devenue hégémonique au point d’intimider ceux qui dénoncent l’islamisme, c’est en raison de la passivité des contribuables, responsables politiques et universitaires qui ont laissé agir impunément depuis des années ces minorités tyranniques, explique notre chroniqueur Alexandre del Valle.

« Je pense que l’islamo-gauchisme gangrène la société dans son ensemble et que l’université n’est pas imperméable », a déclaré la ministre de l’Enseignement supérieur, Frédérique Vidal. En réalité, la convergence néo-totalitaire « rouge-verte » ou « islamo-gauchiste » au sein de l’Université est à la fois ancienne et logique : on se souvient des philosophes Foucault, Simone de Beauvoir ou Sartre, idoles de générations d’étudiants et de professeurs, qui saluèrent dans les colonnes du Monde l’avènement de Khomeiny comme une « divine surprise ». Michel Foucault, enthousiasmé par la révolution de l’ayatollah, se rendit en Iran début septembre 1978 pour soutenir les révolutionnaires islamistes réprimés par la police du Chah. Cette synthèse islamo-gauchiste, appelée d’ailleurs dans les camps palestiniens du Liban « alliance islamo-progressiste », incuba un peu avant cela dans le cadre du militantisme anti-sioniste en général et de la guerre d’Algérie en particulier. C’est dans ce contexte de « luttes convergentes » rouges-vertes, souvent déclinées en guérillas et terrorisme (anti-occidental, anti-israélien, anti-colonial), que nombre de gauchistes ont pris l’habitude de cautionner la violence dont ils avaient d’ailleurs exonéré l’URSS au nom d’un prolétariat dont les masses musulmanes immigrées constitueraient les nouvelles réserves… Dans les années 1990-2000, l’islamo-progressisme pro-arabe a tourné à l’islamo-gauchisme pro-islamiste et il est devenu une rhétorique de survictimisation-paranoïsation des musulmans visant à empêcher toute critique de l’islam et même de l’islamisme.

On peut mentionner parmi les figures de ce courant, qui a pénétré en profondeur les universités, le politologue Bruno Etienne (Sciences-Po Aix et Institut universitaire de France) grâce auquel Tariq Ramadan put soutenir sa thèse de doctorat sur son grand-père Hassan al-Banna, créateur des Frères musulmans, après qu’elle a été jugée irrecevable par l’université suisse. Nombre de disciples d’Etienne ont suivi cette voie, certes souvent avec moins de talent : ex-directeur de recherche au CNRS, François Burgat a défendu depuis des décennies les Frères musulmans et l’islamisme radical, présentés comme des conservateurs post-coloniaux qui ne deviendraient violents qu’en réaction aux « répressions » des laïcards autoritaires. Les accusations contre les islamistes participeraient, selon lui, de la « propagande islamophobe ». Franck Frégosi ou Jocelyne Césari, également issus du CNRS et disciples d’Etienne, dénoncent dans la même veine la « gestion policière de l’islam ».Fregosi voit ainsi de l’islamophobie dans l’interdiction par Charles Pasqua, en avril 1995, du livre du théologien frériste Youssef al-Qaradawi  ou dans l’interdiction de séjour voulue par la DST qui frappa Tariq Ramadan en 1993, mais qui fut vite annulée à la suite de pétitions de centaines d’universitaires. Or, ledit livre d’al-Qaradawi (Le licite et l’illicite, hélas ré-autorisé depuis 1997), justifie la lapidation, le meurtre des apostats et blasphémateurs et le droit des maris à corriger leurs femmes.

Citons aussi le livre de dénonciation d’« islamophobes » écrit par un autre du CNRS, Vincent Geisser, La Nouvelle islamophobie, en réponse à l’essai (bien plus épais) de Pierre André Taguieff, dénonçant le nouvel antisémitisme arabo-islamique, La Nouvelle Judéophobie (2001). Le court ouvrage pamphlétaire de Geisser classait dans la catégorie « d’islamophobie » non pas uniquement la critique des musulmans, évidemment condamnable, mais celle de l’islam et de l’islamisme. Abusant de son statut de « chercheur au CNRS », le militant islamo-gauchiste accusait comme « facilitateurs d’islamophobie » des associations animées par des musulmans de naissance, comme Ni Putes ni Soumises de Fadela Amara, SOS Racisme, des intellectuels « sionistes », l’auteur de ces lignes, et même l’ex-recteur de la mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, ou l’ex-président de SOS Racisme et député PS, Malek Boutih, accusé d’avoir insinué que l’islamisme radical serait plus dangereux que le Front national. Geisser, qui reproche en fait à ces derniers d’avoir révélé les tentations pro-islamistes de la gauche (ATTAC, Ligues des droits de l’Homme, Amnesty, etc.), a été jusqu’à donner des conférences sur « l’islamophobie » à l’invitation d’associations liées aux Frères musulmans, notamment l’Union des jeunes musulmans de Lyon, qui a diffusé ses interventions sur son site aux côtés de celles de l’islamiste antisémite notoire Hassan Iquioussen.

Les appels à la démission de la ministre, lancés sans surprise dans Le Monde et signés par moult représentants de l’islamo-gauchisme, n’ont fait qu’attester de leur surreprésentation dans l’Université et de leur refus totalitaire du débat.

Dans un autre registre, on se rappelle des propos du philosophe Alain Badiou, marxiste-maoïste assumé, adulé dans maintes universités, qui, dans un ouvrage d’entretiens, raille l’inquiétude d’Alain Finkielkraut face à la montée de l’islamisme : « Vous pensez sincèrement que l’islamisme radical est une menace mondiale (…). C’est un fantasme (…). Cette exagération flagrante de la menace islamiste ‘dure’ prouve simplement que vous partagez la vision du monde du camp anti-progressiste. » Ces propos rappelaient ceux de Sartre refusant de condamner les goulags pour ne « pas désespérer Billancourt »au nom de la priorité absolue donnée à la lutte des classes, qui primerait sur l’obligation d’honnêteté intellectuelle et le réel.

Nous pourrions donner des centaines d’autres exemples et noms confirmant l’avertissement de Frédérique Vidal. Les appels à la démission de la ministre, lancés sans surprise dans Le Monde et signés par moult représentants de l’islamo-gauchisme, n’ont fait qu’attester de leur surreprésentation dans l’Université et de leur refus totalitaire du débat. Outre le précité Pierre-André Taguieff, spécialiste de l’antisémitisme à qui l’on doit l’expression islamo-gauchisme, de nombreuses personnalités compétentes en matière de recherche universitaire ont confirmé ce phénomène subversif : le ministre de l’Education nationale Jean-Michel Blanquer, les philosophes André Comte-Sponville et Pascal Bruckner, l’ex-ministre de l’Education nationale et philosophe Luc Ferry, ou encore Valérie Pécresse, qui fut ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Les militants islamo-gauchistes « sont puissants dans l’université française. Dans certaines facs, ils représentent la pensée dominante (…), il s’exerce désormais dans certaines de nos facs une ‘police de la pensée’ qui empêche de chercher et d’enseigner librement », affirme-t-elle.

L’actuelle présidente de la région Ile-de-France rappelle encore que « sous la pression de certains enseignants (…), une session de formation que devait assurer Mohamed Sifaoui pour former à la laïcité et aux valeurs de la République les imams de la Grande mosquée de Paris dans une grande université parisienne fut annulée », la région ayant « dû mettre en relation les promoteurs de la formation avec le directeur du CNAM, Olivier Faron, pour que les cours – si importants pour notre cohésion nationale – puissent avoir lieu ». Le constat est accablant. Mais finalement, si la « gangrène » rouge-verte est devenue hégémonique dans l’Université, la société et les médias publics, n’est-ce pas d’abord la faute des citoyens/contribuables et des électeurs, restés passifs face aux minorités tyranniques hostiles à la Nation ? Un récent sondage Odoxa, réalisé pour Le Figaro et France Info, a pourtant révélé que 69% des Français déplorent la présence de l’islamo-gauchisme dans l’enseignement et la société. « Qui n’empêche pas le crime le favorise », nous rappelle un vieux proverbe latin.

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