MEMORABILIA

« Joe Biden ou le fascisme libéral »

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OPINION. Alors qu’une forme de « racisme anti-blanc » s’institutionnalise aux États-Unis dans le cadre du projet de relance Covid, Roland Hureaux nous propose une nouvelle analyse sur ce que représente le « tournant » Biden ou pourquoi son élection est tout sauf anecdotique pour les nations du monde.

Joe Biden ou le fascisme libéral

Auteur

Roland HUREAUX Essayiste et historien. Publié le 4 mars 2021. FRONT POPULAIRE

Quand les observateurs auront quelque recul, ils ne manqueront pas de s’étonner que ce qui suscite l’enthousiasme de la gauche américaine et européenne, ce soit l’élection d’un personnage comme Biden.

Les sots qui peuplent une certaine droite disent : ne nous inquiétons pas, en réalité, il est plus à droite que Trump. Comme s’il suffisait d’être inhumain ou corrompu pour être de droite !  Le palmarès du personnage est impressionnant : en Europe, on le qualifierait de fasciste (ce qui, pour les gens civilisés, n’est pas du tout la même chose que la droite).

Elu depuis presque un demi-siècle, il est facile de tracer son parcours : il s’était opposé en début de carrière à la déségrégation, en continuité avec la composante sudiste du vieux parti démocrate, avant que celui-ci ne vire au gauchisme sociétal. Il a fait l’éloge de son collègue sénateur de Caroline du Sud, Stroma Thérond, proche du Ku Klux Klan, qui s’était présenté à la présidence en 1949. Il a soutenu un projet de loi qui conduisait à l’incarcération à vie de petits dealers, sans doute en liaison avec le complexe industriel carcéral avide de main d’œuvre pénitentiaire à bon marché. Il a soutenu la croissance sans frein de Wall Street, le Big Pharma (on le voit toujours avec son masque, comme Joe Dalton à la banque), les projets des Gafas et du Big Tech de créer un état de surveillance sanitaire et civique généralisé. Fascisme de droite, celui de la surenchère sécuritaire et fascisme de gauche, celui du contrôle généralisé des personnes par les réseaux numériques, se rejoignent en lui.

Ajoutons que Biden a soutenu toutes les interventions militaires américaines à l’étranger depuis un demi-siècle, y compris les plus hasardeuses comme l’Irak ou la Syrie. Comme Hillary Clinton, il a apporté un soutien décisif au Sénat à George W. Bush, pourtant républicain, pour envahir l’Irak, une équipée que Trump au contraire n’a pas manqué une occasion de dénoncer.

Question argent, il a été sénateur du Delaware pendant quarante-cinq ans. C’est un tout petit Etat contrôlable avec un bon réseau mais très spécial : situé non loin de Wall Street, il en est la soupape de sécurité, ayant le statut de paradis fiscal au sein même des Etats-Unis. Le lieu idéal pour blanchir les transactions douteuses, sous le contrôle des réseaux mafieux.

On ne sait pas encore tout des turpitudes financières de son fils Hunter Biden, révélées grâce au malencontreux oubli par ce dernier de son ordinateur chez un réparateur, mais on commence à savoir que le père y était associé. Encore avide d’argent à 78 ans, ses activités financières, à base de trafic d’influence, s’étendaient sur la planète : Ukraine, Russie, Chine.

Qu’il aille à la messe le dimanche fait tressaillir de joie certains prélats des deux côtés d’Atlantique ; pensez : un second président catholique après Kennedy : catholique mais favorable à l’avortement sans contrôle (comme c’est le cas aux Etats-Unis), aux droits les plus étendus des LGBT, tous dossiers où il suit les tendances les plus libertaires. Signal fort : il vient de nommer un ministre de la santé transgenre.

Il est facile de voir par quel mécanisme il est arrivé là où il est : quand le parti démocrate, appuyé par la haute finance qui voulait rendre l’image des Etats-Unis dans le monde plus sympathique au travers d’un président « de couleur », a investi Obama, il fallait un vice-président venu de l’extrême-droite pour rassurer l’électorat réactionnaire. Vice-président pendant huit ans, il est connu et supposé compétent. Il est donc ce que le parti démocrate a trouvé de mieux à opposer à Trump, un choix qui témoigne du rétrécissement du vivier de compétences politiques dans la jeune génération. Il a été aussi jugé assez affaibli mentalement pour être dirigé par les forces sombres qui gravitent dans les hautes sphères démocrates, à commencer par les Gafas et le complexe militaro-industriel qui lui apporte un tiers de son cabinet. D’aucuns espèrent sans doute qu’il se retirera vite au bénéfice de sa suppléante Kamala Harris, ni mâle, ni blanche, et dont l’accession à la Maison baluche serait donc on ne peut plus politiquement correcte.

Mais par-delà ces raisons politiciennes, l’accession d’une personnalité d’un tel profil au sommet est l’expression emblématique de ce qu’est devenu le libéralisme centriste, libertaire, écologiste, si prégnant aujourd’hui dans l’opinion des deux côtés d’Atlantique. Il n’a rien à voir avec le libéralisme bourgeois classique, dépourvu d’esprit de système et tolérant :  son durcissement idéologique en a fait au fil des ans le vrai danger fasciste, comme le dit plus franchement que nous l’extrême gauche américaine. Du fascisme, on peut avec Biden cocher presque toute les cases : impérialiste et militariste – voir les neufs guerres entreprises ou soutenues au Proche-Orient, en Europe et en Afrique depuis trente ans qu’il a toutes soutenues ; Trump, lui, n’en a déclenché aucune. Antilibéral : voir la discipline croissante du langage, les projets de contrôle des communications mondiale par les Gafas qui le soutinrent totalement, et, comme en Europe, la vigilance judicaire toujours plus serrée à l’égard de tout écart dans les médias et bientôt dans la rue. Antidémocratique, puisque le pluralisme de la presse indispensable à la démocratie n’existe presque plus : Trump avait 90 % des médias contre lui. Les dissidents ne vont plus au goulag, au moins pas encore(1),  mais une implacable chasse au politiquement incorrect les marginalise dans leur profession ou l’opinion. Ajoutons que cette chasse se fait sur le fond d’une intolérance telle qu’elle fait de   ces idéologues le vrai « parti de la haine. » Que le directeur du magazine Forbes, celui du grand capital par excellence, ait annoncé qu’il détruirait l’image de toute entreprise qui embaucherait un pro-Trump montre dans quels temps sombres nous entrons.

***************

Espérons seulement que la mise en avant d’un tel personnage, oxymore à lui tout seul, dont le déclin mental est inquiétant, sera le chant du cygne d’une idéologie mortifère qui est devenue, à la place du communisme, la menace principale contre la liberté.

1 – Attendons pour en être sûr de voir ce qu’on fera des rebelles à la vaccination universelle.

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