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Présidentielle 2022: quelle droite après Nicolas Sarkozy?

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ANALYSE – Alors que l’ex-président a refermé la porte d’une candidature, LR doit trancher entre plusieurs stratégies.

Par Marion Mourgue LE FIGARO 5 mars 2021

«J’avais dit que je ne serai pas candidat à l’élection présidentielle, je le maintiens.» Dans Le Figaro , mercredi, Nicolas Sarkozy a refermé la porte d’une nouvelle candidature en 2022 et mis fin aux désirs de ceux qui voyaient en lui «un espoir» et même «une espérance». Celle de renouer enfin avec la victoire à l’Élysée, en rassemblant la droite derrière un leader. «Aujourd’hui il n’y a plus de leader, il n’y a que des bandes: la bande de Bertrand, la bande de Pécresse, la bande de Retailleau, etc.», regrette un sarkozyste. Comment réussir alors à éviter les désaccords voire les divisions?

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Pour les uns, élus comme militants, la campagne présidentielle ne peut avoir lieu que sous l’étiquette LR. Un message directement adressé à ceux qui ont claqué la porte du parti, comme Xavier Bertrand et Valérie Pécresse. Pour les autres, une candidature de droite républicaine, LR ou ex-LR, serait la seule façon d’offrir une «alternative» à Emmanuel Macron et Marine Le Pen en défendant «une troisième voie». Pour les derniers, enfin, à défaut de voir un des leurs s’imposer naturellement, il sera nécessaire de «passer un accord» avec Emmanuel Macron. C’était la proposition de Christian Estrosi dans Le Figaro il y a six mois. C’est une perspective que laisse aujourd’hui entrevoir Nicolas Sarkozy. L’ex-président a indiqué clairement dans nos colonnes qu’il soutiendrait un candidat en 2022 et qu’il dirait «pourquoi » il le fait.

«Hypothèse suicidaire»

Si Nicolas Sarkozy n’appelle pas, aujourd’hui, à nouer une alliance avec Emmanuel Macron, l’ancien chef de l’État pose l’équation sur la table. Face à «des enjeux trop importants», et une victoire de Marine Le Pen que de nombreux responsables politiques jugent désormais possible, Nicolas Sarkozy prendra ses responsabilités «en toute transparence avec (sa) famille politique».

Un mot de Sarkozy trois mois avant l’élection peut faire bouger les chosesUn ténor de LR

Plusieurs conditions seront néanmoins sur la table, laissent entendre ses soutiens, dont certains, comme Brice Hortefeux, ne sont pas avares de critiques à l’égard d’Emmanuel Macron. L’actuel chef de l’État, en cas de second mandat, dira-t-il clairement avec qui il entend gouverner? Sortira-t-il du «en même temps» pour dessiner les contours d’une nouvelle majorité présidentielle qui engloberait les élus MoDem, LR et UDI au-delà de quelques débauchages individuels? Son projet sera-t-il de droite? Dévoilera-t-il avant le premier tour, comme Nicolas Sarkozy l’avait fait avec François Fillon, le nom de son premier ministre en cas de victoire? Ce dernier sera-t-il issu de la droite? Autant de questions qui pourraient déterminer ou non le soutien de Nicolas Sarkozy et avec lui d’une partie des Républicains à Emmanuel Macron. «Un mot de Sarkozy trois mois avant l’élection peut faire bouger les choses», reconnaît, inquiet, un ténor de LR. «Mais l’hypothèse de soutenir Emmanuel Macron serait suicidaire, elle ferait exploser Les Républicains», poursuit cet élu en se refusant d’y croire.

Recomposition politique

Le projet est pourtant clairement assumé par les anciens élus LR passés à LREM convaincus que 2022 sera la prochaine grande étape de la recomposition politique engagée avec Emmanuel Macron. «Les élus de droite qui soutiennent Macron pour une place au soleil font le lit du Rassemblement national», prévient un membre de la direction.

Alors que le temps politique est suspendu jusqu’aux élections régionales et départementales, la droite devra s’atteler ensuite à trancher la question de son incarnation. Si Xavier Bertrand fait – aujourd’hui – figure de favori dans les sondages, les sarkozystes n’entendent pas se le laisser imposer. D’où la nécessité à leurs yeux d’une nécessaire compétition pour choisir leur futur candidat. «Aux Jeux olympiques, il y a trois places sur le podium. En politique il n’y en a qu’une seule», rappelle un parlementaire LR.

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