MEMORABILIA

UN JOURNALISTE ENTRE LA VIE ET LA MORT : LA PRESSE SE TAIT

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Fin février à Reims, le photo-journaliste Christian Lantenois est sauvagement agressé par le clandestin Anes Saïd Khebbeb, qui le laisse à même le béton entre la vie et la mort. De peur d’alimenter « les idées d’extrême droite », la gauche médiatique a préféré traiter malhonnêtement l’événement, n’hésitant pas à taire les informations sur l’identité de l’agresseur.

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© Christian Lantenois

« Ensemble, défendons la liberté » : ainsi titrait une tribune parue en septembre dernier et signée par une centaine de médias français, qui s’inquiétaient de la recrudescence de l’hostilité envers la presse. Ironie de l’histoire, les médias classés trop à droite de l’échiquier politique, comme L’Incorrect, n’étaient pas conviés à la table des signatures. Au même moment, Le Monderéclamait d’ailleurs la tête des journalistes présents sur les plateaux TV jugés trop à droite. C’est que, comprenez, la liberté d’informer – comme tout ce qui est relatif à la liberté chez eux – est à géométrie variable. La dissolution de Génération identitaire, sous couvert de forme paramilitaire et de discours haineux – quand bien même le mouvement n’a jamais eu recours à la violence, en est la dernière illustration. La presse, majoritairement celle de gauche il faut bien l’avouer, a bien vite oublié ses saintes maximes d’absolues libertés, préférant unanimement se féliciter du triomphe de l’ouverture sur la haine.

L’affaire du journaliste tabassé fin février à Reims répond à un schéma identique sur le fond quoique différent sur la forme. Cette fois, au nom toujours de la lutte contre la haine, la gauche médiatique a honteusement couvert l’affaire, quand encore elle a accepté de la couvrir.

Lire aussi : Génération identitaire : « C’est maintenant la bataille juridique qui commence »

Samedi 27 février à Reims, des jeunes cagoulés et armés de battes de baseball se rassemblent dans le quartier de Croix-Rouge en vue d’un affrontement entre bandes. L’Union, journal local, dépêche deux journalistes sur place. La première s’y rend en voiture balisée et ne sera pas repérée par les voyous. Le second, Christian Lantenois, prend une voiture sur laquelle les mentions du quotidien sont apparentes. Le photo-journaliste arrive sur les lieux vers 15h. D’après le procureur, « en restant éloigné d’une centaine de mètres des individus cagoulés qui étaient quelques dizaines, Monsieur Lantenois, demeurant à moins d’un mètre de son véhicule, prenait alors quelques clichés photographiques des agissements de ce groupe. » Le photographe est malheureusement repéré, et l’une des racailles, Anes Saïd Khebbeb, se précipite vers lui sans qu’il ait le temps de prendre des photos. La suite des événements est sinistre : rejoint par treize de ses comparses, Anes Saïd Khebbeb passe le journaliste à tabac pendant 57 interminables secondes, avant de quitter les lieux comme si de rien était. Admis dans le service de réanimation de l’hôpital Robert-Debré et depuis entre la vie et la mort, Christian Lantenois souffre « d’un traumatisme crânien très sévère, d’une fracture du rocher, d’un hématome sous-dural et d’une hémorragie cérébrale ». Interpellé lundi après-midi, Anes Saïd Khebbeb a été placé en garde à vue pour « tentative de meurtre aggravé » ainsi que pour le délit de « participation à un groupement en vue de commettre des faits de violences ou de dégradation », et encourt la réclusion criminelle à perpétuité.

Problème : bien connu des services de police, Anes Saïd Khebbeb est un Algérien clandestin et titulaire d’une carte de séjour espagnole. A seulement 21 ans, il a déjà un CV long comme le bras : addict au cannabis, le jeune homme a été condamné huit fois entre 2018 et 2019 pour « vols avec effraction, violences et usage de stupéfiants », certains des faits remontant à son adolescence. Malgré plusieurs condamnations, il n’a effectué qu’une seule peine de prison, durant un petit mois, pour n’avoir pas effectué un travail d’intérêt général. En clair, répandre la vérité des faits tels qu’ils se sont déroulés serait donner raison à la vilaine extrême droite qui dénonce tout à la fois ouverture des frontières, permissivité policière et laxisme judiciaire. Pour ne pas avaliser la thèse des territoires perdus, pour ne pas pointer l’insécurité causée par l’immigration – illégale, de surcroît –, il faut taire, et faire subir à la population française en silence.

Ils préfèrent omettre, euphémiser et périphraser de peur de répandre des idées nauséabondes, d’où cette novlangue qui n’a pour but que de cacher : regroupements, jeunes, quartiers sensibles

Les médias de gauche ont ainsi brillé par leur discrétion. Sur les sites de Mediapart et de L’Obs, on reprend les brèves AFP, mais aucun article de fond sur l’affaire précisant l’identité du coupable. Le Monde en fait de même tout en choisissant de s’alimenter chez l’agence de presse Reuters. France Culture se contente de mentionner l’affaire, tout comme le Syndicat national des journalistes qui, dans un communiqué peu bavard, se satisfait d’un « personne ne doit risquer sa vie pour exercer son métier de journaliste » en étendard. Sur Libération, si l’événement est couvert par un reportage dans la rédaction de L’Union, un article pose question : « Les rédactions face au dilemme de la protection de leurs journalistes », qui inscrit l’événement à la suite du mouvement des Gilets jaunes et de la recrudescence de défiance envers les médias qui a suivie. Or, et c’est une telle évidence qu’il est embarrassant de devoir le souligner, le cas d’espèce n’a rien à voir avec les Gilets jaunes : il ne s’agissait pas d’une contestation de la presse en tant qu’elle défendrait le système en place, donc au fond d’une crise de confiance ; mais bien plutôt, et fort simplement, de la volonté d’un voyou de ne pas se faire prendre par une photographe la main dans le sac.

Plus intéressant encore, l’immense majorité d’entre eux, syndicat y compris, ne reprend pas même le nom du criminel, Anes Saïd Khebbe. Par peur de l’amalgame diront-ils, peur de l’amalgame qui d’ailleurs en dit long : pourquoi considèrent-t-ils que les Français pourraient amalgamer à sa seule lecture? Jetons-là un premier élément de réponse : serait-ce parce que ce nom leur rappellerait ceux qui ont ensanglanté notre pays, auquel cas cet « amalgame », loin d’être un pur fantasme, reposerait sur quelques réalités historiques et politiques ? Toujours est-il que ces médias ont décidé de pratiquer la rétention d’informations, et d’ainsi priver d’honnêtes citoyens d’informations qu’ils sont en droit de détenir du fait même de leur qualité de citoyen (et qui plus est, d’abonnés payant un accès à l’information). Ils préfèrent omettre, euphémiser et périphraser de peur de répandre des idées nauséabondes, d’où cette novlangue qui n’a pour but que de cacher : regroupements, jeunes, quartiers sensibles. Coûte que coûte, l’humanitarisme universel doit prévaloir sur libertés d’expression et d’information en tant qu’elles doivent participer à l’établissement de la vérité. Nulle doute que ces mensonges par omission continueront d’alimenter la défiance de type Gilets jaunes envers les médias. Aurélien Le Coq, orateur national de la France Insoumise, a au moins le mérite d’afficher plus ouvertement des idées que partie d’entre eux ont fait leurs : « [Anes Saïd Khebbe] a autant sa place en France que n’importe quel récidiviste ».

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