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Vaccination anti-Covid : l’Espagne, l’Allemagne et l’Italie plus réactives que la France

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INFOGRAPHIE. Certes, notre pays continue sa campagne, mais, par rapport au nombre d’habitants, nous sommes à ce jour moins bien protégés que nos voisins.

La vaccination progresse en France.
La vaccination progresse en France.© Alexis Sciard / MAXPPP / IP3 PRESS/MAXPPP

Par Gwendoline Dos SantosGuillaume Grallet et le service infographie

LE POINT Publié le 04/03/2021

Avec 91 173 premières doses et 68 684 secondes doses administrées le 2 mars, la vaccination continue en France. À ce jour, 4,84 millions de doses ont été administrées. Ainsi, 3 133 478 de nos compatriotes ont reçu la première dose et 1 705 966 sont totalement vaccinés dans notre pays. Ces chiffres sont suivis à la loupe par les autorités alors que la progression inquiétante des variants notamment oblige à des reconfinements localisés le week-end, comme à Nice, à Dunkerque, et dorénavant dans le Pas-de-Calais, comme vient de l’annoncer le Premier ministre Jean Castex. Il a également annoncé que les pharmaciens pourront vacciner à partir du 15 mars.

Certes, nous ne sommes pas les derniers. Le Japon, par exemple, n’a commencé sa campagne que le 17 février. Et dans la carte mondiale hebdomadaire des vaccinations que nous vous proposons (et que nous actualisons régulièrement), la France a davantage vacciné que la Roumanie (1,60 million de personnes), le Chili (3,96 millions), le Canada (2,09 millions) ou la Pologne (3,62 millions). Mais c’est moins que la Turquie, qui a inoculé 9,32 millions de doses, Israël (8,44 millions de doses), l’Allemagne (6,81 millions), l’Inde (16,62 millions), le Royaume-Uni (21,6 millions), ou encore les États-Unis (80,54 millions).

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Moins bien que l’Espagne, l’Allemagne et l’Italie

Pourtant, lorsqu’on rapporte la proportion de personnes ayant été vaccinées à 100 habitants, on se rend compte que notre pays est à ce jour moins bien protégé qu’Israël (97,47 doses administrées pour 100 personnes), les Seychelles (81,48 doses/100 habitants), les Émirats arabes unis (62,37 doses/100 habitants), ou encore le Royaume-Uni (31,82 doses/100 habitants). Plus intéressant, avec 7,41 doses pour 100 habitants, notre pays, le 35e dans le monde lorsqu’on rapporte le nombre de vaccinés à la population, fait moins bien que l’Italie (7,87 doses), l’Allemagne (8,13 doses) ou encore l’Espagne (8,68 doses).

En réalité, le rythme de vaccination est encore très inégal. En effet, le 27 février (un samedi), seulement 48 198 premières doses et 21 858 deuxièmes doses ont été attribuées, quand en semaine le rythme est beaucoup plus soutenu. Faut-il vraiment ralentir le week-end alors que, à la mi-janvier, le chef des urgences de l’hôpital Georges-Pompidou à Paris (et maire LR de La Garenne-Colombes) Philippe Juvin estimait qu’il fallait désormais « vacciner 7 jours sur 7, 24 heures sur 24 » ? D’après le site CovidTracker en effet, au 4 mars, « pour vacciner l’ensemble de la population adulte [52 millions de personnes] d’ici à août 2021, il faudrait injecter 536 695 doses chaque jour. Au rythme actuel (moyenne des 7 derniers jours), l’objectif de vacciner l’ensemble de la population adulte serait atteint le 4 avril 2023 ».

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Certes, nous ne sommes pas à l’abri de bonnes nouvelles dans les prochains jours. En effet, comme le rappelle L’Opinion, devraient bientôt remplir les rangs des vaccinateurs les médecins, qui peu à peu se mettent à vacciner, près de 20 000 sages-femmes et 140 000 infirmiers libéraux. A quoi s’ajouteront les pharmaciens à partir de la semaine du 15 mars comme vient de le préciser Jean Castex. Ces derniers pourront vacciner les personnes ayant plus de 50 ans et présentant une commorbidité alors que les personnes de 50 à 74 ans qui n’ont pas de pathologie particulière pourront se faire vacciner « à compter de mi-avril ». Par ailleurs, en entreprise, quelque 4 700 médecins et 1 800 infirmières du travail commenceront à vacciner autour du 9 mars.

L’importance de la vaccination

Par ailleurs, il ne s’agit pas de céder à la tyrannie des chiffres. D’autant que tous les vaccins n’offrent pas la même immunité, comme le montre bien ce banc d’essai des vaccins, que nous actualiserons également en permanence. Beaucoup de résultats attendent encore d’être connus. Ainsi, « le vaccin Spoutnik V vaut la peine d’être considéré », a expliqué Marie-Paule Kieny, présidente du comité « vaccins » auprès de Matignon, qui, début décembre, s’est rendue à Moscou. D’ailleurs, l’agence européenne du médicament a lancé l’examen accéléré de Spoutnik V, que la Russie se dit prête à fournir à 50 millions d’Européens. Le vaccin Janssen, proposé par la filiale européenne de Johnson & Johnson, pourrait, de son côté, recevoir à la mi-mars l’aval de l’Agence européenne des médicaments, ce qui pourrait accélérer la campagne. Non seulement il s’administre en une seule fois, mais, s’il se transporte à – 20 °C, il se conserve trois mois à + 8 °C.

Toute notre politique sanitaire ne peut en outre reposer sur le vaccin. Il faut se battre aussi sur les thérapies alors que, comme l’a révélé Le Point, les anticorps monoclonaux arrivent en France, une nouvelle d’importance pour les immunodéprimés. Comme l’expliquait à la mi-décembre le professeur et expert de la pharmacovigilance Bernard Bégaud, on ne sait pas combien de temps le vaccin protège la personne à qui il a été inoculé, ni à quel point il empêche la transmission du virus, même si les dernières informations venues d’Israël sont encourageantes. Plus préoccupant, on ne sait pas encore s’il protège des différentes variations du virus. D’ailleurs, comme l’explique la virologue Mylène Ogliastro, « il est peu probable que ce variant échappe totalement aux vaccins, au moins à court terme ». En revanche, précise-t-elle, s’il n’y a pas assez de personnes vaccinées, et vite, les choses pourraient très mal tourner. « Si on met trois ans à vacciner tout le monde, c’est le pire des scénarios. On va laisser circuler le virus et augmenter la pression de sélection, donc la probabilité d’émergence de nouveaux variants. Pour l’éviter, il faudrait une vaccination massue. »

Bien sûr, la chercheuse Katalin Kariko, une des pionnières de l’ARN messager dans le monde, apparaît plutôt rassurante sur le sujet des variants. Mais les scientifiques expliquent en effet qu’il n’y a pas de temps à perdre. « Avec un virus qui est plus transmissible, il faut éteindre le feu, et vite. La situation va être très compliquée avec une potentielle troisième vague, la pire qu’on ait jamais vue », expliquait il y a peu le chercheur Étienne Decroly. Un point de vue que partage également l’Académie de médecine, qui, dès le 31 décembre, expliquait que la France devait accélérer.

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