MEMORABILIA

Coignard – Pour Klaus Kinzler

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CHRONIQUE. Ce professeur de Sciences Po Grenoble devient, bien malgré lui, l’incarnation de la défense du débat d’idées et de la liberté académique.

Un professeur de Sciences Po Grenoble est accuse d'Islamophobie.
Un professeur de Sciences Po Grenoble est accusé d’Islamophobie.© XAVIER VILA/SIPA / SIPA

Par Sophie Coignard Publié le 10/03/2021 10 mars 2021. LE POINT

Quel courage ! Un courage qui inspire le respect. Chapeau bas, monsieur Kinzler ! Dénoncé par une collègue outragée et symboliquement lynché par une poignée d’étudiants, ce professeur d’allemand à Sciences Po Grenoble a décidé de ne pas se terrer, mais au contraire d’apparaître au grand jour malgré le danger évident qu’il court.

Avec un autre enseignant qui a eu l’audace de lui apporter son soutien, il est accusé de « fascisme » pour avoir réfuté le mot d’« islamophobie » dans l’intitulé d’un groupe de travail auquel il participait. L’islamophobie est en effet un terme promu et instrumentalisé par les tenants de l’islam politique pour disqualifier toute critique et tout débat. Elle ne constitue nullement un délit, contrairement au racisme et à l’antisémitisme, autres objets d’études de ce séminaire.

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L’organisatrice du groupe de travail s’est dite offensée par les réserves de son collègue. Le syndicat d’extrême gauche Union syndicale, dit majoritaire, en vérité élu par une petite minorité d’étudiants, s’est emparé de l’affaire. Des affiches de dénonciation des deux professeurs ont été placardées sur les murs de l’IEP en fin de semaine dernière. La délation dans toute son horreur. Fin de l’histoire ?

Des collègues aux abris

Non. Car l’Unef et l’Union syndicale, qui en est une scission, ont abondamment partagé les images de ces dazibaos calomnieux sur les réseaux sociaux, avant de s’en désolidariser. Le mal était fait. Et, dans la réalité, les activistes woke (« éveillés ») ne désarment pas. « Nous continuerons à demander des sanctions tant que ces deux professeurs ne se seront pas excusés », a déclaré ce mardi le président de l’Union syndicale de l’IEP lors d’une conférence de presse. Ah ! La fameuse culture de la repentance ! Ce professeur devrait donc se livrer à une autocritique à la chinoise pour expier sa faute : avoir engagé un débat légitime avec une de ses collègues sur l’intitulé tendancieux d’un séminaire.

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Officiellement, l’administration soutient le professeur, qui dispense de longue date ses cours à l’IEP : « La bonne réalisation des missions de Sciences Po Grenobles’appuie sur le respect de l’opinion d’autrui et sur un attachement sans faille aux valeurs de dialogue, de bienveillance mutuelle et d’altérité. Garantir les libertés académiques est une exigence non négociable », écrit-elle dans un communiqué. Concrètement, le corps enseignant de l’établissement ne s’est pas, jusqu’alors, époumoné pour défendre deux des siens odieusement jetés en pâture. En vérité, on ne l’entend pas. Ses membres, semble-t-il, déplorent surtout la mauvaise publicité faite à l’Institut. La peur d’être « ostracisés », voire dénoncés à leur tour par une minorité d’étudiants décidés à faire la loi ne favorise ni la solidarité ni la liberté d’expression. Cela rend la décision de Klaus Kinzler d’apparaître au grand jour encore plus admirable.

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