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L’éditorial du Figaro Magazine: «Politique réchauffée»

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Les mesures contenues dans le projet de loi «climat et résilience» n’auront aucun impact tangible sur l’état de la planète, selon Guillaume Roquette, directeur de la rédaction.

Par Guillame Roquette. 12 mars 2021.

Le dernier projet de loi en date sur l’écologiea été baptisé «climat et résilience». Vaste programme, aurait dit le général de Gaulle. Certaines mesures de ce texte gouvernemental sont bienvenues, comme les aides aux rénovations de logements ou les étiquettes environnementales sur les produits de grande consommation. D’autres sont clairement démagogiques, comme la création d’un délit d’écocide, alors que le droit de l’environnement est déjà extrêmement répressif.

Mais le principal reproche que l’on peut faire à ce projet est d’être à côté de la plaque. L’objectif est de baisser les émissions de gaz à effet de serre responsables du réchauffement climatique, mais l’empreinte carbone de la France est déjà l’une des plus faibles du monde. Les mesures prises n’auront aucun impact tangible sur l’état de la planète. Bref, c’est de la politique pure.

Allons plus loin. Si nous arrivons à avoir ce faible niveau d’émission de CO2 malgré une forte activité économique, c’est grâce au nucléaire, énergie décarbonée par excellence, performante mais en même temps écologique. Et pourtant, aucun lancement de nouvelle centrale n’est prévu dans le texte de loi car la ministre en charge du dossier, Barbara Pompili, cache à peine son hostilité à tout ce qui y ressemble de près ou de loin. Une peur irrationnelle est entretenue autour du nucléaire civil, qui va sûrement être ravivée à l’occasion des 10 ans de la catastrophe de Fukushima. Alors même que celle-ci n’a non seulement fait aucun mort mais n’a eu aucun effet néfaste sur la santé des habitants, ainsi que l’ONU vient de le reconnaître dans un rapport tout ce qu’il y a de plus officiel.

Le nucléaire n’est pas le seul angle mort de la loi. Plutôt que d’édicter des normes qui pénalisent nos industriels et nos agriculteurs, nous avons besoin d’une taxe carbone aux frontières de l’Europe pour pénaliser les produits, souvent en provenance de Chine, fabriqués dans des conditions environnementales désastreuses.

Et il faudrait aussi privilégier les circuits courts. Mais quand le Rassemblement national prône le «localisme» (la préférence pour les productions locales), un ministre éminent, Éric Dupond-Moretti, l’accuse sans rire de xénophobie et de racisme. De qui se moque-t-on?

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