MEMORABILIA

L’ADN, une association contre la “repentance perpétuelle” de nos élites

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Créée en novembre 2020, l’ADN veut lutter contre la « repentance perpétuelle » de nos élites (La liberté guidant le peuple, Eugène Delacroix, 1830). Photo © Alfredo Dagli Orti / Photo12 via AFP

Par  Charles Paliard. Publié le 16/03/2021 VALEURS ACTUELLES

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Créée en novembre dernier, l’Association pour la Défense de la Nation (ADN) entend affronter les idéologies qui culpabilisent la France. Une vision portée par Gaël Nofri, son président et créateur. 

Dans sa récente interview pour le média en ligne Brut, Emmanuel Macron s’était indigné : « Une part de notre histoire n’est pas représentée. » Pour y remédier, le président de la République a donc demandé à son administration de dresser une liste de personnes issues de la diversité pour renommer des rues de France. Une annonce qui a aussitôt révolté Gaël Nofri, président de l’Association pour la Défense de la Nation (ADN) et maire adjoint à la mairie de Nice « en charge aussi des noms de rues ». Historien de formation, l’élu local ne supporte plus la « repentance perpétuelle » de la classe politique. Les déclarations du chef de l’Etat l’ont tellement stupéfait qu’il a décidé de créer cette nouvelle organisation pour combattre « une mémoire communautaire qui produit des destins communautaires, ce qui est contraire au projet national français ». 

La réhabilitation de notre passé contre les approches indigénistes 

Le 5 mai prochain, la France fêtera le bicentenaire du décès de Napoléon et plusieurs voix s’élèvent déjà à gauche pour qu’aucune commémoration publique ne lui soit rendue. L’historienne Myriam Cottias, directrice de recherche au CNRS, a ainsi estimé dans L’Obs que Napoléon est « un fantasme de domination guerrière […], c’est vraiment la France poussiéreuse »« Le commémorer, c’est faire de l’apologie de crime », a même renchérit Louis-George Tin, ancien président du Conseil représentatif des associations noires de France (CRAN), dans Le Parisien.

C’est contre ce genre d’approches de l’histoire de France que lutte l’ADN. Pour Gaël Nofri, elles correspondent à des visions partielles de notre passé, motivées par un militantisme partisan. « Napoléon, c’est celui qui a fait une synthèse entre la pensée moderne et l’héritage ancien, l’exportateur d’une idée de la liberté en Europe, ou encore le créateur de grandes institutions. On en est réduit au rétablissement de l’esclavage », dénonce l’historien, pour qui les détracteurs du petit Caporal ne comprennent pas la complexité de l’homme. Plus généralement, l’ADN scrute l’histoire française dans son intégralité et pas seulement dans « la recherche systématique de preuves de notre culpabilité, qui cherche à établir que nous sommes de perpétuels bourreaux ». 

« Une nation, c’est aussi le partage d’un passé commun »

Scruter, connaître, étudier l’histoire sont les raisons d’être de l’ADN. « Comme le soulignait Ernest Renan, une nation n’est pas que la volonté de vivre ensemble. C’est aussi le partage d’un passé commun », rappelle Raphaël Dargent, membre de l’association et président de son comité scientifique. Cet historien souligne aussi l’imbrication très forte entre l’histoire et le concept de nation. « Le tort de notre époque est de ne voir que les pages sombres de notre histoire. Comment voulez-vous être fier de votre pays si on vous explique que votre pays s’est mal comporté ? », argue Rapahaël Dargent. Plus prosaïquement, il explique que cette « autoflagellation permanente » détourne de nombreux citoyens de la fierté d’être français. Or, ce partage d’un passé commun constitue le fondement de l’idée nationale française. Un constat qui a justifié la création de l’ADN. 

Une association politique mais apartisane 

Dans une lettre, adressée à Emmanuel Macron, à la suite de la remise du rapport Stora sur la colonisation et la mémoire de la guerre d’Algérie, l’association s’est définie comme « engagée mais apartisane ». Une distinction entre « politique » et « partisan » essentielle à ses yeux. « Des personnes de nombreux bords politiques viennent à nous », précise Gaël Nofri. « La nation est un concept qui surpasse les antagonismes partisans », ajoute Raphaël Dargent. Par ailleurs, l’ADN  n’est liée à aucun parti. « En revanche, nous défendons une position politique, une certaine conception de la nation que nous jugeons nécessaire de préserver », assume l’association. A l’avenir, le jeune mouvement ne souhaite pas investir le combat électoral, mais Raphaël Dargent espère toutefois qu’il laissera dans son sillage « des études » et « des rapports » sur lesquels s’appuieront les autorités publiques. Un rôle d’influenceur de la classe politique et de la société. 

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