MEMORABILIA

LE FANTASME DU DROIT MENACÉ

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L’argument en faveur de l’IVG ? Il est interdit d’être contre. Chiennes de garde, politiques, journalistes, tous sont les gardiens du droit sacré et prêts à pendre à un cintre les récalcitrants.

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© Capture d’écran Youtube

« On pensait qu’il était inattaquable. Sanctuarisé. Et pourtant. Au XXIe  siècle, presque quarante ans après la loi Veil, le droit à l’avortement fait encore descendre dans la rue des milliers de femmes et d’hommes, comme ce 1er février ». La plume de la journaliste Catherine Robin sévissant dans Elle est inquiète, angoissée même. Les pro-vie français sont dans la rue et manifestent leur opposition à l’avortement. Une foule qui, à la lire, menacerait les fondements de la loi Veil. Alors l’avortement, un droit menacé ? On serait tenté de le croire, tant l’alarmisme est systématique dès qu’il en est question. Meutes de chiennes de garde, plannings familiaux, politiques, journalistes, philosophes et intellectuels saisissent la moindre occasion de sortir de ce chenil géant qu’est le lobby pro-avortement pour aboyer de concert. 

Lire aussi : IVG : D’une loi d’exception à un droit fondamental

Cette année encore, l’Assemblée Nationale s’est saisie du sujet en repoussant le délai légal d’avortement de douze à quatorze semaines. En sus, la clause de conscience dont jouissent les médecins peu enclins à donner la mort pour soulager une vie est destinée à être abrogée. « C’est un progrès », affirment-ils, « un droit fondamental » qu’il faut chaque jour un peu plus renforcer, même en temps de crise, même si la France est sous cloche. Le scénario est écrit et tous sont priés de s’y tenir. Peu importe l’omerta sur les traumatismes que laisse une telle opération, peu importe que 92 % des Français considèrent que l’avortement laisse des séquelles psychologiques, peu importe qu’à quatorze semaines, la calcification ait commencé et qu’il faille fracasser le crâne du foetus avant de l’éjecter. L’IVG, on n’y touche pas. À tel point que certains utilisent même salement l’argument pour flinguer leur adversaire. 

Le tir de barrage médiatique 

C’est devenu le piège classique. Dès qu’une personnalité réputée conservatrice apparaît dans le débat public, on lui pose la question, la forçant ainsi soit à opérer sa propre mise à mort, soit à se dédire, soit à louvoyer comme elle le peut. La journaliste et essayiste Eugénie Bastié y a eu droit. En 2016, Sonia Mabrouk, officiant alors sur Public Sénat, lui demande si l’IVG est un crime ; elle répond courageusement qu’elle considère que c’est un homicide puisque la définition juridique du foetus, considéré comme un être humain ou non, est arbitraire. Depuis la jeune journaliste du Figaro se fait régulièrement attaquer, d’autant plus que si elle préfère dorénavant citer Pasolini « Qui est pour l’avortement ? Personne, évidemment », elle n’hésite pas à déconstruire l’IVG comme progrès social. 

Une pirouette habile témoignant des bonnes références de la jeune journaliste mais un aveu terrible : on n’a pas le droit d’être contre l’avortement. Celui qui y a eu droit, c’est l’eurodéputé, à l’époque jeune tête de liste des Républicains, François-Xavier Bellamy. Le 20 mai 2017, sur la matinale de France Inter, on lui a demandé de réagir à la loi anti-avortement votée en Alabama : « Ici en France, la loi Veil n’est pas en cause, je n’ai jamais remis en cause cette loi », bredouille le philosophe visiblement mal à l’aise. Le piège est tellement grossier qu’on serait tenté d’en rire. Que diable vient faire l’Alabama dans une interview d’un responsable politique français et futur européen ? On notera que Nicolas Demorand s’est caché derrière la « question d’une auditrice ». Mais c’était attendu. Un piège dont Bellamy se souvient. Interrogé par L’Incorrect à ce sujet, il précise : « Cette question n’avait rien à voir avec l’Europe, c’est un sujet qui sert à disqualifier, on ne pose pas la question pour ouvrir un débat mais pour expulser quelqu’un du champ politique ».

Peu importe qu’à quatorze semaines, la calcification ait commencé et qu’il faille fracasser le crâne du foetus avant de l’éjecter. L’IVG, on n’y touche pas

Celle qui en revanche assume totalement sa position et la défend clairement, c’est la journaliste Charlotte d’Ornellas. Sur le plateau de Cnews, alors que tous débattaient sur l’extension de l’IVG à neuf mois en cas de « détresse psychosociale », elle s’est exclamée : « On peut déjà aujourd’hui en France avorter jusqu’à la fin de la grossesse si l’enfant est handicapé. Je suis outrée par ça ». 

Récemment, dans l’émission « The Voice », un candidat de 21 ans a débité un slam qui a ému le jury et fait fondre en larme Vianney, nouveau « coach » de l’émission. Le jeune Tarik parlait d’avortement, s’excusant auprès d’un enfant à naître de l’avoir fait avorter. Une belle séquence saluée évidemment par le public et le jury. Mais il fallait s’y attendre : sur les réseaux sociaux, d’innombrables féministes ont fustigé l’artiste qui avait osé s’exprimer sur ce sujet en tant qu’homme ; ainsi que les larmes de Vianney : « Il est catholique donc contre l’avortement », s’émeut l’une d’elles. 

Autre exemple, l’amuseur public de France Inter Guillaume Meurice qui, lors du débat parlementaire autorisant l’IVG à quatorze semaines, a appelé le site ivg.net réputé tenu par des « pro-vies » pour les tourner en ridicule. Une interview uniquement à charge remplie de passages tronqués et décontextualisés. Mais pour le CSA, c’est du journalisme, et la désinformation de la rééducation. Un travail que Brut a allègrement mené, puisque le média préféré des réseaux sociaux a enquêté lui aussi en appelant ivg.net. Même méthode avec ce rapport bien connu à la déontologie qui force le respect. Mais pour défendre l’avortement, le mensonge est permis. Tant pis pour le réel.

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