MEMORABILIA

Légion étrangère: 147 nationalités, un seul drapeau (2/2)

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Reportage d’Elisabeth Lévy au 1er REC à Carpiagne

par Elisabeth Lévy – 16 mars 2021. CAUSEUR

Trois légionnaires à Carpiagne.

L’histoire de la Légion est inséparable de celle de la France. Ce corps d’élite régi par un code d’honneur compte plus de 8000 volontaires étrangers placés sous le commandement de 450 officiers français. Des guerres coloniales aux combats contre l’Etat islamique au Mali, ces durs à cuire sont unis par les mêmes idéaux, discipline, amour du chef et surtout : la mission quoi qu’il en coûte. Une grande famille avec ses rites, ses mythes et ses coutumes. Reportage d’Elisabeth Lévy au 1er REC à Carpiagne. Photos de Stéphane Edelson. (2/2)


Lire la première partie du reportage : Légion étrangère, le chant d’honneur

Le vaste plateau de Carpiagne domine le paradis des calanques. © Jean-Baptiste RoquesLe vaste plateau de Carpiagne domine le paradis des calanques. © Jean-Baptiste Roques

(Suite d’hier)

Bon an mal an, 7 000 à 8 000 personnes se présentent dans les bureaux de présélection de Nogent et d’Aubagne. En 2018, 1 200 ont été admis à Castelnaudary où les instructeurs ont quatre mois pour en faire des combattants qui sont ensuite affectés dans l’un des 11 régiments de la Légion – infanterie, génie ou cavalerie. Aujourd’hui, il y a pas mal de Sud-Américains, Brésiliens notamment. On compte aussi de forts contingents de Malgaches, de Népalais, d’Ukrainiens et même de Chinois, dont on imagine l’effort qu’ils doivent fournir pour apprivoiser notre langue. En effet, si une bonne condition physique est évidemment requise et développée par force exercices, c’est l’apprentissage du français qui transforme en frères d’armes des hommes dont les parcours, les imaginaires et les attentes sont par nature hétérogènes. La ritournelle des ordres, gestes, chants et rites qui rythme les journées fait office de cours de langue et de culture françaises.

Des soldats de 147 nationalités combattant ensemble pour un pays qui n’est pas le leur, c’est une sorte de prouesse anthropologique. Surtout si on rappelle que ce sont parfois les ennemis jurés de la veille. Au demeurant, aucun légionnaire ne peut être contraint de se battre contre les compatriotes. Pendant « Tempête du désert » (la première guerre du Golfe, en 1991), Rachid devenu Robert a demandé à rester en base arrière.Derrière le colonel Nicolas Meunier, chef du 1er REC, on voit l'étendard du régiment. Camerone (1863), Colmar (1945), l'Indochine... On y lit la devise de la Légion étrangère "Honneur et fidélité" - celle de l'armée de terre est "Honneur et patrie", tout est dans cette nuance. Derrière le colonel Nicolas Meunier, chef du 1er REC, on voit l’étendard du régiment. Camerone (1863), Colmar (1945), l’Indochine… On y lit la devise de la Légion étrangère « Honneur et fidélité » – celle de l’armée de terre est « Honneur et patrie », tout est dans cette nuance.

Et puis, il y a les questions religieuses auxquelles, ces dernières années, le commandement de la Légion est plus attentif. « Dès qu’ils parlent d’eux, ils parlent de religion », observe un officier qui auditionne les candidats. Le régiment comprend quatre aumôniers, protestant, orthodoxe, musulman et bien sûr le padre catholique, figure connue de tous. « Tous savent qu’ici, il n’y a pas de place pour les particularismes »,poursuit l’officier. La liberté de culte passe après les exigences du service. Pas de menus spéciaux ni de dispense pour les fêtes religieuses. Au-delà des règles, le patrimoine culturel de la Légion est d’abord chrétien. Pour Noël, les légionnaires construisent une crèche. Il peut même arriver que ce soit un musulman qui porte l’Enfant Jésus.

Bien sûr, il y a des frottements, des blagues, des préjugés qui dans le civil feraient hurler au racisme et qui se règlent ici par une bière au club, les bars improvisés aux sièges des escadrons. Les Slaves n’aiment pas beaucoup les Noirs. Les Noirs s’entraccusent de racisme. « Nous devons lutter contre le communautarisme et le racisme », reconnaît l’officier. La recette doit marcher parce qu’au combat, ils se feraient tous tuer les uns pour les autres.Parmi les trophées rapportés du Mali, les hommes du 1er escadron sont particulièrement fiers de leur drapeau de l'Etat islamique.Parmi les trophées rapportés du Mali, les hommes du 1er escadron sont particulièrement fiers de leur drapeau de l’Etat islamique.

Il est vrai que la mondialisation a réduit les écarts culturels. « Il y a vingt-cinq ans, observe l’officier-recruteur, les Roumains, les Tchèques semblaient venir d’une autre planète. Aujourd’hui, ils sont tous connectés et le plus pauvre des Népalais arrive avec sa PlayStation. » Et puis, surtout dans leurs premières années, ils ont en commun d’être déracinés, souvent sujets au cafard. Chez beaucoup de légionnaires, il y a une fleur bleue qui sommeille et qui se réveille les jours d’hiver, quand le ciel est trop bas et les tâches trop répétitives.

Loin de leur famille, les légionnaires n’ont le droit d’en fonder une qu’après trois ans de service, et avec l’autorisation de la hiérarchie – sauf s’ils sont passés sous-off : c’est seulement après ce délai qu’ils sont autorisés à se marier. Et c’est seulement depuis quelques années qu’ils peuvent ouvrir un compte en banque. Leur famille, c’est la Légion. En conséquence, la loi non écrite de l’institution veut que, même quand ils sont au régiment, à proximité de leur foyer, les officiers passent le soir de Noël avec leurs hommes. Le supérieur n’est pas seulement là pour ordonner et sanctionner, il est psy et confesseur. Dans une institution fondée sur la promotion interne, puisque tous les sous-officiers et environ 10 % des officiers ont porté le képi blanc, autrement dit sont issus du rang, on peut être légionnaire chinois à 22 ans et lieutenant français à 40. Chacun est donc appelé au fil des ans à commander les moins gradés, autant qu’à veiller sur eux. Passé sous-off après trois ans de service, Fabien a atteint le grade le plus élevé, mais il ne se voit pas aller plus loin : « Je n’ai pas l’état d’esprit d’un officier, confie-t-il avec un sourire. Je suis un biker, j’ai des tatouages. Les officiers sont sveltes, ils montent à cheval et savent se tenir dans les bureaux. » Peut-être, cependant, sera-t-il un jour président des sous-officiers…

Les 200 sous-officiers du REC élisent en effet un « président », qui traite les problèmes quotidiens et la vie extramilitaire. Il est aussi le conseiller du chef de corps, celui qui peut dire si un adjudant est taillé pour la mission qu’on veut lui confier.

Depuis trois ans, le poste est occupé par le major Amilcar, un Portugais que tout le monde appelle Tony, 60 ans, un des doyens du régiment. Taillé sur le modèle « bon vivant, grande gueule et cœur d’or », il a le privilège de pouvoir inviter chaque jour à sa table une petite dizaine de ses camarades. Né au Mozambique, élevé en Angola qu’il a quitté vers 16 ans pour échapper à la mobilisation, Tony s’est engagé dans l’armée portugaise où il était en passe de devenir pilote quand sa carrière a été stoppée net par une embrouille de femme, qui était, semble-t-il, la fille ou peut-être l’épouse d’un officier supérieur.Le major Tony, chef des sous-officiers. Il quittera la Légion en 2022 fort de quarante ans de service.Le major Tony, chef des sous-officiers. Il quittera la Légion en 2022 fort de quarante ans de service.

Il s’est engagé dans la Légion étrangère en 1983, à l’âge de 22 ans : « Je me suis retrouvé à balayer pour les Français. » Trente-huit ans plus tard, il est heureux du chemin parcouru. « Au Portugal, je ne serais personne. Ici, on reconnaît ma valeur. Mais l’ascenseur social a plutôt été un escalier. Il a fallu faire des efforts pour grimper chaque marche. » En 1985, après avoir officié comme instructeur, il choisit la cavalerie et se retrouve au REC, à Orange. Il exerce tous les postes possibles au sein d’une unité blindée : pilote de char, tireur, chef. Après plusieurs missions en Bosnie, il séjourne deux ans à Djibouti où il dirige un escadron blindé. Il papillonne et fait plusieurs enfants, puis retrouve en 1997 la fille d’un adjudant qu’il avait croisée dix ans plus tôt au mess, un soir de cuite. S’il redoute de quitter l’institution où il aura passé près de quarante ans, il n’en parle pas. Pour son départ du régiment, prévu en 2022, il rêve d’être naturalisé devant de hautes autorités civiles et militaires. « Ce serait une façon pour la France de reconnaître que je l’ai bien servie. »

On l’aura compris, dans ce monde de durs à cuire, l’affectivité est omniprésente. « Le premier devoir du chef, c’est d’aimer ses hommes », on le répète à tous les étages. Pour autant, on ne transige pas avec la discipline ni avec les sanctions. Les légionnaires ont la réputation d’appliquer à la lettre, peut-être un peu trop, le TTA (Traité toutes armées, la Bible des soldats). « S’il est écrit qu’on doit avoir un centimètre de cheveux, ce n’est pas un et demi, observe Fabien. C’est une chose d’importance, la discipline. L’amour du chef et l’obéissance. On aime ceux qui nous font le plus ramasser. » Comme l’adjudant Kevin.

« La Légion a fait de moi un homme »

« Oui mon adjudant ! » À entendre le beuglement du légionnaire, figé au garde-à-vous, devant son supérieur, on ne dirait pas qu’il vient de mordre la poussière et de se relever pour la quatrième ou cinquième fois. L’adjudant, c’est Kevin, 35 ans, dont dix-huit de Légion étrangère, responsable des sports du REC. Une icône de légionnaire ; beau gosse et baraqué, ça va de soi, les yeux bleu Newman, le regard franc du collier. Le tout assaisonné d’une charmante pointe de timidité et d’une politesse hors d’âge quand il s’adresse à un civil – et plus encore à une civile. Ces manières impeccables, on les retrouve à tous les étages, du deuxième classe au chef de corps. Le légionnaire se tient. C’est comme la propreté – des corps, des uniformes, des chambrées, des bâtiments : ça fait partie du respect qu’on doit à ses supérieurs et à soi-même. C’est l’article 4 du code d’honneur : « Fier de ton état de légionnaire, tu le montres dans ta tenue toujours élégante, ton comportement toujours digne mais modeste, ton casernement toujours net. » À Carpiagne, pas mal de dents ont dû grincer le 14 juillet. Des soldats du deuxième escadron, ceux qui rentraient du Mali, devaient défiler sur les Champs-Élysées. Non seulement ils en ont été privés pour cause de Covid, mais ils ont vu à leur place des soignants débraillés et fiers de l’être. Alors, un légionnaire ça ferme sa gueule, mais ça n’en pense pas moins.

Ce jour de juillet, sous le cagnard de Carpiagne, Kevin dispense un cours à une vingtaine de soldats. Ça s’appelle TIOR – pour Technique d’intervention en opération rapprochée, le combat de rue où il faut éviter de blesser les quidams qui passent. Du corps-à-corps adapté par exemple aux patrouilles de Sentinelle. Il traduit en souriant : « Plaisir d’offrir, joie de recevoir » (des torgnoles). Il montre à son cobaye comment parer une attaque au couteau. Le gars, jeté au sol comme une crêpe, mange cher avant que ses camarades rééditent la manœuvre en binôme."La Légion a fait de moi un homme." Aujourd'hui, l'adjudant Kevin (masqué au centre) est responsable des sports du 1er REC. Ici, il enseigne "le plaisir d'offrir, la joie de recevoir"... des coups.« La Légion a fait de moi un homme. » Aujourd’hui, l’adjudant Kevin (masqué au centre) est responsable des sports du 1er REC. Ici, il enseigne « le plaisir d’offrir, la joie de recevoir »… des coups.

Sur le plan physique, les légionnaires sont recrutés sur les mêmes critères que l’infanterie de ligne, le premier étant la résistance. Il faut qu’aucun légionnaire ne puisse ralentir son peloton. Cependant, tous ne sont pas égaux devant l’effort. « Les plus forts, les meilleurs nageurs, ce sont les Français, qui ont tous eu accès à des pratiques sportives dès l’enfance. Les Slaves sont très physiques, les Africains souvent très costauds, mais faute d’avoir pu développer leurs capacités, pas très athlétiques. » L’adjudant s’efforce de n’en laisser aucun dans l’échec, fixant à chacun des objectifs à atteindre. Le plus souvent, avec de la bonne foi et de la volonté, ça marche.

Kevin est tombé dans la marmite à 13 ans, lorsque son grand-père, un ancien de la coloniale, lui a offert La légion saute sur Kolwezi. À 17 ans, son bac en poche, sans prévenir ses parents, il s’est présenté au 2e REP, chez les paras, à Calvi. Là, il a connu quelques embrouilles, avec un bandit niçois qui l’a embarqué dans une histoire loufoque de vols de grenades. Il a été dégradé et muté dans une autre compagnie : « Être puni a été très bon pour moi. On m’a montré le bon chemin. La Légion a fait de moi un homme. »Quinze ans plus tard, il se sent prêt à devenir chef à son tour. « Je veux devenir officier, commander, transmettre, avec la même bienveillance que celle que j’ai reçue. » Il prépare l’épreuve de dissertation militaire. Comme beaucoup de légionnaires, Kevin a divorcé de la mère de sa fille de 11 ans. Elle lui avait demandé de choisir entre la Légion et elle. Il a choisi et s’est installé à Marseille à côté de chez elle. Chaque jour, il parcourt à vélo les 17 kilomètres qui séparent Pointe-Rouge de Carpiagne. Et chaque jour, il s’émerveille : « C’est grand, c’est beau, on ne peut pas rêver de mieux. »

Alors que quatre des cinq escadrons de combat que compte le régiment (le sixième étant affecté à des missions administratives et logistiques) viennent de rentrer du Mali, on se demande si Kevin n’est pas frustré. Certes, il a participé à des missions dangereuses, comme l’évacuation des Européens de Côte d’Ivoire et de Centrafrique ou encore l’opération Harpie contre l’orpaillage en Guyane. Pendant deux ans, il a connu la grande aventure équatoriale au 3e REI à Kourou. Il organisait des stages d’aguerrissement en forêt pour les unités de combat. Mais Kevin n’a jamais connu le feu ennemi. « Il ne faut pas demander à aller au feu. Si ça arrive, il faut bien faire. » Tout légionnaire s’entraîne comme si cela devait arriver le lendemain. Démontage-remontage des armes, réparation du matériel, entraînement au combat blindé sur simulateur, chacun doit connaître la conduite à tenir dans chaque circonstance. Une fois sur le terrain, on accomplit des tâches répétées des centaines de fois. Mais certains apprendront à manœuvrer, à tirer, à progresser en territoire ennemi sans jamais y poser un pied. « Entraînement difficile, guerre facile », résume le capitaine Thierry Piquemal, 49 ans, dont vingt de Légion, directeur de cabinet du colonel Meunier, qu’il a connu au Liban en 1983. De son enfance à Ménilmontant, ce fils d’un agent RATP, mort malheureux loin de son Algérie natale, a conservé l’accent parigot et la malice. Certes, il a fait le Liban, l’ex-Yougoslavie, et dernièrement le Mali où il était stationné à Gao, au QG de Barkhane. Mais à plusieurs reprises, sa participation à une mission de combat a été annulée au dernier moment. « On enrage, mais il faut en prendre son parti. »Le capitaine Thierry Piquemal, dircab du chef de corps, est convaincu que l'esprit de la Légion continuera à souffler.Le capitaine Thierry Piquemal, dircab du chef de corps, est convaincu que l’esprit de la Légion continuera à souffler.

Si l’Histoire était cartésienne, la Légion étrangère serait condamnée. Que faire de ce « monastère des incroyants », cette confrérie bizarre où les corps sont en jeu quand la guerre est de plus en plus menée par des informaticiens ? On pardonnait aux légionnaires leur brutalité quand elle était nécessaire aux combats. Dans la guerre à l’ancienne, même les sadiques ont leur utilité. Aujourd’hui, un supérieur qui colle une baffe à un légionnaire est sanctionné, parfois au « marquant » si c’est un récidiviste, ce qui signifie que la faute est inscrite dans son dossier et pèsera sur son avancement. Quant au légionnaire qui s’aviserait de frapper son supérieur, il aurait toutes les chances d’être rendu à la vie civile. Le capitaine Piquemal s’en félicite. « On n’a pas à être brutal pour commander. Mais il faut savoir sanctionner sans état d’âme. » 

Comme toutes les institutions, la Légion est désormais un univers de Droit et de droits. Cependant, elle échappe encore, pour le moment, au régime général de l’armée. En effet, tout en appliquant les mêmes règles que tous les militaires, elle jouit d’un statut spécifique, conservé de haute lutte en 2008 après l’intervention du Conseil d’État. Forcément, ça suscite des jalousies chez certains militaires qui n’aiment pas les têtes qui dépassent. Le chef Fabien redoute le changement qui vient. « Si je suis devenu sous-off, c’est pour transmettre la tradition, mais on sent qu’il y a une volonté de nous normaliser. Mes gosses, je préférerais qu’ils fassent autre chose. La légion qu’ils pourraient connaître adultes, ce ne sera pas la même que la mienne. » Piquemal n’en croit rien. « C’est plus ce que c’était, je l’entendais déjà des anciens quand je suis entré à la Légion il y a vingt ans. » Certes, les légionnaires ont changé, ils ont des portables, des tablettes et plus d’exigences. « L’essentiel, conclut Piquemal, c’est que l’esprit de la Légion perdure. » On n’éteindra pas si facilement la flamme. De plus, l’assurance-vie de la Légion étrangère, c’est l’amour que lui vouent les Français. Sans doute parce qu’elle incarne une France rêvée dont on sait aujourd’hui qu’elle pourrait disparaître.

Camerone, la Pâques légionnaire

Pour un légionnaire, avant d’être un lieu, Camerone est une date. Chaque 30 avril, où qu’ils soient, les légionnaires commémorent l’exploit accompli en 1863 par leurs prédécesseurs de la 3e compagnie du régiment étranger. Ce jour-là, 62 légionnaires, commandés par le capitaine Danjou et deux officiers, résistent des heures durant à 2 000 soldats mexicains dans cette bourgade située dans la province de Veracruz. Neuf survivront. L’objectif est de protéger un convoi de ravitaillement des troupes françaises qui assiègent Puebla. Et le convoi passe. Ce qui n’empêche pas l’expédition mexicaine de Napoléon III de finir en désastre.
Si cet épisode somme toute mineur d’une guerre absurde, dans laquelle Napoléon III s’est mis en tête d’établir un gouvernement à sa botte au Mexique, est devenu légendaire, c’est bien sûr à cause de l’héroïsme sacrificiel de ces hommes, mais aussi parce qu’il est la parabole du dogme légionnaire : la mission, quoi qu’il en coûte. Le convoi est passé.
Au 1er REC, les festivités s’étalent du 23 avril, date de la Saint Georges, patron du régiment, à Camerone. Cette année, cette semaine sainte des légionnaires-cavaliers devrait avoir un éclat particulier car le REC, fondé en 1921 à Sousse, en Tunisie, célèbre son centenaire. Pour Camerone, une prise d’armes aura lieu pour la première fois sur le Vieux-Port de Marseille.
Quelques mondanités destinées à lever des fonds ont déjà été annulées pour cause de Covid, dont le cocktail organisé en l’honneur de « Marraine ». Née Leïla Hagondokoff, issue d’une famille princière du Caucase, arrivée en France en 1934 et devenue la comtesse Ladislas du Luart, cette Russe fantasque et intrépide est la seule femme à avoir été nommée légionnaire d’honneur en 1943, puis brigadier-chef d’honneur en décembre 1944. Elle a été là lors de tous les grands moments du REC – et certains chefs de corps se rappellent avec des sentiments mêlés ses arrivées tourbillonnantes quand elle exigeait la levée de toutes les punitions. C’est notamment pour poursuivre son action en faveur des blessés et des anciens que le régiment fait appel aux dons. Si vous voulez faire acte de solidarité envers ces étrangers qui se battent pour nous, n’hésitez pas (www.royaletrangercentenaire.fr).
Pour le régiment, ce centenaire sera l’occasion de se retrouver et de porter haut les traditions légionnaires. Les 24 et 25 avril, le public pourra profiter de deux journées portes ouvertes avec exposition de blindés et reconstitution d’un hôpital de campagne, qui se concluront par l’événement à ne pas rater, le Bal du légionnaire, dont le clou est l’élection de « Miss Képi blanc ». Un genre de repos des guerriers. EL

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