MEMORABILIA

«Pénurie française face au coronavirus»

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LE FIGARO, 17 mars 2021. Yves Thréard

Un an déjà. Le premier ministre n’est plus le même. Quelques variants sont venus pimenter l’ordinaire. Pour le reste, de confinement en confinement, total ou partiel, national ou local, rien n’a vraiment changé. La France a toujours les deux pieds dans le même sabot de l’immobilisme bureaucratique. L’expérience de la pandémie aurait dû obliger le pouvoir exécutif à prendre des initiatives, à mieux se préparer aux caprices de ce satané virus. Eh bien non! Comme son prédécesseur, et en dépit des promesses élyséennes, Jean Castex réapparaîtra, ce jeudi soir, à la télévision, en porteur de mauvaises nouvelles, dans son éternel costume de gestionnaire de la pénurie. Celle-ci restera le mot-clé de la crise, mais qui le prononcera un jour au gouvernement? Il est des verrous que notre pays n’arrive décidément pas à faire sauter.

Cette pénurie nous a d’abord privés de masques et de tests. À présent, elle ne facilite pas la campagne de vaccination. Et, depuis le début, elle contraint les autorités à nous assigner à résidence, faute de lits de réanimation. Or, si les pics épidémiques étaient imprévisibles dans le temps, il était possible d’en anticiper les effets sur les capacités d’accueil de notre appareil de santé. Le constat est malheureusement accablant: le nombre de lits n’a pas augmenté en douze mois, le recours au privé fonctionne de façon aléatoire et l’idée d’édifier des hôpitaux éphémères ici et là n’a effleuré l’esprit de personne. Beaucoup de médecins qualifiés le répètent: la formation rapide de techniciens dédiés à la réanimation n’était pas un obstacle insurmontable. Certainement moins, en effet, que les résistances de notre machine hospitalo-administrative, engluée dans ses corporatismes et son déni de la réalité. Donc, pour quelques lits manquants, au pays de l’absurde, on boucle des villes, des régions, des millions de personnes à double tour.

Ce mercredi, la Commission européenne a demandé aux pays membres de préparer la levée des restrictions de circulation pour le jour où la situation épidémiologique le permettra. On la critique souvent, cette Europe, mais, vue de France aujourd’hui, il faut avouer qu’elle ne manque pas d’humour…

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