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Londres entame sa révolution militaire

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Arnaud de la Grange, LE FIGARO, 22 mars 2021

C’est le volet défense du «Global Britain » , la vision diplomatique du Royaume-Uni post-Brexit exposée la semaine dernière. Le gouvernement britannique a dévoilé lundi sa nouvelle stratégie militaire. Une réforme des forces armées pour les adapter aux nouvelles menaces grâce à la technologie mais qui s’accompagne d’une coupe dans les rangs.

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«Les forces armées doivent penser et agir différemment, a déclaré le ministre de la Défense, Ben Wallace, devant le Parlement. Elles ne seront plus considérées comme une force de dernier recours mais deviendront une force active plus présente dans le monde.» Elles opéreront dans la «zone grise entre la paix et la guerre». En conséquence, les investissements vont aller vers des capacités innovantes, comme les satellites, la guerre électronique, le cyber, les drones et les robots. Quelque 6,6 milliards de livres seront investis dans la recherche et un commandement spatial va être créé. L’accent est aussi mis sur les capacités de frappe conventionnelles et nucléaires, le relèvement plafond du nombre d’ogives ayant été annoncé la semaine dernière.

Les effectifs de l’armée de terre réduits

La Royal Navy est à l’honneur, Boris Johnson ayant affiché son ambition de faire du Royaume-Uni «la première puissance navale en Europe». Les Royal Marines vont être transformés en une nouvelle unité baptisée Future Commando Force (FCF), chargée de «protéger les voies maritimes et de maintenir la liberté de navigation». L’armée de terre, en revanche, fait les frais de cette réforme. Ses effectifs vont être réduits de 10.000 hommes, ce qui la mettra au plus bas niveau depuis trois cents ans. Ils seront ainsi portés de 82.000 d’effectifs théoriques à 72.500. Quelque 700 véhicules blindés Warrior et un tiers des chars Challenger II seront retirés du service. Il en sera de même pour une centaine d’appareils de la RAF mais 2 milliards sont alloués au futur avion de combat Tempest, développé par BAE.

Cette réduction des effectifs au nom de la technologie est loin de faire l’unanimité. Un ancien chef d’état-major des armées, lord Richards of Herstmonceux, a attaqué frontalement cette réforme, avertissant qu’elle ne permettrait pas à la Grande-Bretagne de reprendre aujourd’hui les Falklands ou de mener une nouvelle guerre du Golfe. Il estime que «le nombre importe toujours» dans les conflits modernes, insistant sur l’importance des capacités conventionnelles. Dans son programme de campagne de novembre 2019, Boris Johnson s’était engagé à «ne pas couper dans les armées d’une façon ou d’une autre». Une promesse sur laquelle le gouvernement revient, a reconnu Ben Wallace. «Quand les menaces changent, nous devons changer avec elles»,a-t-il justifié, sous peine de se retrouver avec «une armée semblable à celle de la Première Guerre mondiale».

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Boris Johnson fait valoir qu’il a annoncé en novembre le plus important effort dans le domaine militaire depuis trente ans, avec un investissement supplémentaire de 16,5 milliards de livres (18,5 milliards d’euros) sur quatre ans. Le budget de la défense atteindra ainsi 2,2 % du PIB, le Royaume-Uni restant ainsi le pays d’Europe qui dépense le plus en matière de défense et le deuxième dans l’Otan.

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