MEMORABILIA

Coignard – Vaccination : la très révélatrice « boulette » de Strasbourg

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CHRONIQUE. Une métropole qui prévoit de ne pas vacciner durant les grands week-ends. Un président qui ordonne l’inverse. Ubuesque !

Par Sophie Coignard Publié le 24/03/2021 LE POINT

En ce début de semaine, circule sur les réseaux sociaux un courrier qui provoque un certain émoi. Les services de la ville de Strasbourg préviennent les professionnels de santé concernés que l’important centre de vaccination de la métropole, avec une capacité de 2 300 injections par semaine, fermera ses portes du vendredi 2 au lundi 5 avril, pour un week-end de Pâques allongé, puis de nouveau les 1er et 8 mai, ainsi que le jeudi de l’Ascension (13 mai) et le lundi de Pentecôte (24 mai).

La formule d’accompagnement de cette note d’information est encore plus sidérante : « Les vacations programmées à ces dates sont annulées. Veuillez nous excuser pour la gêne occasionnée. » La « gêne occasionnée » ? Difficile de trouver une expression plus inappropriée, quand le bilan de mortalité par Covid-19 dépasse les 300 personnes par jour !

Soucieux de couper court à l’émotion, l’adjoint à la mairie de Strasbourg en charge de la santé, lui-même médecin, précise que ce document était destiné aux acteurs de la vaccination du centre et n’aurait jamais dû être rendu public. Un argument peu convaincant, car cette « fuite » permet de comprendre quelques dessous instructifs de la campagne de vaccination à la française.

Ces annonces de fermeture, plaide le même élu, résultent du manque de livraisons programmées : 2 800 pour la semaine en cours, mais seulement 1 600 pour la suivante et 2 500 pour celle d’après. Dans ces conditions, faute de doses en nombre suffisant, il a été jugé utile de concentrer les injections sur les jours ouvrables. Pourquoi pas ?

Mais comment justifier les fermetures du mois de mai, période où la pénurie devrait cesser ? Les réponses deviennent moins claires. Si le nombre de flacons reçus augmente, « on s’adaptera ». Peut-être aurait-il fallu, dans ce cas, ne pas anticiper et risquer de décourager les bonnes volontés…

Difficile de vacciner… sans vaccins

Ces explications ont toutefois le mérite de montrer combien il est difficile d’appliquer les consignes gouvernementales, pour les collectivités locales qui se trouvent en bout de chaîne.

Ce mardi, Emmanuel Macron, en visite dans un centre de vaccination à Valenciennes, l’a martelé : « Il n’y a pas de jour férié, pas de week-end pour la vaccination. »

Encore faut-il avoir les moyens de sa politique. Car il est difficile de vacciner… sans vaccins. Et la pénurie provoquée par les retards de livraison des industriels ne saurait tout expliquer, puisqu’il existe un écart de deux millions environ entre les doses reçues et celles qui ont été administrées. Pourtant, dimanche dernier, 56 000 injections seulement ont été pratiquées, contre 200 000 en moyenne les jours de semaine. Le prochain week-end permettra d’évaluer la portée de la parole présidentielle.

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