MEMORABILIA

Bêtises administratives ou corruption : mais qui a donc intérêt à bloquer toutes les solutions alternatives au confinement ?

avec Jean-Marc Sylvestre. ATLANTICO

Après les masques perdus, les tests PCR réservés, les traçages ratés, les vaccins bloqués, voilà que les autotests salivaires sont interdits à la vente grand public par l’administration de la santé.

Tout se passe en France comme si les autorités de la santé avaient intérêt à empêcher toutes solutions alternatives au confinement.

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Les décisions prises par l’administration de la santé sont le plus souvent incompréhensibles par le grand public, mais quand on les met bout à bout et qu’on sait que le président de la République, lui-même, s’est inquiété de la force et de l’impérialisme des décisions de santé, concernant notamment la lutte contre la pandémie, on peut commencer à se poser de sérieuses questions sur la finalité de cette chaine de commandement qui part du ministère de la Santé, passe par les cabinets et les bureaux administratifs, est relayée par les ARS, instances régionales de santé, pour arriver dans les hôpitaux, et surtout chez les acteurs locaux de la santé qui n’ont rien d’autre à faire qu’obtempérer. Passons sur la forme particulièrement absconde dans laquelle les communiqués sont rédigés et l’arrogance avec laquelle le ministre de la Santé et le directeur général de Santé publique les énoncent à la télévision, avec des voix de stentors d’une tonalité qui fait peur à tout le monde.

On croyait que le système de santé français était le meilleur du monde, le virus nous a montré que c’était faux. On se doutait aussi que le système français était le plus cher du monde, les comptables vont nous en donner la preuve d’ici peu… Mais on découvre aussi, jour après jour, que cette administration est peut-être la plus bête du monde. 

Plus grave, le pouvoir politique couvre cette bêtise quotidienne.

Quel intérêt avons-nous, dans ce pays, à ne pas dire la vérité et surtout à empêcher systématiquement toute mesure qui pourrait éventuellement vérifier s’il n’y avait pas de solution alternative au confinement ?

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Tout se passe comme s’il y avait des forces occultes et anonymes pour pousser les décideurs à nous mettre sous cloche, comme au Moyen-Age, nous enfermer tous chez nous et que rien ne bouge. Sous la recommandation d’un certain grand médecin infectiologue, membres du comité stratégique, « si personne ne bouge , le virus ne bougera pas … ». Formidable et il faut avoir fait Bac +10 et 5 années d’internat pour apprendre cela. Le détail qui tue, c’est que récemment, l’un de ses confrères (pour plaire au président de la République sans doute) nous a expliqué qu’il fallait se confiner mais dehors… Cocasse mais vrai. On aura mis un an à s’en convaincre.

Le plus grave ne se cache pas dans l’expression orale des expertises à géométrie variable. Le plus grave, c’est que les décisions en arrivent à bloquer toute alternative au confinement. 

Au tout début de la pandémie, la société avait le choix entre deux stratégies : le confinement total ou la mise en place d’un testing général, d’un traçage des cas positifs et d’un isolement… L’intelligence, à ce moment-là, a cru bon de procéder à combiner les deux. Profiter du confinement pour tester massivement, tracer les cas contacts et laisser isoler les cas positifs pendant que les négatifs ou les guéris de la Covid pouvaient reprendre une vie normale ou presque et s’occuper de l’intendance. Intelligent. Ce qu’ont fait beaucoup de pays qui sont d’ailleurs sortis du piège aujourd’hui.

Malheureusement, la France, à partir du premier confinement, manque toutes les étapes avec des dirigeants qui ont menti de façon éhontée. Il aurait fallu des masques et on en n’avait pas. Il aurait fallu tester, mais on n’avait pas les tests et quand on les a trouvés, le décryptage de ces tests était tellement long que les personnes qui étaient testées avaient dix fois le temps de se faire contaminer avant d’en connaître le résultat. Il aurait fallu tracer les cas douteux et rechercher les cas contacts, on a été incapable de faire fonctionner les logiciels… Il aurait fallu, enfin, isoler les cas positifs, les confiner mais comme on ne savait pas le faire, on a préféré isoler tout le monde. Le sacro-saint principe de l’égalité républicaine, sans doute.

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Passons sur l’épisode misérable des vaccins, qui n’avaient pas été commandés en nombre suffisant, en plus de ne pas savoir comment ni par qui les réserver… Bref, on a préféré la pagaille à l’organisation.

Enfin, le bouquet nous a été offert ce week-end par l’administration qui, après trois mois de réflexion studieuse, a enfin autorisé les autotests, dits tests salivaires, pour en dernière extrémité, les interdire à la vente dans les supermarchés.

On devient fou. Ces auto-tests ont beaucoup d’avantages. Ils permettent de se tester tout seul pour savoir si on est porteur ou pas du virus. Le test dure quelques minutes et coute très peu cher, moins de 4 euros pièce. Ces tests sont disponibles en Allemagne, en Suisse, en Grande Bretagne, aux États-Unis. Ils permettent de tester les enfants à l’entrée de la classe d’école, de tester les salariés d’une entreprise, les clients d’un restaurant ou les participants à une réunion en présentiel.

Bref, en attendant l’immunité collective ou la vaccination de masse, ils permettent de reprendre une vie presque normale pour tous ceux qui sont négatifs. D’autant qu’à ce prix-là on peut s’autotester deux ou trois fois par semaine.

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Alors, ils ont un inconvénient : ils peuvent sortir des cas faux-positifs, qui sont mis à l’écart le temps de vérifier le pseudo cas positif par un test PCR.

Après plusieurs mois d’analyse dans tous les sens, les auto-tests avaient été autorisés la semaine dernière. Du coup, des entreprises en ont acheté des tonnes pour leurs salariés, les hypermarchés ont constitué des stocks pour les vendre dans leurs magasins… Bref, tout a été fait pour que le maximum d’hommes et de femmes puissent en bénéficier, parents et enfants. 

L’administration de la Santé vient tout juste d’arrêter le mouvement en interdisant la vente au grand public sans contrôle médical. Autant dire que la capacité de testing massif est avortée, et surtout l’espoir de laisser vivre les cas négatifs est perdu. On va préférer fermer une classe d’élèves entière plutôt que d‘isoler l’élève qui, un matin, arrive en étant positif à l’auto-test. On va préférer confiner totalement plutôt que d’ouvrir les stades, les salles de spectacle, les cinémas et même les restaurants, à ceux qui sont indemnes et non dangereux

Les explications officielles sont peu explicites et assez peu convaincantes. L’administration nous explique que ces autotests sont finalement difficiles à utiliser et dangereux. On ne voit pas de cas d’accidents en Allemagne ou en Grande Bretagne. Pour l’administration, le peuple de France est tellement bête et inculte qu’on ne peut pas lui faire confiance.

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Il y a évidemment d’autres explications, quand on apprend que les médecins pourront pratiquer les auto-tests après que le patient les ait achetés en pharmacie. On se dit que le lobby des médecins libéraux ou des pharmaciens a dû passer la tête dans le cabinet du ministre. Les pharmaciens doivent espérer se refaire une trésorerie… Après avoir obtenu les tests antigéniques qui eux-mêmes ont fait du mal aux test PCR, effectués par les laboratoires d’analyse.

Qu’il y ait une lutte au niveau des intérêts professionnels et corporatistes, c’est une évidence mais que le ministère de la Santé ne soit pas capable d’arbitrer et de réguler tout cela, c’est louche. La complexité des intérêts financiers et croisés permet de tout imaginer, ce qui ne serait pas le cas dans une économie de marché.

En France, tout est gratuit : les tests, les auto-tests et les vaccins. Enfin gratuit, non puisque c’est l’assurance maladie qui paie. Depuis le début de la pandémie, près de 50 milliards d’euros ont été dépensés. Et bien quand tout est gratuit pour le consommateur, celui qui gagne n’est pas forcément le plus fort et le plus efficace, c’est celui qui pèse le plus lourd politiquement. Les personnels soignants de l’hôpital ont perdu beaucoup de leur crédit à l’approche des périodes qui sentent l’élection… Ceux que l’on écoute désormais, ce sont les pharmaciens et les médecins libéraux. Les uns comme les autres sont nombreux, ils seront nécessaires pour assurer la vaccination de masse, même si la majorité d’entre eux ne se précipitent pas pour la faire. Pourquoi ? Ils perdraient trop de temps pour gérer les rendez-vous et ne gagneraient pas assez pour le temps perdu.

L’histoire des auto-test est une caricature des disfonctionnements du système de santé.Un cas d’école. En voulant faire plaisir à tout ceux qui comptent sur l’échiquier politique, le ministère de la Santé va faire du mal à beaucoup.

David Lisnard, le maire de Cannes, en a fait les frais. En voulant vacciner le maximum de ses concitoyens parce qu’il s’était équipé pour cela, il s’est fait remettre à sa place, et assez vertement par le ministre de la Santé. Lequel, trois jours avant, en appelait à la solidarité des élus locaux….

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