MEMORABILIA

Du féminisme radical au racialisme décolonial, le Planning familial en pleine dérive idéologique

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Depuis le début du mois, le Planning familial déploie une grande campagne de sensibilisation sur les réseaux sociaux. Certaines affiches ont provoqué la colère des internautes et responsables politiques, qui pointent du doigt les dérives communautaires du mouvement féministe.

 Par  Sébastien Lignier Publié le 2 avril 2021 VALEURS ACTUELLES

L’une des nombreuses affiches de la campagne #MonEducSex, lancée par des militants du Planning Familial sur les réseaux sociaux en mars 2021. Photo © Capture Facebook / Le Planning FamilialPartager cet article sur FacebookTwitterLinkedIn

« Qu’on soit enfant ou adulte, il est possible d’avoir plusieurs amoureux en même temps ». Pour le Planning familial, la diversité doit donc être célébrée sous toutes ses formes. Début mars, l’association féministe a lancé une grande campagne d’information sur les réseaux sociaux. Dans le but, selon les responsables du Planning, de continuer « l’éducation affective et sexuelle » auprès des jeunes à l’heure de la Covid-19. Au programme : des rappels sur l’importance d’utiliser des préservatifs, de choisir une méthode contraceptive convenable et même de connaître les couleurs du drapeau LGBT. Le tout en écriture inclusive évidemment. Parmi ces dizaines de vignettes, rassemblées dans des groupes thématiques, certaines ne sont pas passé inaperçues.

Dans le groupe intitulé “Vie affective”, le Planning familial rappelle aux jeunes qu’il n’y a aucun mal au “polyamour” –  le fait d’aimer plusieurs personnes en même temps – tant que toutes les personnes concernées sont au courant de l’arrangement. Car, explique l’association militante, cette pratique ultra-marginale ne serait pas bien perçue dans la société à cause des normes sociales. « Aimer plusieurs personnes est moins courant : on ne voit pas ce type de relations dans tous les livres, dessins animés ou films », explique ainsi le Planning sur sa page Facebook. Dans le même post, l’organisation va même jusqu’à encourager cette pratique, en affirmant que plus de personnes dans un couple signifie aussi « plus de bonheur et de câlins »

Des subventions pour enseigner l’éducation sexuelle à l’école

Cet encouragement à peine masqué au “polyamour” a entraîné de vives réactions, que ce soit sur les réseaux sociaux ou parmi la classe politique, jusqu’à la majorité présidentielle. Sur Twitter, le député La République en Marche (LREM) François Jolivet a appelé l’association à laisser les enfants se construire librement « plutôt que de les instrumentaliser à des fins idéologiques ». Celui qui a récemment déposé un projet de loi visant à interdire l’utilisation de l’écriture inclusive dans l’administration publique rappelle que le Planning familial joue un rôle important au sein de l’Éducation nationale.

Un peu partout à travers la France, le Planning familial et ses nombreux partenaires associatifs sont en effet autorisés à donner des cours et des formations sur l’éducation sexuelle de la maternelle jusqu’à l’université. Et ce, avec un soutien important de l’État : en 2019, pas moins de 270 000 euros d’argent public ont été versés à l’association. De quoi alerter certains parents d’élèves sur les propos tenus dans les interventions de l’association. « Qu’ils racontent ce qu’ils veulent à leurs gamins mais qu’ils se tiennent loin des miens », résume un internaute. Pour éteindre la polémique, le Planning familial a précisé auprès du Figaro que la dernière campagne de l’association ne visait pas « la sexualité génitale », mais seulement à illustrer « les découvertes entre enfants ».

De la lutte pour le droit des femmes au racialisme décolonial

La récente polémique ne surprend plus grand monde. Depuis une dizaine d’années, le mouvement a progressivement sombré dans l’idéologie radicale : de la lutte pour la légalisation de l’IVG dans les années 70, le Planning familial défend aujourd’hui une vision intersectionnelle, loin de l’universalisme d’autrefois. Apparu pour la première fois dans les années 1980 aux Etats-Unis, le concept d’intersectionnalité vise à créer des liens entre les différentes formes de discrimination. Une convergence des luttes victimaires devenue omniprésente dans l’idéologie défendue par l’association. Quitte à tomber dans le communautarisme.

En 2019, Charlie Hebdo révélait que certaines intervenantes scolaires incitaient les jeunes filles à « se soumettre aux traditions » de leurs communautés respectives. La même année, en marge de leur grand congrès à Niort, l’association appelait même à « travailler sur la blanchité » de leur mouvement et à « reconnaître les crimes et les effets du colonialisme, de leurs privilèges et du pouvoir qui en découle ».

À ce racialisme américanisé, devenu omniprésent à gauche et dans la pensée indigéniste, s’ajoute également la déconstruction des valeurs républicaines.

Toujours lors du congrès de Niort en 2019, l’association avait voté pour la suppression du concept de laïcité de sa charte. Face à la réaction scandalisée de la ministre déléguée à la Citoyenneté Marlène Schiappa, qui avait à l’époque menacé le Planning familial de supprimer l’aide colossale de l’État à l’association, ses responsables avaient été obligés de faire marche arrière, en prétextant qu’il ne s’agissait que de débats sur le futur de la pensée féministe.

En fait, cette lente dérive a fini par lasser au sein même du courant de pensée féministe.

Dans une interview au Figaro cette semaine, l’historienne et grande militante féministe Marie-Jo Bonnet s’est montrée très critique sur l’évolution de l’association. Engagée dans le Mouvement français pour le Planning familial (MFPF) dans les années 70, elle a depuis quitté l’organisation. « Cela fait longtemps que cette association est passée aux mains de militants qui ne défendent plus les droits des femmes », déplore l’historienne.

En 2018, le groupe local du Planning familial dans les Bouches-du-Rhône avait déjà partagé une image d’une femme voilée en titrant : « La modestie empouvoire certaines femmes. » 

Bienvenue dans le féminisme moderne financé par le contribuable.

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