MEMORABILIA

L’éditorial du Figaro Magazine: «Le chant des sirènes»

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Rien n’a été fait pour juguler l’immigration ou lutter contre les dérives idéologiques de l’université, estime Guillaume Roquette, directeur de la rédaction.

Par Guillame Roquette. 2 avril 2021.

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C’est un monde parallèle. Un monde où des syndicalistes étudiants interdisent leurs réunions aux Blancs, où une municipalité finance une mosquée inféodée à une puissance étrangère, où des activistes collaborent à l’immigration clandestine, où l’on ne parle que d’identité de genre, de religion ou de race…

Un monde qui s’étale chaque jour sous nos yeux, saturant l’espace médiatique, surfant sur la soumission des élites politiques et culturelles. Un monde qui veut nous faire croire qu’il incarne la France d’aujourd’hui et encore plus celle de demain.

Rien n’est plus faux. Ces minorités gauchistes ne représentent en réalité qu’elles-mêmes. Leur visibilité est inversement proportionnelle à leur influence réelle. Dans leur grande majorité, les Français rejettent clairement ces dérives et s’inquiètent de l’évolution délétère de leur pays. Pour résumer les choses simplement, ils n’ont jamais été aussi à droite. Un sondage de l’Ifop publié le week-end dernier nous le confirme sans ambiguïté: 76 % de nos concitoyens considèrent que la laïcité est menacée (et que nous vivons dans un pays de culture chrétienne), 81 % jugent la justice trop laxiste, 69 % pensent que la France a perdu sa souveraineté, 66 % ne se sentent plus chez eux comme avant, etc., etc.

D’où vient alors ce décalage entre la réalité du pays et l’omniprésence d’activistes politiquement marginaux dans l’espace public? D’abord, de la complaisance de certains médias, à commencer évidemment par ceux qui vivent de la redevance.

Ensuite, de la fascination pour la transgression et la remise en cause de l’ordre établi. Un défaut qui ne date pas d’hier, et même pas de Mai 68. «On ne saura jamais tout ce que la peur de ne pas paraître assez avancé aura fait commettre de lâchetés à nos Français», disait déjà Péguy il y a plus d’un siècle.

Peur d’agir

Et puis, il y a un problème de représentation politique des idées qui restent largement dominantes dans le pays. Avec son «en même temps»,Emmanuel Macron a séduit beaucoup d’électeurs de droite et débauché nombre de ses leaders, mais répugne à mener une politique tranchée. Ainsi, rien n’a été fait pour juguler l’immigration ou lutter contre les dérives idéologiques de l’université. Cette peur d’agir donne évidemment des ailes aux extrémistes de tout poil.

Du côté de l’opposition, le Rassemblement national a préempté les revendications d’ordre et de souveraineté, mais le discrédit personnel de Marine Le Pen, son manque de crédibilité rendent improbable la mise en œuvre d’une politique en phase avec des aspirations pourtant majoritaires.

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Si elle le veut vraiment, la droite traditionnelle devrait pouvoir tirer profit de cette situation, dans la perspective de l’élection présidentielle de l’année prochaine.

À condition, évidemment, de surmonter ses divisions et de ne plus avoir peur de son ombre pour résister aux sirènes du progressisme. Pour l’instant, on en est loin.

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