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STÉPHANE RAVIER : « LES ISLAMISTES NE SONT PAS DANS LA VOLONTÉ DE SE SÉPARER MAIS DE CONQUÉRIR ! »

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Le projet de loi « contre le séparatisme », devenu « pour renforcer les principes de la République » est débattu ce mercredi au Sénat. Après quelques débats houleux et de multiples rebondissements à l’Assemblée nationale, la loi devrait encore être modifiée par les sénateurs. Le sénateur de Marseille Stéphane Ravier nous livre son ressenti. Entretien.

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© Capture d’écran YouTube

Le projet de loi « pour renforcer les principes de la République » arrive au Sénat. Que pensez-vous du texte de loi ?

C’est un texte de loi qui, par son titre déjà, exprime une succession de reculades. C’est un texte qui est dans la réaction. Il aura fallu plus de 270 morts et des années d’attentats pour qu’enfin il y ait une action. Mais qui finalement ne s’attaque pas à l’essentiel. En un an on a perdu l’objectif initial de cette loi. On a perdu le courage de désigner l’islamisme et le séparatisme. Je considérais déjà cela comme en deçà de la réalité, car les islamistes ne sont pas dans la volonté de se séparer mais de conquérir. Mais venant de Macron, c’était déjà pas mal. Désormais, le mot « séparatisme » n’est même plus dans le texte de loi. Il n’y a pas même une seule fois les mots « islamisme », « mosquée », « jihad ». Ça traduit une certaine peur d’aller au fond des choses. Le plus étonnant est que l’origine du problème, l’immigration, n’est même pas abordée. Le mot « immigration » ne figure pas non plus dans le texte. Or tant qu’on ne s’attaquera pas à la cause, on ne pourra jamais résoudre ses conséquences.

Vous le trouvez donc trop faible.

Oui. Trop faible sur le burkini, sur l’expulsion des jihadistes et la gestion de leurs enfants, sur les fermetures de mosquées. On ne s’attaque pas non plus aux élus locaux qui soutiennent l’islamisme. C’est pourtant le point que j’avais abordé quand j’ai rencontré le ministre place Beauvau avec Marine Le Pen. Ces élus locaux qui subventionnent les constructions de mosquées avec les fonds publics, qui mettent à disposition des locaux, qui participent physiquement à des réunions. C’est le cas à Marseille, où droite et gauche y sont allés. C’est aussi le cas de la mosquée de son XVème arrondissement qui publie sur son site internet des appels au jihad, condamne l’apostasie et promeut la haine des juifs et où se rend Samia Ghali. Il y a une connivence d’un certain nombre d’élus locaux et sur ça, pas un mot ! C’est pourquoi j’ai déposé un amendement pour sanctionner ces élus coupables.

Lire aussi : Julien Aubert : « Cette loi contre le séparatisme n’osait pas nommer son adversaire »

Quels autres amendements soutenez-vous ?

Je vote tous les amendements qui vont dans le bon sens. Sur l’interdiction du port du burkini, sur l’interdiction du voile des accompagnatrices en sorties scolaires… Je vote en mon âme et conscience selon l’intérêt national. Alors que mes collègues sénateurs LR ne votent pas les miens. Il y a eu un vote sur les amendements qui voulaient interdire le port du voile aux accompagnatrices de sorties scolaires. Il y avait le mien dans lequel figurait aussi l’interdiction du port du voile à l’université.

Ces amendements ont été présentés en discussion commune. À partir du moment où celui de mon collègue LR a été voté, les autres dont le mien sont plombés. Ils ne sont plus mis au vote. Cet ordre de présentation est décidé par la commission LR. Ça leur a donc évité de soutenir le mien ou de se prononcer contre. Ils gardent leur réflexe partisan. Ils ne veulent pas soutenir le bon sens.

Soutenez-vous cependant les nombreux LR qui considèrent que cette loi se trompe d’ennemi en s’en prenant à toutes les religions et à l’enseignement privé ?

C’est aussi ce que je dénonce. Le Sénat est là pour rectifier le tir. On est là pour réajuster, corriger et faire en sorte que cette retenue cesse. Le fait que le ministre de l’Intérieur ne nomme pas les choses par peur de choquer la gauche, d’être accusé d’islamophobie, est un problème.

Moi je revendique la stigmatisation. Je l’assume. Il faut stigmatiser les islamistes, les séparatistes. Je fais évidemment la distinction entre les musulmans qui ne posent pas de problème et ceux qui sont dans une démarche de séparation et de conquête. Le ministre ne fait pas cette distinction. Il a un problème avec la séparation du bon grain de l’ivraie, et se retrouve prisonnier de ce non-dit. Au final ce sont les associations comme « Éducation à la maison » qui en subissent les conséquences. Au Sénat nous voulons faire preuve de lucidité. Ça repartira ensuite à l’Assemblée.

Mais en attendant, nous disons les choses. Je suis intervenu hier au sujet des drapeaux dans les mairies pendant les mariages. Je leur ai dit : on tourne autour du drapeau comme on tourne autour du pot ! Il faut quelqu’un pour faire le sale boulot.

Il faut quelqu’un pour dire la vérité. Je l’ai fait. On n’a pas de problème avec des drapeaux européens, on a des problèmes avec des personnes qui agitent des drapeaux maghrébins. C’est une volonté identitaire. Et en disant les choses je n’ai pas subi les foudres de personne, ni même de la gauche.

Comme quoi il faut pousser pour que la vérité soit dite. Et j’ai senti chez LR un soulagement. Mais la droite n’a pas non plus eu le courage d’aller plus loin. Ils restent politiquement corrects.

Les sénateurs LR sont-il à la hauteur de la lutte contre le séparatisme ?

Il y a des sénateurs LR qui sont pleins de fougue, qui ont le courage de la salive. Ils auraient pu le faire bien plus tôt mais je pense qu’ils sont dans cette démarche de beaucoup communiquer pour faire oublier que c’est Nicolas Sarkozy qui a crée le CFCM, qui abritait les « frères musulmans » français.

C’est lui qui a entretenu les meilleures relations avec le Qatar, lui qui a fait la promotion du métissage généralisé et obligatoire.

C’est sous Nicolas Sarkozy qu’il y a eu le plus d’immigration.

Les sénateurs LR sont, à la veille de Pâques, dans une sorte de pardon. Mais je crains qu’on n’assiste quand même pas à la résurrection de la droite.

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