MEMORABILIA

Colorado : l’émotion à sens inique

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« L’assassin syrien n’avait pas le bon profil du salaud à détester. Et les dix victimes blanches ne s’appelaient pas Floyd« …

Aux États-Unis, le plus important meurtre de masse perpétré depuis deux ans a été pratiquement occulté par les médias. Le tireur n’avait pas le profil du salaud à détester ; les victimes n’avaient pas la bonne couleur de peau. 

Par  Gilles-William Goldnadel Publié le 3 avril 2021 VALEURS ACTUELLES

Gilles-William Goldnadel © Joël SAGET / AFPPartager cet article sur FacebookTwitterLinkedIn

Lundi après-midi, le 22 mars, dix personnes ont été tuées, dont un policier, après qu’un homme armé eut ouvert le feu dans une grande épicerie de Boulder, dans le Colorado. Il s’agit de la fusillade de masse la plus meurtrière aux États-Unis depuis près deux ans. Le tireur se nomme Ahmad Al Aliwi Alissa. Il vient de Syrie. Les dix victimes se nomment : Denny Stong, 20 ans ; Neven Stanisic, 23 ans ; Rikki Olds, 25 ans ; Tralona Bartkowiak, 49 ans ; Teri Leiker, 51 ans ; Eric Talley, 51 ans ; Suzanne Fountain, 59 ans ; Kevin Mahoney, 61 ans ; Lynn Murray, 62 ans ; Jody Waters, 65 ans. Elles sont blanches.

Aux États-Unis, en dehors des chaînes de journaux du Colorado, les médias « mainstream » ont fait profil bas.

La police a répondu à un appel l’informant que des coups de feu étaient tirés vers 14 h 30 au supermarché King Soopers, qui se trouve dans un centre commercial situé sur Table Mesa Drive, au sud du centre-ville de Boulder. Des agents du département de la police municipale sont arrivés, sont entrés dans le magasin et ont échangé des coups de feu avec le tireur, qui aurait été armé d’un fusil et d’une arme de poing semi-automatique. De nombreux survivants ont pu s’échapper pendant l’attaque, certains s’enfuyant par une porte arrière, tandis que d’autres ont tenté de trouver des endroits pour se dissimuler à l’intérieur du magasin.

Un écriteau manuscrit de fortune a été dressé devant le lieu du carnage. Sous les noms des victimes, une inscription était écrite maladroitement : « We remember you. » Aux États-Unis, en dehors des chaînes et des journaux du Colorado, les médias mainstream ont fait profil bas.

« L’antiracisme et la compassion médiatique sont toujours à sens inique »

En France, nul besoin de se souvenir des victimes, puisque l’événement a été passé pratiquement sous silence, presse écrite comme audiovisuelle. C’est ainsi que le mardi suivant, la radio de service public France Inter n’a pas estimé devoir en dire un mot. Par comparaison, lorsqu’à Charlottesville (Virginie), le 12 août 2017, une manifestante antiraciste avait trouvé la mort, écrasée par un camion conduit par un Blanc sympathisant des sudistes sécessionnistes, l’événement avait été commenté pendant plusieurs jours et avait inspiré des centaines de millions de mots.

En revanche, aura été pratiquement occulté le meurtre de masse le plus important perpétré aux États-Unis depuis deux ans. L’explication de cette occultation ne se prête à aucune spéculation intellectuelle particulière : l’assassin syrien n’avait pas le bon profil du salaud à détester. Et les dix victimes blanches ne s’appelaient pas Floyd et n’avaient pas la couleur qui oblige à l’hypothèse d’un crime raciste à déplorer.

Invariablement, l’antiracisme et la compassion médiatique sont toujours à sens inique.

* Gilles-William Goldnadel est avocat et chroniqueur.

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