MEMORABILIA

À Mulhouse, l’association islamiste Millî Görüş revient à la charge avec une nouvelle mosquée !….

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L’association islamiste turque Millî Görüş s’apprête à relancer la construction d’une mosquée à Mulhouse (Haut-Rhin).

Après la polémique à Strasbourg, des élus locaux appellent la mairie à réagir face à l’influence grandissante du mouvement dans la région.     

Par  Sébastien Lignier Publié le 5 avril 2021 VALEURS ACTUELLES

Le chantier de la mosquée Eyyub Sultan, gérée par Millî Görüş, à Strasbourg en mars 2021. Photo © FREDERICK FLORIN / AFPPartager cet article sur FacebookTwitterLinkedIn

Le Grand-Est est-il en train de devenir le nouveau terrain de jeu préféré de la Turquie ?

 Après Strasbourg, c’est au tour de Mulhouse d’être au cœur d’une polémique autour du Millî Görüş. L’association islamiste, proche des Frères musulmans et du président turc Recep Tayyip Erdoğan dans leurs visions d’un islam politique turc, possède un terrain de plus de 45 000 mètre carré depuis 2013. Le projet de Grande mosquée a été rapidement contesté par le maire Les Républicains (LR) de l’époque Jean Rottner, devenu depuis président de la région Grand-Est. Le maire avait alors modifié le P.L.U (Plan Local d’Urbanisme) pour empêcher le lieu — le parc de la Mer Rouge — d’accueillir un lieu de culte. Millî Görüş avait dans la foulée déposé un recours auprès du Tribunal Administratif de Strasbourg.A LIRE Le gouvernement Macron a versé une subvention de 22 400 euros pour le projet de mosquée Millî Görüs

Depuis plus de sept ans, les deux camps s’affrontent dans une bataille judiciaire aux allures d’affrontement idéologique. Problème, Millî Görüş a officiellement déposé un permis de construire auprès du service urbanisme de la ville cette semaine. Un énième retournement de situation que plusieurs opposants au sein du Conseil municipal ont du mal à accepter. Ils regrettent le manque de réaction de la majorité et les accusent de jouer la montre à deux mois des régionales.

Vous avez raison Monsieur le Maire, il n’y aura pas de mosquée à Dornach, il y aura une Grande Mosquée !

« Un quartier dans le quartier ». Voilà comment Christelle Ritz, tête du groupe d’opposition Rassemblement pour Mulhouse au Conseil municipal, résume le projet de Millî Görüş. Depuis l’annonce du projet, l’élue du Rassemblement national (RN) dit alerter la mairie sur les dangers de l’association turque.

Dès 2013, celle-ci prévoyait la construction d’une Grande mosquée pouvant accueillir jusqu’à 1 500 fidèles, une bibliothèque, des commerces et même une école musulmane privée. Un projet de grande envergure qui n’est pas sans rappeler celui du centre An Nour, ouvert à Mulhouse l’an dernier. Financé par l’ONG Qatar Charity, le complexe, étendu sur plus de 10 000 mètres carré, avait déjà été critiqué par des Mulhousiens sur les sources et la pensée derrière cette mosquée hors-norme. À l’époque encore maire, Jean Rottner et la mairie de Mulhouse avaient vendu à l’ONG un terrain adjacent pour pouvoir construire un parking.

Dans l’entourage de Jean Rottner, on affirme que l’ex-maire est depuis le départ au courant de la réputation sulfureuse du Millî Görüş et n’a jamais eu l’intention de laisser l’association s’installer à Mulhouse.

Pourtant, en 2013, il avait rencontré le secrétaire régional du Millî Görüş Eyup Sahin durant la présentation du projet. Le Consul de Turquie de Strasbourg était également présent. Lors de cette réunion, Jean Rottner avait tenté de calmer la colère des riverains, opposés à la construction d’une mosquée dans un quartier pourtant peu prisé par la forte communauté musulmane de la ville. Une pétition soutenue par l’ASCEN (Association de Sauvegarde du Cadre de vie et de l’Environnement et de la Nature) avait reçu plus de 1 500 signatures.

Devant cette contestation, Jean Rottner fait alors marche arrière. Devant l’assemblée contestataire, il assure que la mosquée ne sera jamais construite. Agacé par cette réponse, Eyup Sahin quitte la réunion en s’écriant : « Vous avez raison Monsieur le Maire, il n’y aura pas de mosquée à Dornach, il y aura une Grande Mosquée ! »A LIRE Accusée d’“ingérence”, l’association turque Millî Görüs a déjà reçu des faveurs de l’Etat

Depuis cette provocation, la mairie a changé de visage. Mais pas de position. L’entourage de Michèle Lutz, élue l’année dernière avec la liste Les Républicains, continue d’affirmer que tout est fait pour que cette mosquée XXL ne voie pas le jour. En 2016, le tribunal administratif de Strasbourg avait pourtant annulé la modification du P.L.U entreprise par Jean Rottner, qui figure encore aujourd’hui sur la liste LR. Le tribunal adresse alors à Millî Görüş un sursis à statuer, qui suspend le projet jusqu’au 23 septembre 2020, date à laquelle la construction est définitivement autorisée.

Selon l’ASCEN, le projet aurait pu une nouvelle fois être suspendu si la mairie avait décidé de faire appel de cette décision. Problème, cet appel n’est jamais arrivé. Pour expliquer une telle décision, Christelle Ritz dénonce une « décision purement politique ».

À quelques mois des régionales et départementales, la droite tenterait-elle de flatter l’électorat musulman de Mulhouse ? Au sein de la mairie, on rejette fermement ces accusations. Selon Paul Quin, adjoint aux cultes à Mulhouse, la majorité LR a simplement épuisé tous les recours possibles.

Pour tenter de calmer la colère des riverains, l’adjoint affirme que la future mosquée de Millî Görüş ne devrait pas être aussi imposante qu’initialement prévue. « On en est arrivé à un point où la seule interrogation est de savoir si les minarets feront 15 ou 17 mètres de hauteur » ironise Philippe Lallement, le président de l’ASCEN à Mulhouse.

Quant à ceux qui accusent Michèle Lutz et son équipe de complaisance électorale, Paul Quin assure que la mairie s’oppose de front au Millî Görüş depuis les incidents de 2013. À l’époque, pour fêter l’obtention du terrain, l’organisme turc avait décidé d’organiser une “kermesse”. En l’espace de trois jours, ce n’est pas moins de 10 000 personnes qui se sont réunies sur le parking de la zone. Entraînant plusieurs plaintes pour nuisance de la part de plusieurs habitants du quartier. Depuis cet incident, décrit comme « un tournant » au sein de la majorité, la mairie assure n’avoir jamais aidé Millî Görüş ou l’une de ses nombreuses associations culturelles.

Pourtant, selon nos informations, Michèle Lutz et le service de l’urbanisme de Mulhouse ont bien accordé le permis de construire qui a permis à Millî Görüş d’ouvrir son école musulmane sur le terrain contesté.

Inaugurée à la rentrée 2020, l’école Avicenne annonce « s’appuyer sur la forte expérience et l’expertise du groupe scolaire Eyyub Sultan ».

Soit le même groupe qui est aujourd’hui au cœur de la tourmente à Strasbourg.

Qualifié « d’islam politique » qui devrait être dissout par l’imam de Drancy Hassen Chalghoumi, Millî Görüş est bien décidé à s’étendre dans la région…

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